Ventes d’automobiles au Maroc : même l’approche de la période estivale ne semble pas désamorcer la décrue

Entre janvier et mai, les ventes ont chuté de 6,7 % par rapport à  la même période en 2008
Le montage local s’en sort alors que le segment des importées montées accuse une baisse de 11% n A part quelques marques comme Volkswagen, Ford, Mercedes et Audi, toutes les autres ont vu leurs ventes chuter.

Les temps sont durs pour les concessionnaires automobiles. Sur les cinq premiers mois de l’année, les ventes de véhicules importés neufs (CBU) ont chuté de 11% par rapport à la même période de 2008 à 31 279 unités, toutes catégories confondues. Pire, «alors que l’on espérait une reprise à l’approche de l’été, elles se sont effondrées de 36 % au titre du mois de mai», se désole Adil Bennani, DG de Toyota Maroc. Cette situation critique est, toutefois, légèrement compensée par les ventes des véhicules assemblés localement (CKD) qui s’en sortent plutôt bien avec, toujours pour les cinq premiers mois, une progression de 5,1% à
15 538 unités, essentiellement grâce à la Logan. Pour le marché dans sa globalité, les ventes ont reculé de 6,7% à 46 816 unités.
Dans le segment de l’importé monté qui représente le gros du chiffre d’affaires du secteur, seules quelques marques ont pu échapper au naufrage. C’est le cas de Ford qui a pu écouler à 1 939 unités contre 1 821 à fin mai 2008, soit une hausse de 6,5 %. Volkswagen a progressé de 9,3% à 1 919 unités, Nissan de 12,8% à 689 et Mercedes de 1,2% à 492. Audi et Volvo ont également affiché de bons scores. Leurs ventes respectives ont augmenté de 38% et 193,5% à 363 et 135 unités. La demande de Land Rover a aussi évolué de 19,5% à 98 exemplaires. On peut en outre signaler, pour la marque Lancia, la vente de 24 véhicules, tout de même, contre 2 seulement en mai de l’année dernière. Deux raisons expliquent ces progressions : l’arrivée de nouveaux modèles ou encore des politiques de prix agressives pour des marques haut de gamme qui leur permettent d’élargir leur clientèle.
Hormis ce petit groupe, toutes les autres marques sont en revanche dans le rouge. Kia affiche – 18,8 % à 3 099 unités, Mitsubishi – 41 % à 976, Honda -31,3 % à 819, Hyundai -5,7 % à 2 747 et Toyota, qui réalise toutefois le meilleur score sur le segment du CBU, affiche une baisse de -10,2 % à 3 216 unités. Les marques françaises Renault, Peugeot et Citroën ont cédé respectivement 6,2 %, 11, 2 % et 6,5 % avec  2 647,  2 921 et 1 440 voitures écoulées durant les cinq premiers mois. Dans le cas de ces dernières, là encore, c’est le renouvellement de gamme qui influe les ventes. Renault avec sa Laguna III trouve un nouveau souffle pour atténuer la baisse. La nouvelle Mégane devrait également lui permettre de stabiliser ses chiffres. Peugeot, avec une 407 relativement avancée dans l’âge, se rattrape sur les segments inférieurs avec ses 308 et 207, mais manque cruellement de nouveautés dans le segment des berlines. Citroën, enfin, avec des modèles réussis, mais là encore sans révélations majeures, essaie de maintenir le cap.

Les chinoises aussi touchées que le reste
Même les marques indiennes et chinoises, connues pour leurs modèles à petits prix, n’échappent  pas  au marasme, alors que leur compétitivité a été améliorée dès le début de l’année par une baisse de 5 % des droits de douane. Par exemple, Mahindra est en chute de 43%, Cherry de 45% , JAC de 44,4%, Yangzi de 47% et Changhe de 38,8%. Sans donner de chiffres précis, les commerciaux de ces différentes marques affirment que le mois de juin 2009 a été encore plus dur que mai. Certains professionnels expliquent la désaffection par le fait que l’acheteur cherche plutôt des valeurs sûres à la revente et attend, naturellement, que les grandes marques baissent encore leurs prix.
Les statistiques que nous a communiquées Toyota Maroc permettent, toutefois, une autre lecture de l’évolution du marché. Elles montrent, en effet, que sur l’entrée de gamme (économique) où se retrouvent la plupart des chinoises, les ventes se sont repliées de 11,2%. Les deux catégories de la petite voiture qui suivent, c’est-à-dire la «small low» et la «high low» (micro-citadines et citadines)  sont en recul de 11,1 et 18,8%.
Sur la niche des  véhicules utilitaires familiaux et les monospaces, la baisse est de 42,2 %. Même si le volume de cette niche n’est pas important, on voit que l’attentisme touche plus significativement le haut de gamme que le bas. Enfin, les réalisations de la niche sport utility vehicle (SUV), celle de 4 x 4 urbain, ont fléchi de 9,6%. Hatim Kaghat, chargé de la communication chez Kia, l’explique ainsi : «Plus le budget est important chez la catégorie socioprofessionnelle qui est généralement la mieux informée plus l’acte d’achat sera remis à un moment plus propice».
Pour le reste, les ventes de pick-kup ont baissé de 6,7% tandis que le segment des vans progressait de 18,8%, une progression à mettre sur le compte du développement de l’activité des flottes de transport.
Pour autant, et dans l’ensemble, les concessionnaires ne sont nullement surpris par la tendance actuelle. En effet, la crise actuelle a été précédée par des signaux, explique le DG de Toyota. Même si 2008 s’est terminée sur une croissance de 20%, les ventes avaient commencé à fléchir sur les derniers mois de l’année.
Les professionnels indiquent que les promotions continueront sûrement en raison du déstockage, mais ils affirment que, dans l’absolu, les prix ne pourront pas baisser davantage. Par ailleurs, certains d’entre eux sont persuadés qu’il ne faut pas s’attendre à une reprise avant 2010.