à‰ternelle rentrée

Cette année on aura droit à  une rentrée spéciale : une nouvelle majorité, donc un nouveau gouvernement, à  moins que, comme pour la loi de finances, les partis commencent à  prendre goût à  tout retarder, et préfèrent laisser la rentrée de 2013… pour 2014

La rentrée. Ce mot est magique. Rien qu’en y pensant, les masses se mobilisent, se préparent à de l’action. Après la période de vacances et de repos, les patrons, chefs d’entreprises, les managers et cadres, les DRH font le point, dressent la liste des travaux à faire. Le citoyen lambda, lui, se prépare à la nouvelle saison et prend les résolutions pour entamer l’année.

Le gouvernement et l’administration, en pareille période, sont à la veille du grand chantier traditionnel de la Loi de finances avec tout le lot de diagnostics, de bilans, de refonte des stratégies, de révisions des objectifs… Certes, ces deux dernières années, 2012 et 2013, nous avons eu droit à des Lois de finances atypiques. La première avait été adoptée en mai au lieu de décembre et la seconde, celle de 2013, comportait des anomalies à tel point qu’elle a failli être corrigée par une loi rectificative. Espérons que nos politiciens feront mieux cette année.

Nos politiciens qui, eux non plus, ne sont pas en reste : la rentrée est généralement signe de remobilisation des troupes à tous les niveaux, partisan, parlementaire, syndical…

Dans tous les cas, et même si une telle ébullition ne débouche pas toujours sur du résultat et de l’action concrète, et même si l’effet que produit la rentrée relève parfois plus du psychologique qu’autre chose, on retiendra quelques symptômes positifs communs : la mobilisation, la remise en question et l’autoévaluation, la volonté de se régénérer, de faire mieux et autrement à l’avenir. Les acteurs, quelle qu’en soit la sphère, prennent un laps de temps pour faire un petit bilan, pour évaluer leur action, savoir où ils en sont et ce qu’ils doivent faire dans les mois à venir pour atteindre leurs objectifs. Tout cela relève d’un exercice éminemment positif.

Et finalement, n’est-ce pas là le type de démarche dont nous avons besoin tout au long de l’année ? Une telle dynamique ne doit pas être seulement le propre de la rentrée et limitée dans le temps. C’est dommage qu’un tel état d’esprit collectif ne soit pas la règle toute l’année, tous les jours. Cela permettrait à chacun d’être constamment dans l’évolution.

Evidemment, pour la rentrée de cette année, on aura droit à une spéciale : une nouvelle majorité, et donc un nouveau gouvernement si bien sûr le PJD et le RNI daignent bien faire vite pour s’entendre et passer rapidement aux choses sérieuses. A moins que, comme pour la Loi de finances et bien d’autres dossiers urgents, les partis commencent à prendre goût à tout retarder et préfèrent laisser la rentrée de 2013… pour 2014 !