2022

On peut dire que 2020 a été l’année 1 de la pandémie. 2021, qui s’achève dans quelques heures, comme pour un vaccin, aura été une année «dose de rappel», voire d’une troisième dose pour le «boost».

Et, depuis l’apparition de la nouvelle souche, baptisée Omicron, à la propagation explosive, l’année 2021 se termine sur un remake de 2020 en plus pandémique mais, cette fois-ci, avec un monde mieux préparé. Au fil des vagues qui se sont succédé, se faisait aussi l’apprentissage de la gestion de la situation de crise sanitaire et de ses répercussions économiques et sociales. Et ce n’est toujours pas fini, puisqu’il est maintenant acté, comme l’ont établi scientifiques et prévisionnistes, que le premier mois, au moins, de 2022 sera dans la continuité de 2020 et 2021. L’apprentissage se poursuit. Revue des priorités, dispositifs de sauvetage et de soutien, aides conséquentes aux catégories les plus en détresse, aussi bien pour les personnes que pour les entreprises et les secteurs de l’économie, le Maroc a déployé depuis 2020, et tout au long de 2021, toutes sortes de programmes et de mécanismes pour préserver, certes les vies humaines d’abord, mais aussi les revenus, les emplois, la cohésion et la mobilisation.

Évidemment, face à l’ampleur de la crise et aux vagues répétitives qui ne laissent souvent que peu de répit, tout ce qui est fait ne sera jamais suffisant au regard de l’étendue des dégâts. Mais, comme dans toutes les situations critiques, le douloureux exercice de la hiérarchisation des sujets prioritaires est vital et inévitable. Pour autant, cela n’exempte pas le Maroc de devoir se projeter dans l’après-Covid, même si personne ne sait pour l’instant quand cela arrivera.

Car, même s’il s’agit d’un épisode inédit faisant partie de cette catégorie d’événements majeurs qui changent le cours de l’Histoire, ni la pandémie, ni aucun autre imprévu, n’arrêtera le maître temps.

Pandémie ou pas, le Maroc a des défis importants à relever dans les 20 prochaines années sur les plans économique, social et sociétal. Pandémie ou pas, le Maroc a maintenu ses échéances politiques et électorales, renforçant davantage l’édifice institutionnel et démocratique. Il a  surtout tracé sa feuille de route et a même déjà commencé à la déployer dans les faits depuis quelques mois avec des chantiers titanesques comme la protection sociale, la transformation de l’industrie, la réforme de l’éducation et de la santé, sans oublier le Nouveau modèle de développement.

L’erreur aurait été de reléguer le stratégique à cause du conjoncturel. Car une année, deux ou même trois, bien que longues et difficiles, ne sont finalement que de l’ordre du conjoncturel éphémère et passager. Comme l’année qui vient de s’écouler. Que 2022 apporte plus de quiétude et moins d’adversité. Bonne année.