Au boulot !

Entre la session d’automne, qui vient de s’ouvrir, et celle du printemps, les parlementaires disposent tout au plus de huit mois pour terminer le travail qui reste auquel le Souverain a exhorté les partis, à  savoir boucler tous les textes nécessaires pour le parachèvement des dispositions de la Constitution de 2011.

Les propos de S.M. le Roi lors du discours du 9 octobre ne laissent place à aucune équivoque. Or il se trouve que l’année 2016 sera elle aussi une année éminemment électorale. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que le Souverain a également rappelé à la classe politique que les élections ne sont pas une fin en soi et que les élus doivent d’abord et avant tout comprendre qu’ils sont là non pas pour servir leurs agendas ou ceux de leurs partis mais pour servir le citoyen et le pays. Notre classe politique a certainement reçu le message et compris que les élections législatives de 2016 ne devront absolument pas polluer l’atmosphère au moment où le Maroc a besoin d’aller droit et très vite dans le bouclage de ses chantiers.

La classe politique sera-t-elle apte cette fois-ci à comprendre une bonne fois pour toutes que le Maroc et surtout les Marocains ont complétement changé sur tous les plans ?

Les élections communales et régionales du mois de septembre l’ont démontré en donnant naissance à une carte politique avec de nouveaux acteurs qui confirment qu’ils seront les futures forces en présence dans les années à venir. Des acteurs qui ont littéralement bousculé les partis traditionnels qui animaient la scène depuis l’Indépendance. C’est là un tournant dont on ne mesure pas toujours l’ampleur. Et si ces nouveaux acteurs ont émergé, c’est bien parce qu’ils ont probablement présenté une offre «politique» nouvelle à une demande tout aussi nouvelle. Le 4 septembre, le citoyen a parlé: il est réceptif à un discours qui lui parle, fait d’authenticité et de proximité, il aspire à l’équité, à l’égalité des chances et à la justice, mais il veut aussi de la modernité et surtout du développement qui profite à tous. Et le citoyen ne veut plus attendre éternellement…

Les régions sont désormais bien installées, c’est une réalité. La deuxième Chambre, dans sa nouvelle configuration, est opérationnelle. Des réformes lourdes, parfois douloureuses, mais nécessaires, sont bien entamées et donnent déjà du résultat. Maintenant, il faudra accélérer la cadence pour concrétiser, confirmer et pérenniser.

Comme partout dans le monde, la jeune génération marocaine a probablement les mêmes traits : impatiente, pressée, volatile. La nouvelle classe politique, pour survivre et durer, est condamnée elle aussi à repenser sa façon de faire.
C’est d’ailleurs l’une des vertus de l’alternance que de laisser le temps aux perdants de revoir leurs cartes, de se régénérer et surtout de se rajeunir pour revenir en force avec des idées nouvelles…