Voitures hybrides : à  peine 150 unités écoulées en deux ans !

Selon les concessionnaires, les automobilistes marocains ont des réticences conceptuelles. Les incitations fiscales pour en favoriser l’achat peinent à  venir.

C’est loin d’être une surprise mais les ventes de voitures hybrides n’ont pas fait des étincelles depuis leur premier vroum au Maroc. A peine 150 modèles environ ont été écoulés depuis 2011, année d’introduction officielle de la Toyota Prius. Ce modèle hybride du constructeur japonais est pourtant l’une des voitures les plus vendues au monde. Au Maroc, les premières arrivées de voitures hybrides ont fait suite à l’entrée en vigueur de la baisse des droits de douane sur ces véhicules. Ceux-ci sont ainsi passés de 17,5% à 2,5%. Malgré ce premier pas pour favoriser l’achat de ces véhicules, la mayonnaise n’a toujours pas pris. «Après deux années, le bilan n’est pas très rose. Nous nous attendions vraiment à un meilleur accueil, à moins de réticences. Au final, nous avons réalisé 60 à 70% de nos objectifs», admet Adil Bennani, DG de Toyota du Maroc. Selon lui, les automobilistes marocains ont d’abord des réticences «conceptuelles». Malgré tous les avantages à long terme d’un véhicule hybride, que ce soit par rapport à l’environnement ou par rapport au porte-monnaie, l’automobiliste a encore du mal à franchir le pas. L’entretien d’une voiture hybride coûte moins cher. Le moteur est moins sollicité. La batterie se change normalement, tout comme les motorisations essence et diesel. Et les piles durent à vie. Le client, une fois chez son concessionnaire, a encore du mal à se laisser convaincre et à croire à ces «belles paroles». «Il existe un vrai obstacle psychologique», conclut Adil Bennani.

Vignettes, frais d’immatriculation, TVA sur l’assurance…, les idées sont nombreuses

Bien sûr, le coût à l’achat, supérieur par exemple de 30% sur le modèle Toyota Auris par rapport au modèle essence, est un frein majeur. Cette différence n’est pourtant pas prête de s’estomper. «Nous ne pouvons pas vendre moins cher car la technologie, bien que rodée, coûte encore très cher», explique ainsi M. Bennani. «Une fiscalité verte rendrait la pilule plus facile à avaler», milite le DG de Toyota du Maroc. Exonérer les propriétaires de voitures hybrides du paiement de la vignette et/ou des frais d’immatriculation, supprimer la TVA sur les services financiers (assurance), mettre en place un système de bonus/malus… sont autant d’idées d’incitations fiscales qui permettraient de dynamiser, ne serait-ce qu’un peu, les ventes d’hybrides. Pour Hatim Kaghat de Kia Motors Maroc, «il faut que l’Etat, qui est un gros utilisateur de voitures, donne l’exemple. S’il lançait un plan de renouvellement de son parc, tout le monde applaudirait la mesure» préconise-t-il. Il reste toutefois sceptique. «Pour l’heure, le débat sur les incitations fiscales est limité. Il faut espérer un débat au Parlement pour que tout s’enchaîne», conclut-il.