Chantiers

La Loi de finances 2022 est à peine opérationnelle depuis quelques jours qu’elle commence à produire ses effets avec les premiers livrables, et pas des moindres.

Comme pour la généralisation de la protection sociale et l’investissement, le gouvernement Akhannouch n’a pas tardé à passer à l’acte pour le très attendu programme Awrach, qui figurait déjà sur son programme et qui est destiné à créer des emplois en urgence pour les catégories prioritaires,  surtout celles qui ont été les plus impactées par la crise sanitaire.

Quelque 250 000 emplois sur une durée de deux années et une enveloppe annuelle conséquente de 2,25 milliards de DH c’est ce qu’on peut appeler de la réalisation sonnante et trébuchante.

Quand bien même il s’agirait d’emplois temporaires, le fait est que le dispositif permettra d’apporter une précieuse bouffée d’oxygène à quelque 250 000 familles qui n’ont plus de sources de revenus. Et visiblement, il ne s’agit pas seulement, comme le suggérait John Maynard Keynes lors de la grande crise de 1929, «de payer des personnes à creuser des trous et à les reboucher». Non, Awrach sera et devrait être bien plus que ça. Dans beaucoup de régions, de villes et de communes il y a assurément des besoins en bras pour des travaux d’utilité publique au quotidien qui sont censés, certes, être assumés par des collectivités mais que ces dernières n’assurent pas pour plusieurs raisons. Cela va des lieux et des jardins publics à entretenir, de forêts à reboiser, aux voies à nettoyer, en passant par les trottoirs et les façades à restaurer, l’éclairage public à réparer, les avaloirs et autres conduits à curer. En même temps et paradoxalement, ces bras existent et des milliers de chômeurs, jeunes et moins jeunes, ne demandent qu’à travailler. Awrach est donc une occasion de faire d’une pierre plusieurs coups.

Mais ce n’est pas tout, car le gouvernement veut apparemment faire d’Awrach un dispositif tremplin en le mettant à profit pour de l’apprentissage. Six mois d’accompagnement seront assurés aux bénéficiaires pour leur donner des outils dans des métiers et des domaines comme les services aux familles et aux individus.

Bien au-delà de sa fonction de dispositif d’urgence, s’il doit aider des milliers de jeunes chômeurs à s’insérer durablement dans la vie active en les faisant passer du statut de personnes en marge de la société à celui d’acteurs très utiles à la communauté, alors Awrach gagnerait à devenir un processus de chantiers perpétuel…