Véhicules motorisés : Les professionnels de l’activité tiennent au montage CKD

• Le secteur du poids lourd et de la carrosserie emploie plus de 8 000 personnes directement et indirectement et génère un chiffre d’affaires de plus de 11 milliards de dirhams par an avec une valeur ajoutée de 30%, soit 3 milliards de dirhams.

Le secteur du poids lourd comprend les camions de plus de 3,5 T, les bus et autocars, les remorques et semi- remorques, la carrosserie industrielle,… Plus de 8000 personnes s’y activent directement et indirectement. Organisé et regroupé dans une association professionnelle qui est le Groupement du poids lourd et de la carrosserie (GPLC), membre de la Fédération de l’automobile, fédération interne de la CGEM, le secteur génère un chiffre d’affaires de plus de 11 milliards de dirhams par an, avec une valeur ajoutée de 30%, soit 3 milliards de dirhams. Il se compose de plusieurs métiers.
Il s’agit entre autres du montage de véhicules motorisés. Cette activité s’appuie sur des éléments importés en CKD. «Avec plus de 50 années d’expérience, le Maroc jouit d’un véritable savoir-faire dans ce domaine. Créée à l’origine pour encourager le développement industriel de la filière, avec des avantages fiscaux et douaniers, cette activité a trouvé une viabilité économique avec l’économie des coûts de transport. Avec le montage CKD, la décision industrielle reste au Maroc et cela crée des possibilités industrielles induites (équipementiers, carrossiers, pièces de rechange,…). Aujourd’hui, avec la situation géographique et les infrastructures marocaines, cela peut être une réelle opportunité d’ouverture de marchés à l’exportation vers l’Afrique subsaharienne et vers l’Europe», souligne Adil Zaidi, président du GPLC. Selon celui-ci, «les marques asiatiques et américaines, pour l’économie des coûts logistiques et grâce aux accords commerciaux signés par le Maroc, peuvent valablement se diriger vers le montage CKD pour attaquer des marchés proches». Pour le président, il est important de défendre le montage CKD et prendre toutes les mesures d’encouragement.
«Heureusement, nous remarquons que si des marques européennes commencent à abandonner cette activité industrielle, plusieurs marques asiatiques ont pris récemment la décision de passer au montage CKD». Le secteur comprend également une activité de distribution de véhicules industriels. Il s’agit de toute l’activité commerciale et du service après-vente. «Ce métier connaît un essor important. Aussi, il faut une réglementation pour la protection des consommateurs avec notamment une lutte contre les pièces contrefaites», préconise M. Zaidi.
Il y a enfin la carrosserie industrielle dans laquelle il faut distinguer deux catégories : les carrossiers constructeurs (remorques, semi-remorques, autocars) et les carrossiers monteurs sur véhicules. Là, il faut bien noter que le secteur se fait par des sociétés industrielles structurées et d’autres qui s’activent dans l’informel. «La carrosserie industrielle est réalisée par des opérateurs nationaux en partenariat avec des marques internationales prestigieuses, aussi bien pour les véhicules de transport de personnes que pour le transport de marchandises. Cette activité très développée et à fort taux d’intégration dispose d’une grande capacité et flexibilité à la production. La main-d’œuvre est qualifiée et le niveau de qualité est reconnu au niveau international», précise M. Zaidi. Selon lui, cette activité fait partie des métiers prioritaires à encourager et ce au regard des coûts comparatifs qui sont favorables au Maroc. «Il faut signaler que plusieurs carrossiers constructeurs approvisionnent le marché marocain et exportent vers l’Europe, les pays du Moyen-Orient et même vers l’Australie, ce qui est une prouesse, vu le coût handicapant du transport», souligne le président du GPLC.