Bricolage scolaire

Les réformes qui ont réussi sont celles qui ont été concertées et le plus largement possible.

Il ne s’agit pas non plus de tourner en rond pendant 10 ans comme c’est le cas pour la réforme des retraites.  
Aujourd’hui, tout comme les retraites, la réforme de l’école est en même temps urgente et vitale. Or, personne à ce jour ne semble demander leur avis et leurs attentes par rapport à l’école aux premiers concernés : les écoliers, les élèves et leurs parents.

Réformer l’enseignement ne se résume pas à réformer le fonctionnement du ministère de l’éducation nationale ou à écouter les syndicats des enseignants et à résoudre leurs problèmes. Auquel cas ce serait plus une réforme de la fonction publique liée à l’enseignement qu’une véritable réforme de l’école. D’ailleurs si tout ce qui a été tenté dans le domaine ces trente dernières années n’a rien donné, voire compliqué davantage la situation, c’est peut-être parce que l’on n’a pas pris le temps de poser la question aux premiers utilisateurs de l’école: les apprenants, et à ceux qui financent, les familles. Des familles qui aujourd’hui sacrifient bien des dépenses pour pouvoir subvenir aux frais des écoles, collèges, lycées et instituts privés où ils inscrivent leurs enfants. Des familles qui, pour la simple raison de fuir une école publique délabrée, sont parfois prêts à se soumettre aux agissements et au diktat de certains établissements privés. Et s’ils le font c’est probablement parce qu’ils estiment que c’est la seule voie possible pour leurs enfants.

Et encore! Que dire de ces millions d’enfants qui, faute de moyens, sont inscrits dans les écoles publiques ?
Réformer l’enseignement, c’est aussi se poser des questions presque existentielles, mais simples, et y répondre vite. C’est à l’école d’abord, surtout primaire, que se forgent les valeurs de la société, la personnalité des citoyens… Quel est le profil du citoyen que l’on veut pour le Maroc dans 20, 30, 40 ans ? Comment procéder pédagogiquement pour y arriver ? Il ne s’agit pas de réinventer la roue car des exemples réussis existent à travers le monde. Pour le supérieur, les questions à se poser ne sont pas tant sur le plan de l’apprentissage technique mais d’autres aptitudes plus humaines et personnelles. Ça ne sert à rien d’avoir des Bac+18 s’ils ne sont pas capables d’innover, d’être créatifs, de socialiser, de se poser des challenges et de les relever, de sentir le poids des responsabilités envers la communauté, de gagner tout en faisant gagner leur pays.
En l’absence d’une vision claire et formalisée, on ne fera pas de réformes mais juste du mauvais rafistolage. Et on continue…