Ce n’était pas un slogan…

Dix ans déjà  ! L’INDH est par excellence ce qu’on peut qualifier de chantier de règne. Et le programme, à  sa naissance déjà , portait dans son ADN même cette dimension structurante.

Car, faut-il rappeler que S.M. Mohammed VI avait annoncé le lancement de l’INDH un 18 mai, date qui ne coïncidait avec aucune occasion nationale, contrairement à la tradition des discours royaux. A ce jour encore, ce discours du 18 mai avec celui du 9 mars 2011, annonçant la nouvelle Constitution, constituent les seules fois où le Souverain a parlé en dehors de toute occasion. C’est dire l’importance de ces deux événements.

Et ceux qui y voyaient déjà un chantier de règne ne se sont pas trompés. L’annonce du lancement d’un nouveau programme baptisé «Initiative nationale pour le développement humain» est loin d’avoir été un slogan. Aujourd’hui, 10 années après, le bilan est parlant. Entre 2005 et 2014 ce sont plus de 29 milliards de DH qui ont été alloués aux projets de développement répondant au ciblage voulu par l’INDH. Ce sont près de 10 millions de Marocains en situation précaire qui ont vu leur quotidien s’améliorer grâce à l’INDH. Quelque 40 000 projets portés par une multitude d’associations et de petites coopératives ont pu voir le jour en produisant de la valeur. Ces chiffres se passent de tout commentaire. L’INDH n’a pas été une annonce pour la circonstance. Non ! Le programme a donné lieu réellement à un véritable réveil sociétal collectif exactement à la hauteur de la gravité des propos du Souverain ce 18 mai 2005 quand il parlait de ce qu’il a vu sur le terrain, à l’occasion de ses tournées,  comme misère sociale, pauvreté et conditions de vie difficiles.

Evidemment, il y aura toujours des besoins et des déficits sociaux. Mais, une chose est sûre : l’INDH a permis de réduire considérablement la fracture en un temps record, en commençant d’abord par parer au plus urgent et par venir en aide aux populations vivant à l’époque dans des situations intenables.

Evidemment qu’à côté des réalisations, tout ce qui a été programmé n’a pas été forcément fait comme il devait l’être et comme en rêvait le Souverain. Mais là aussi une autre conviction : l’INDH, comme tout chantier sur le très long terme, ne peut être perfectible qu’au fil des années. Et au-delà des réalisations et des résultats chiffrés, l’INDH aura été une formidable occasion pour tous les acteurs, indépendamment de leur statut et de leur nature, pour apprendre à travailler ensemble pour les mêmes objectifs et les mêmes ambitions. Et cela est en soi une réussite. Le père de l’industrie moderne, Henry Ford, disait bien un jour qu’«être ensemble est un début, rester ensemble est un progrès, travailler ensemble c’est la réussite»…