Une très bonne année 2017 pour le textile marocain

Les professionnels s’attendent à un chiffre d’affaires à l’export de 35 à 36 milliards de DH. Les donneurs d’ordre européens se tournent vers des fournisseurs géographiquement plus proches.

Les industriels du textile s’attendent à une année 2017 exceptionnelle en termes d’exportations. «Pour la première fois, on devrait atteindre entre 35 et 36 milliards de dirhams de chiffre d’affaires à l’export», a déclaré, à La Vie éco, Karim Tazi, président de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith). Rappelons qu’en 2016 les exportations étaient de 33 milliards de dirhams.

L’année 2017 a été particulièrement dynamique grâce au Fast Fashion, segment sur lequel le Maroc détient une place de choix à l’international. De grands donneurs d’ordre mondiaux tels que H&M et Primark ont pour la première fois fait du sourcing au Maroc. D’après M. Tazi, l’Allemagne s’intéresse également à la sous-traitance marocaine. L’avenir s’annonce donc prometteur pour les exportations textiles.

Redonner confiance aux investisseurs pour relancer le marché local

En France, donneur d’ordre traditionnel du Maroc, les commandes se sont faites plus nombreuses cette année. En outre, des centrales d’achat européennes passent leurs commandes à long terme et permettent dorénavant aux sous-traitants d’avoir de la visibilité sur leur programme de production. En témoigne Said Benabdeljalil, directeur du pôle développement et recherche chez l’Amith et PDG de Flou Flou (qui emploie 220 personnes). La progression du chiffre d’affaires de son entreprise est de 25% cette année grâce à l’embellie de l’export. «Toutes nos chaînes de production (6 au total) tournent à plein régime depuis la période de février-mars 2017. D’ici juillet 2018, on compte même recruter une trentaine de personnes et ajouter une ligne de production», déclare M. Benabdeljalil.

Profitant de cette tendance, le Maroc, devenu l’un des champions du monde du fast fashion, veut encourager l’émergence de grands acteurs nationaux capables de répondre à la demande mondiale. «D’importants projets sont en cours de réalisation dans ce sens. Dans le cadre du programme d’accélération industrielle (PAI), nous avons plus que triplé les mesures de soutien à l’investissement et à la compétitivité», explique M. Tazi. Seul bémol : le marché local souffre encore de la contrebande, des importations massives, de la sous-facturation et du dumping. Certains industriels attestent que l’année 2017 a été très difficile sur le marché local. Pour remédier à la situation, l’Amith a fait du lobbying pour pousser les pouvoirs publics à reprendre les contrôles de manière plus rigoureuse. «En outre, plusieurs actions ont été lancées pour rétablir la confiance des investisseurs marocains. Dans 6 mois, nous comptons créer de la demande pour les industriels et encourager ainsi l’investissement», déclare avec optimisme le président de l’Amith.