Au-delà de la terre…

Les Etats-Unis d’Amérique ont fini par laisser leur pragmatisme prendre le dessus et ont dit tout haut ce que certainement beaucoup pensent tout bas.

La reconnaissance américaine officielle et solennelle de la pleine souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud est le couronnement d’un long processus qui dure depuis presque un demi-siècle. Cette reconnaissance n’est pas le fait du hasard ni un événement inattendu mais bien le résultat logique, naturel et surtout juste au regard de la cause légaliste et légitime du Maroc.
Cela dit, l’acte de reconnaissance de la marocanité du Sahara n’est probablement pas une fin en soi et ne peut en aucun cas être, comme il ne l’a jamais été, l’objectif ultime recherché par le Maroc. Cette consécration ne peut être que la fin d’une étape et le début d’une autre. La célèbre citation de feu Mohammed V au lendemain de l’indépendance s’applique parfaitement à la situation d’aujourd’hui: Avec cette reconnaissance américaine, qui sera probablement suivie par celle d’autres pays, c’est «la fin du petit jihad et le début du grand jihad».
La nouvelle étape, qui a d’ailleurs déjà commencé, consistera à renforcer davantage les provinces du Sud sur le plan économique, à les équiper en infrastructures, à leur faire jouer le rôle qu’elles jouent déjà naturellement de trait d’union, de hub entre le Maroc et l’Afrique.
Et, preuve que le Maroc a toujours été dans une logique de construction et de développement partagé sur le long terme, les provinces du Sud ont été dotées depuis 2016 déjà d’un programme imposant et ambitieux avec une enveloppe considérable de près de 77 milliards de DH portée plus tard à 85 milliards. Il est évident que l’amorce du développement ne pouvait se faire qu’à travers l’Etat. Ce qui explique d’ailleurs que le programme de développement est quasiment fait en totalité d’investissements publics. Routes, ports, aéroports, urbanisme, équipements de proximité, écoles, hôpitaux, stades, centrales électriques…La phase de construction est déjà avancée à 70% aujourd’hui.
La prochaine étape devrait être une prise de relève du développement par le secteur privé, d’une part, et des élites locales, de l’autre. Et là aussi, le Maroc a déjà balisé le terrain. Les investissements privés dans les provinces du Sud ne devraient pas tarder à se réaliser aussi bien pour les capitaux nationaux que pour ceux étrangers, car les paramètres déterminants de l’investissement privé, à savoir la sécurité, la visibilité et l’attractivité sont tous remplis dans les provinces du Sud.
Quant à la relève des élites locales, là aussi, le Maroc n’aura pas besoin d’improviser ni d’inventer, car le process de régionalisation avancée, lancé en 2012, constituera le cadre le plus naturel de l’autonomie avancée. C’est tout cela qui fait la cohérence et la force de la position marocaine…