Zoopole d’Ain Jemâa : grand succès pour la formation des agriculteurs et des objectifs dépassés

• Il cible les professionnels, les étudiants, les coopératives féminines et les professionnels de l’Afrique de l’Ouest.
• En plus des sessions dispensées, un suivi sur le terrain est assuré.
• 60 sessions de formation et 15 séminaires pour 450 professionnels et 140 étudiants marocains sont prévus cette année.

La formation a toujours occupé une place importante dans les stratégies agricoles du pays. Elle était au centre des préoccupations dans le Plan Maroc Vert et l’est davantage dans le Plan Al Jayl Al Akhdar (Génération Green) 2021-2030. Il y a quelques années, la réflexion autour de la question a mené vers la création d’un centre de formation à Nouaceur : le Zoopole d’Aïn Jemâa qui a prouvé son succès et a même dépassé les objectifs fixés.
Plusieurs types de formations sont dispensés, allant de la remise à niveau, à la formation continue et aux corps de métiers et ce, pour une population cible concernant aussi bien les professionnels, étudiants et jeunes promoteurs, que les coopératives féminines, ou encore les professionnels des pays d’Afrique de l’Ouest et réfugiés du HCR (Haut-commissariat aux réfugiés).
Les sujets traités sont très variés et traitent de l’insémination artificielle, le contrôle de la qualité du lait et de ses dérivés, la production et la conduite technique des veaux issus du croisement industriel, les bonnes pratiques d’hygiène au niveau des abattoirs, les ateliers de découpe et des boucheries, les techniques de conduite d’élevage des volailles, ainsi que la formulation et la fabrication des aliments de volailles, les techniques d’abattage des volailles et de transformation des viandes de volailles et les techniques d’analyse en laboratoire vétérinaire. C’est dire que le zoopole couvre l’ensemble des activités des 3 filières (lait, viandes rouges et viandes blanches), de l’amont à l’aval. «Chaque mois, sont organisées au moins deux sessions de formation sur les techniques d’abattage, de découpe des viandes et de leur valorisation aussi bien pour les professionnels nationaux que ceux des autres pays. A la demande du HCR, des ressortissants yéménites, syriens et subsahariens au nombre de 32 ont bénéficié de ces formations en 2017 et 2018», précise Youssef Alaoui, président du zoopole. Plus encore, c’est dans ce centre que sont fENCormés, pour Aid Al Adha, chaque année et depuis 3 ans, plus de 500 bouchers qui viennent de toutes les régions du Maroc, dans le cadre d’un programme dit «Guezzar Bladi».
L’objectif du zoopole ne s’arrête pas à former les bénéficiaires seulement. Sa mission s’étend également au suivi. «Pour les jeunes promoteurs et les coopératives féminines ayant suivi des formations, un conseil est assuré jusqu’à la mise en œuvre de leurs projets, en coopération avec les directions régionales du ministère de l’agriculture», ajoute Mustafa Hasnaoui, directeur de ce centre de formation. De même, un groupe de professionnels-formateurs assure un suivi sur le terrain et à distance pour orienter et conseiller les coopératives féminines dans la création du projet et sa réussite. Pour les professionnels des pays d’Afrique de l’Ouest, un suivi continu à distance, ainsi que des missions d’évaluation sur place sont organisés chaque année. «Pour chaque groupe de formation, un groupe Whatsapp est créé où chacun pose ses problèmes, exprime ses soucis techniques, envoie des photos montrant des symptômes de maladies, les formateurs, chacun en ce qui le concerne, donnent les éléments de réponse», ajoute M.Hasnaoui.
Tous ces efforts ont porté bien des fruits, puisque les formations ont contribué non seulement à la mise à niveau des unités de production avicole, mais aussi à l’amélioration de la productivité, des performances techniques et sanitaires et celles liées à l’amélioration génétique chez les bovins, ainsi qu’à la bonification de la qualité du lait. A titre d’exemple, les 70 sessions de formation dispensées aux éleveurs avicoles leur ont permis, certes, de se conformer aux dispositions de la loi 49-99 relative à la protection sanitaire des élevages avicoles, mais aussi de mettre à niveau leurs unités de production et d’améliorer la productivité et la qualité de leurs produits. «Comme l’amélioration génétique chez les bovins a été aussi une des priorités du Plan Maroc Vert, le Zoopole a contribué à la formation de plus de 100 inséminateurs qui assurent leurs services au bénéfice des éleveurs, permettant ainsi de passer d’une production laitière de moins de 10 litres de lait par jour et par vache à une moyenne de 20 litres», ajoute M.Alaoui. Il surenchérit : «D’ailleurs, il faut savoir que les personnes ayant reçu une première formation au Zoopole sont les premières à se manifester pour exprimer d’autres besoins spécifiques, avec un taux de près de 30%». C’est normal, quand on sait que les besoins en formation sont pressants pour certains thèmes tels que l’abattage et la transformation des viandes de volailles et des viandes rouges, le contrôle laitier, l’insémination artificielle, les techniques de fabrication d’aliments composés pour le bétail, les techniques d’accouvage, les techniques de conduite d’élevage tous genres, les techniques d’analyses au laboratoire vétérinaire…


Des formations groupées seront dispensées, en partenariat avec le GIAC, la CGEM, l’OFPPT et la Comader

«Depuis son inauguration et jusqu’à fin 2020, le Zoopole a organisé pour les trois interprofessions 716 sessions de formation au profit de 16 763 personnes en 29 032 journées de formation», détaille M.Hasnaoui. Elles ont concerné 14 671 professionnels des filières viandes rouges, aviculture et lait, 1 358 étudiants et 734 professionnels des pays de l’Afrique de l’Ouest. Notons que pour ces derniers, dont la Guinée Conakry, le Cameroun, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Bénin, le Togo…, la FISA a assuré entre 2017 et 2020 des formations au profit de 610 personnes en 5 295 journées de formation dans son centre de formation et recherche appliquée situé dans l’enceinte du Zoopole et dénommé : «Avipole Casablanca». La FIVIAR et Maroc Lait, elles, ont formé 124 professionnels de la Guinée Conakry et du Mali. «Les résultats se sont rapidement fait sentir. Si on a à citer que le cas de la Guinée Conakry, le secteur avicole dispose actuellement de plus de 100 élevages, 4 couvoirs et 2 abattoirs, alors qu’il ne comptait aucun élevage de poulet de chair, au début de la formation en 2017» avance M.Alaoui.
Pour cette année, il est prévu 60 sessions de formation et 15 séminaires pour 450 professionnels et 140 étudiants marocains. Les thèmes s’inscrivent dans le cadre du Plan Génération Green et concernent surtout l’aval des filières, à savoir la valorisation du lait et des viandes blanches et rouges, la commercialisation, la qualité et s’adresseront en priorité aux jeunes, aux coopératives … A côté, 600 personnes de l’Afrique de l’Ouest bénéficieront d’une formation à distance. «Nous avons prévu 22 sessions de formation dans divers domaines, à savoir la conduite d’un élevage de poulets de chair et de poules pondeuses, les procédés de fabrication et de formulation d’aliments-volailles, la pathologie aviaire et la biosécurité dans les exploitations avicoles modernes, l’abattage et la transformation des viandes de volailles, management d’un couvoir…» prévoit M.Alaoui.
Pour les années à venir, les trois interprofessions se sont inscrites avec le GIAC, la CGEM, l’OFPPT et la Comader dans une démarche de formations groupées, en vue de se préparer à relever les défis du Plan Génération Green 2021-2030. Des études sont en cours pour l’élaboration de plans de formation pour les trois filières et ce, sur la base de diagnostics sectoriels et d’ingénierie pédagogique qui prennent en considération les besoins des professionnels et les objectifs du Zoopole.