Bonne année électorale

L’année 2014 s’achève. Celle qui commence dans quelques jours sera une année électorale. Une nouvelle occasion pour prendre la température des relations entre le citoyen, l’électeur potentiel, et la classe politique. Aux dernières élections de 2011, on ne peut pas dire que la participation a été particulièrement massive. On avait mis cela sur le dos du ras-le-bol général du discours politico-politicien qu’on nous a servi depuis des décennies. Mais il se trouve que depuis ces dernières élections, beaucoup de donnes ont changé. Pas seulement au Maroc mais dans le monde entier et plus particulièrement dans l’environnement régional immédiat du pays. Les Marocains ont probablement pu mesurer l’ampleur de ce qui a été réalisé au Maroc au regard de ce qui s’est produit ces trois dernières années dans notre voisinage et des dures réalités qui ont été mises à nu dans des pays que l’on croyait pourtant mieux lotis. Même la comparaison, qu’on aurait qualifiée d’hérésie il y a quelques années, avec certains pays d’Europe est devenue possible. Des pays comme la France, l’Espagne, l’Italie n’ont pas forcément fait bonne figure aussi bien sur le plan des performances économiques qu’en matière de gouvernance et de comportement de la classe politique.

Depuis les dernières élections de 2011, la nouvelle Constitution et l’explosion numérique aidant, tout le monde aura remarqué aussi des changements au Maroc. On ne peut pas nier qu’il y a certainement eu un regain d’intérêt pour le débat politique et d’idées. On ne peut pas nier non plus que la fermeté est de mise, que la reddition des comptes commence, même timidement, à faire son entrée dans les mœurs de la classe politique et que l’impunité n’est plus une situation banalisée. Les trois derniers discours de S.M. le Roi ont pleinement donné la cadence et la marche à suivre. Celui que le Souverain avait prononcé devant les élus à la rentrée parlementaire en octobre dernier en recèle à lui seul toute la quintessence.

Après ces trois années de révision, la classe politique sera de nouveau appelée à passer le test des urnes. Certes, les jeunes ne sont pas encore inscrits en masse sur les listes électorales. Selon les chiffres officiels du ministère de l’intérieur, sur les 13 millions d’électeurs potentiels inscrits, à peine 7% sont âgés de 18 à 25 ans, soit 900 000 à peine au moment où cette tranche d’âge pèse au moins 6 millions dans la population globale. Mais si les jeunes estiment que le jeu en vaut désormais la chandelle, ils iront s’inscrire de leur plein gré parce que convaincus de la nécessité et de l’utilité de l’acte de voter. Et c’est là un premier signal qui sera envoyé à la classe politique. Si à la fermeture des listes en février 2015, on refait les comptes et on se retrouve toujours avec une minorité de jeunes, nos politiques devront en tirer les conclusions qui s’imposent.
D’ici là, bonne et heureuse année à tous nos lecteurs…