Arrêt prolongé

L’image que donne encore le Maroc auprès des investisseurs étrangers est effrayante. et le gouvernement n’arrange pas les choses.

Discussion véridique et hallucinante avec le représentant d’un investisseur étranger au Maroc. Il s’agit d’une multinationale spécialisée dans les services financiers qui veut s’installer et créer des emplois au Maroc, qui a déjà acquis des points de vente et elle les a déjà aménagés. Mais depuis quelques mois, elle n’arrive toujours pas à démarrer son activité. Une grande administration, et non des moindres, rechigne à lui délivrer les autorisations nécessaires à cause d’une mauvaise interprétation des textes.

C’est pour dire que l’image que donne encore le Maroc auprès des investisseurs étrangers est effrayante. Et le gouvernement n’arrange pas les choses. Il a certes multiplié les rencontres avec le privé mais s’en est tenu aux déclarations d’intentions. Pendant ce temps, au lieu de s’attaquer aux vrais problèmes des investisseurs et du privé, on a préféré faire le spectacle…

Publier des listes d’agréments, de licences et autres n’est pas une solution. Taxer de manière maladroite les bons contribuables qui sont des proies faciles ne résoudra pas le problème des déséquilibres structurels du budget de l’Etat et ne redynamisera pas notre économie de manière pérenne. Dénoncer les dysfonctionnements et l’économie de rente ne sert plus à rien. C’est un constat qui est déjà fait depuis des années et le gouvernement est attendu sur des actions et non pas sur des constats. Faire des constats de ce qui ne va pas, à lui seul, ne peut pas redonner confiance aux investisseurs. En même temps, on s’attaque à de grandes réformes dont l’élaboration et la mise en application demanderont plusieurs années. C’est important pour l’avenir du pays, certes. Mais ce n’est pas tout. Car l’économie, elle, doit continuer à tourner au quotidien pour créer des richesses.

Et force est de constater que l’économie a nettement décéléré en 2012. Oui, on peut évoquer la crise mais elle n’explique pas tout. Le vrai problème est dans la manière avec laquelle le gouvernement s’y prend aujourd’hui. C’est comme une nouvelle équipe qui prend un train en marche, qui doit réformer et réparer des pannes mais qui, au lieu de laisser le train en marche et tenter d’y apporter des améliorations, a préféré l’arrêter dans une gare et démonter la locomotive pour y tripoter. Et depuis un an, chacun de ceux qui ont pris le train, les ministres en l’occurrence, y va de son diagnostic. Panne par- ci, panne par-là, tel secteur ne marche pas et entre-temps le train Maroc, lui, est toujours à l’arrêt. Au moins avant, il roulait encore même si ce n’est pas à grande vitesse. Mais là, depuis un an, on fait du surplace…