Véhicules utilitaires : les opérateurs bataillent pour préserver leurs parts de marché

L’activité est en baisse et le segment est très réduit. Pour percer, les opérateurs adaptent leur offre à  travers de nouveaux lancements. La Citan de Mercedes est jugée trop chère pour pouvoir bouleverser la configuration actuelle du marché.

Si le marché des véhicules particuliers tire son épingle du jeu ces derniers mois, l’utilitaire n’arrive toujours pas à remonter la pente. A fin septembre, les ventes ont encore dévissé de plus de 5% par rapport à l’année dernière. En clair, le segment subit de plein fouet les effets du ralentissement de l’activité économique.
Face à ce recul des ventes, les opérateurs se livrent une vraie bataille pour préserver leurs parts de marché. Certains veulent, dans la foulée, grignoter quelques points aux concurrents. «Ceci est accentué par le fait que le marché du VUL est dix fois plus réduit que celui des VP», avance un opérateur.

De plus, les critères qui façonnent le choix des acheteurs sont plus rigoureux que ceux du marché des VP, étant donné qu’un véhicule utilitaire est censé rouler plus longtemps qu’une voiture de tourisme. D’après Gerald Porcario, directeur marketing de Renault, qui pèse 55% du marché VUL, «le client marocain porte un intérêt spécial pour le coût du cycle de vie qui englobe le coût d’acquisition du véhicule, le coût d’entretien et la consommation en carburant ainsi que la valeur résiduelle ou de revente». Aussi, il s’assure au préalable de l’existence d’un réseau avec une force de vente formée et dédiée à la clientèle entreprise. «De plus, il est exigeant quant à l’existence d’une offre permettant la transformation des véhicules selon ses besoins (en plateaux, en fourgon, en frigo…), sans omettre le volume de chargement et le nombre de places, éléments très décisifs dans le choix opéré sur ce segment», ajoute le responsable VUL de Hyundai.   
Pour percer sur ce segment, en plus des efforts sur le prix et les équipements, les opérateurs adaptent leur offre aux besoins réels du marché et à l’utilisation des clients professionnels, en constante évolution. De plus en plus d’opérateurs affirment ainsi nouer des partenariats avec des carrossiers pour réaliser des transformations de qualité sur le véhicule d’origine.

Dans ce but, les lancements se succèdent. A ce titre, Renault annonce  l’arrivée prochaine du nouveau Trafic «qui se caractérisera par un nouveau design, un volume de chargement nettement amélioré et une cabine conducteur intelligente». Aussi, le Renault Master sera retouché avant la fin de l’année avec un certain nombre d’améliorations adaptées aux nouveaux besoins du marché. De son côté, Hyundai étudie la possibilité d’introduire au 4e trimestre 2015 de nouveaux véhicules, tels que des fourgons, des minibus pour le transport scolaire, le transport du personnel ou le transport touristique, ainsi que des châssis et cabines pour des usages diversifiés.

Par ailleurs, d’autres opérateurs avancent leurs pions sur des terrains jusqu’ici non explorés. C’est le cas d’Auto Nejma, présente uniquement sur les minibus, qui vient de lancer la Mercedes Citan sur le segment des vans. Proposé à partir de 230 000 DH, ce véhicule utilitaire pourra être vite adopté par les entreprises notamment en raison d’une motorisation allemande réputée. Cela dit, pour certains, «la Citan a un positionnement prix très élevé, elle ne peut en aucun cas bouleverser la configuration bien établie du marché du VUL au Maroc».

Notons que ce marché est actuellement partagé entre 9 marques, qui représentent plus de 90% des ventes. Renault-Dacia, Fiat et Peugeot dominent le segment des vans qui pèse environ 45% du marché de l’utilitaire. Le gros des ventes des pick-up (43% du marché VUL) est réalisé par Toyota, Isuzu et Mitsubishi. Tandis que Mercedes et Hyundai trônent sur le segment des minibus qui représente 12% du
marché.