Vignette automobile : «Le déplacement chez l’Administration coûte plus cher»

En tenant compte des coûts de déplacement et du temps d’attente qu’il fallait pour payer sa vignette chez l’Administration, le nouveau système semble plus intéressant pour le contribuable.

Comment peut-on présenter le partenariat conclu entre les banques et la DGI pour le paiement de la vignette ?

Le partenariat avec la Direction générale des impôts (DGI) permet de mettre à la disposition du marché ce service via plusieurs canaux. C’est à la fois une opération d’externalisation des services de l’Administration vers les canaux bancaires, et une opération de dématérialisation puisque le macaron n’existe plus.

Pour notre cas, nous mobilisons à la fois notre réseau d’agences bancaires et celui de notre filiale Wafacash. Au total, ce sont 2 500 points de vente qui sont mobilisés au profit des clients d’Attijariwafa bank, mais aussi de ceux qui ne le sont pas, ce qui en fait le plus large réseau mobilisé pour cette opération. L’avantage d’un réseau aussi grand est qu’il permet de couvrir toutes les localités y compris dans le quasi-rural.

Nous avons aussi trois canaux sur internet. Les deux premiers concernent exclusivement les clients Attijariwafa bank, à travers le site Attijarinet ou notre application de mobile-banking Attijari Mobile. Ces deux canaux sont réservés aux clients de la banque parce que le paiement se fait directement à partir du compte du client. Mais nous avons développé un troisième canal en partenariat avec Wafacash, à savoir le site marchand www.payvignette.ma. Tout détenteur d’une carte bancaire, qu’il soit client de la banque ou non, peut passer par cette plate-forme pour accéder au service de paiement en ligne. Les clients et non-clients ayant payé leur vignette sur www.payvignette.ma ont la possibilité de gagner une belle voiture.

Quel devrait être le canal le plus utilisé pour cette opération ?

Les clients se divisent en deux catégories. Les premiers sont déjà initiés à internet et ont l’habitude de réaliser des achats sur la toile. Ceux-ci devraient logiquement recourir aux sites web pour régler leurs vignettes car cela est plus pratique. L’autre catégorie est celle qui n’a pas l’habitude d’accepter le paiement par internet et qui est plus rassurée par le contact humain. Celle-ci s’orientera logiquement vers les agences bancaires où des conseillers la prennent en charge. Quel que soit le canal choisi, ce qu’il faut surtout retenir, c’est que les clients font déjà confiance dans les banques pour la tenue de leur compte ou pour le paiement de leurs factures d’électricité ou de téléphone. C’est somme toute logique qu’ils manifestent la même confiance pour le règlement de leurs taxes, à commencer par la vignette automobile.

Est-ce que l’opération ne concerne que l’année 2016 ?

Le partenariat devrait à mon avis logiquement perdurer dans le temps. Si l’on ne prend exemple que sur les premiers jours du lancement de cette opération et la réussite qu’elle a rencontrée (ndlr: plus de 64 000 paiements), il n’y a aucune raison pour que cette opération ne soit pas renouvelée pour les années à venir. Il y a lieu de signaler tous les bénéfices qu’elle apporte à la fois au contribuable, à l’Administration et aux banques.

En cas de contrôle, comment le client peut-il justifier le paiement de sa vignette ?

Tout d’abord, je tiens à préciser que cette opération d’externalisation-dématérialisation offre au contribuable toutes les garanties nécessaires. Une fois le paiement effectué, il reçoit son reçu de règlement qui est totalement valable en cas de contrôle. En cas de besoin, il peut toujours se connecter sur le site mis à disposition par la DGI (ndrl: www.vignette.ma) pour imprimer une attestation de paiement. Par ailleurs, le système tel qu’il est mis en place est parfaitement sécurisé. Nous avons une connexion en temps réel avec le système d’information de la DGI qui renseigne sur le montant exact à payer et enregistre le règlement.

Pensez-vous que les frais fixés sont adaptés ?

Il faut souligner qu’il y a eu des discussions entre les banques et la DGI et qui ont abouti à la fixation des tarifs par nature de canal utilisé. En agence, les frais sont ainsi fixés à 23 DH TTC par vignette, quel que soit son montant. Le service via le site internet de la banque est facturé à 5,50 DH TTC. Les frais sur le site marchand www.payvignette.ma sont pour leur part de 12 DH TTC. Avant l’existence de ce système, le contribuable devait se rendre à l’Administration dédiée au paiement de la taxe, avec des coûts à la fois directs, comme pour le transport, et indirects relatifs au temps nécessaire pour effectuer l’opération. Par simple calcul, on se rend rapidement compte que les frais fixés aujourd’hui sont nettement moins importants. Même en rapportant le montant de ces frais à celui des vignettes, on ressort avec un faible taux de commissionnement. Maintenant, s’il y a encore des gens qui préfèrent régler leurs vignettes auprès de l’Administration sans frais supplémentaires, la DGI a déjà fait savoir qu’elle a maintenu ce service. Les banques ne font que proposer un service, c’est au consommateur de décider en fonction de ses attentes et de ce qu’il est prêt à payer.

Que gagnent concrètement les banques dans cette opération ?

Pour nous, ce service vise un double objectif. Le premier est de répondre aux besoins de notre propre clientèle en lui offrant un service complétant le package que nous lui offrons déjà. Le deuxième objectif est d’établir le contact avec des non-clients de la banque en leur accordant la même attention. C’est une occasion pour nous de les convaincre que nous sommes une banque qui peut les accompagner en répondant à tous leurs besoins bancaires et financiers.

Il faut dire que cette opération d’externalisation-dématérialisation est profitable à toutes les parties. Si le client gagne en qualité de service et en temps consacré à l’opération, et que la banque améliore le package de services qu’elle offre, elle permet aussi à la DGI d’optimiser ses coûts. Sachant que l’ancien système nécessitait la mobilisation d’importantes ressources humaines au niveau des Administrations et qu’il fallait gérer l’affluence au niveau des agences de la DGI, sans omettre le coût d’impression du macaron et toute la logistique liée à sa gestion.