Vêtements pour enfants : l’affluence habituelle de l’Aïd n’a pas eu lieu

Au Maà¢rif, à  Derb Ghallef ou à  Derb Soltane, les commerçants sont unanimes : l’activité précédant Aïd Al Fitr est en deçà  de la normale.
La dépense moyenne qui se situait entre 1 000 et 1 200 DH varie aujourd’hui entre 600 et 700 DH.
Les plus touchés : les «kissariate» et les magasins indépendants. Les franchises maintiennent un niveau normal d’activité.

Comme à l’accoutumée, à la veille de l’Aïd Al Fitr, les familles prennent d’assaut les magasins d’habillement pour enfants. Cette année, aussi bien dans les boutiques du Maârif que dans les échoppes de Derb Omar et Derb Soltane, la demande est, selon les commerçants, en légère baisse.

Mais les commerçants espèrent une dernière vague d’acheteurs car, disent-ils, il reste encore quelques jours avant l’Aïd et surtout des parents n’ont pas encore perçu leurs salaires.

La principale raison de ce repli est que les ménages ont dû faire face à une cascade de dépenses, notamment pour les vacances, la rentrée scolaire et le Ramadan. «Les femmes venaient avec un budget de 1 000 à 1 200 DH pour deux enfants, sans compter les chaussures.

Actuellement, beaucoup d’entre elles se contentent d’acheter des chemises ou des pulls pour un budget qui ne dépasse guère 600 à 700 DH», explique un commerçant de Derb Omar. Dans ce quartier commerçant de Casablanca, le prix d’un pantalon pour garçon varie entre 130 et 200 DH. Chemises et pulls sont proposés entre 100 et 180 DH. Pour les jeunes filles, il faut prévoir 500 DH pour une tenue complète.

Toutefois, les commerçants de Derb Omar signalent qu’ils subissent, depuis deux ans, la concurrence des kissariate de Derb Soltane. Effectivement, à la célèbre Kissariat Aziza, où les vêtements sont importés d’Europe, notamment d’Italie et d’Espagne, le choix est plus large et les prix beaucoup moins élevés qu’à Derb Omar.

Un petit tour permet en effet de constater qu’avec un budget de 600 DH, la mère de famille peut habiller deux jeunes filles, chaussures comprises ! Le prix des chaussures (espadrilles et ballerines) est dans une fourchette de 100 à 130 DH.

Largement en dessous de ceux annoncés à Kissariat Gharnata, pourtant située dans le même quartier et qui était très prisée des familles il y a quelques années. Pour les commerçants de cette galerie, qui s’approvisionnent localement, les prix pratiqués par les boutiques de Kissariat Aziza sont inexplicables.

«On ignore quels sont les réseaux d’approvisionnement, mais, dans tous les cas, nous ne pouvons pas nous aligner sur eux, même si notre activité est en baisse», se lamente un gérant de boutique. Dans l’une comme dans l’autre des kissariate, les commerçants ont toutefois leur mine des mauvais jours. «Durant les années précédentes, le chiffre d’affaires pendant le Ramadan augmentait de 15 à 20 % par rapport à une période normale», indiquent des commerçants, qui prévoient une évolution moins importante cette année.

Les propriétaires des boutiques annoncent un chiffre d’affaires de 5 000 à 7 000 DH par jour durant la période des fêtes. Une enseigne semble pourtant ne pas être affectée par la baisse : Mejdoub, tout aussi spécialisé dans les fins de séries et les restes d’export, fait le plein tous les soirs depuis le début du Ramadan. Les familles à la petite bourse semblent y trouver leur bonheur, en raison des bas prix pratiqués, mais pas seulement. La superficie et la diversité des articles proposés permettent en effet de faire ses achats dans un seul magasin au lieu de devoir en parcourir plusieurs.

Dans le quartier du Maârif, les commerçants parlent aussi de baisse de la demande cette année. Les boutiques, qui s’approvisionnent localement auprès de petites unités produisant pour le marché local, ou encore auprès des entreprises exportatrices qui écoulent leurs fins de séries ou les restes d’export, vendent un pantalon pour enfant entre 150 et 200 DH. Il faudra autant pour une robe et un peu moins (80 à 100 DH) pour un chemisier ou un pull.

«En période de fêtes, nous recevions, durant les années passées, une centaine de clientes en journée et environ 150 après le f’tour. Pour ce Ramadan, les clients sont moins nombreux, 50 en journée et peut-être autant après le f’tour. Ce qui est anormal pour un dernier week-end avant l’Aïd», confie le gérant d’une boutique. A l’instar de ses confrères de Derb Omar, il espère une hausse de la demande, suite au virement des salaires.

50 clients avant le f’tour et 50 après au lieu de 100 et 150 les autres années !
Un autre commerçant du Maârif est en revanche moins optimiste. Pour lui, les parents ont déjà fait les emplettes pour la rentrée scolaire et les vêtements achetés pourront servir pour la fête. Tout au plus, certaines familles consentent à payer des habits neufs aux plus petits, de 2 à 6 ans.

Ce commerçant indique que son chiffre d’affaires a baissé de 10% par rapport à la même période des années passées.
Toujours, dans le même quartier, mais cette fois-ci dans des magasins huppés pour enfants, l’activité semble se maintenir. Mais l’affluence remarquée après le f’tour n’est pas nécessairement liée à l’Aïd. «Nous sortons d’une période de soldes où les ventes ont été très importantes, à la fin août, et donc à la veille de la rentrée scolaire.

Depuis quelques jours, nous avons mis en boutique les nouvelles collections et les ventes suivent le rythme normal. Nos clients, sans tenir compte de la conjoncture de la fête, viennent pour découvrir et acheter les nouveaux articles», explique la gérante d’une boutique qui signale, cependant, un frémissement de la demande durant le week-end dernier.

Dans ces boutiques, on refuse de parler chiffre d’affaires et l’on souligne une spécificité de leur activité : la clientèle achète régulièrement, dispose de cartes de fidélité donnant droit à des réductions et à des bons cadeaux, et n’attend pas les fêtes pour acheter des habits. Des acheteurs ponctuels y viennent quand même, poursuit-on dans une grande enseigne de la place, à l’occasion des fêtes, mais ces achats ne représentent pas une grande part du chiffre d’affaires.