Vers une intégration économique entre les régions arabe et africaine

Entre 2011 et 2015, 17 pays de la région arabe ont exporté 1 060 milliards de dollars vers le reste du monde, contre 160 milliards vers les 22 pays d’Afrique subsaharienne membres de l’OCI. Les pays arabes possèdent des produits manufacturés transformés à fort potentiel d’exportation vers l’Afrique qui a des atouts dans le domaine de l’agro-industrie.

Renforcer les relations commerciales entre les régions arabe et africaine. Tel est le but du Forum de lancement du programme Arab-Africa Trade Bridges (AATB) organisé, les 22 et 23 février à Rabat, par la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC), en partenariat avec la Banque islamique de développement (BID) et le ministère de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique.

L’AATB est né d’une proposition de l’ITFC (membre du Groupe BID), lors de la 7e réunion du Groupe de coordination pour le renforcement et la promotion de la coopération dans le domaine du commerce extérieur et des assurances du crédit à l’export. Ses principaux objectifs sont d’accroître les flux commerciaux entre les pays arabes et africains, membres de l’OCI, diffuser des informations sur les opportunités d’échanges commerciaux et les réglementations commerciales y afférentes, identifier des opportunités pour fournir et promouvoir des produits de financement du commerce et d’assurance-crédit à l’export, permettre aux opérateurs économiques de présenter leurs produits d’exportation, etc.

«Le programme que nous lançons aujourd’hui va instaurer un partenariat arabo-africain dont les bénéfices se feront ressentir, aussi bien au niveau de l’accroissement des échanges commerciaux que du développement des infrastructures», a déclaré Mamoune Bouhadhoud, ministre délégué auprès du ministre de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique, chargé des petites entreprises et de l’intégration du secteur informel.

Pour sa part, Hani Salem Sonbol, DG de l’ITFC, a déploré le fait que «le volume des échanges commerciaux entre les régions arabe et africaine demeure bien en deçà des aspirations des pays de ces régions». Et de faire remarquer que «d’après une étude effectuée par le Centre du commerce international (CCI), la part du commerce entre les deux régions était à peine de 2,1% en 2015».

Un plan d’action triennal pour renforcer les relations commerciales est élaboré

Le DG de l’ITFC a également précisé que, sur la période 2011-2015, 17 pays de la région arabe ont exporté, en moyenne, 1060 milliards de dollars vers le monde, alors que les 22 pays d’Afrique subsaharienne, membres de l’OCI, ont exporté, en moyenne, 160 milliards de dollars vers le monde. Ce qui signifie, selon lui, qu’«il existe d’énormes potentialités, non encore exploitées, pour le développement du commerce arabo-africain et l’intégration économique entre les deux régions».

C’est ainsi que les pays arabes possèdent des produits manufacturés transformés à fort potentiel d’exportation vers l’Afrique, tels que les polymères, le ciment, les structures en fer et en acier et les bâtiments préfabriqués. A cela s’ajoutent des produits du secteur agro-industriel, comme la canne à sucre, la farine de blé et les boissons non alcoolisées. Pour leur part, les pays d’Afrique subsaharienne disposent d’un potentiel élevé en exportation de bétail, de café et de graines de sésame vers les pays arabes de l’OCI. Il en est de même pour les produits agro-industriels à base de cacao et les produits de la mer.

A la lumière de ces données, l’ITFC a conçu un plan d’action triennal pour renforcer les relations commerciales entre les pays arabes et ceux d’Afrique subsaharienne, membres de l’OCI, avec pour finalité de créer, à terme, un marché commun arabo-africain. En vertu de ce plan, les opérations de financement du commerce en faveur de l’Afrique subsaharienne devraient être portées à un milliard de dollar par an, à partir de 2019. Il faut savoir que, depuis sa création en 2008, l’ITFC a octroyé 2,9 milliards de dollars pour le financement du commerce en Afrique subsaharienne et ce, à travers l’appui à des secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’agriculture, la sécurité alimentaire, la santé, les petits et moyens projets, ainsi que le secteur privé.

Bandar Mohammed Hamza Hajjar, président de la BID, a, quant à lui, rappelé que, pendant plus de quarante ans, l’institution a financé au profit de ces Etats membres (dont le nombre s’élève aujourd’hui à 57) non seulement des projets d’infrastructure, mais également des projets dans des secteurs vitaux dont notamment le secteur agricole qui emploie une main-d’œuvre importante. Et de se féliciter que «depuis la création de la BID en 1974, les financements pour les projets d’infrastructure et les programmes de développement en Afrique ont atteint près de 43,3 milliards de dollars».

A l’occasion du Forum de lancement du programme AATB, plusieurs mémorandums d’entente et lettres d’intention ont été signés par l’IFTC et un certain nombre d’organismes arabes et africains.