Une nouvelle feuille de route ambitieuse pour le secteur textile

Compétitivité, positionnement à  l’international, développement du marché local et professionnalisation de l’association sont les principaux axes.
Sept nouvelles commissions chargées de la mise en Å“uvre sont créées.
Beaucoup d’industriels ciblent les marchés américains et arabes avec leurs propres collections.

L’association marocaine de l’industrie textile et de l’habillement (Amith) est en quête d’une valeur ajoutée additionnelle pour le secteur. Le programme est détaillé sur la feuille de route 2010-2012 présentée lors de son assemblée générale tenue le jeudi 16 décembre. Dans un contexte toujours difficile pour le secteur textile, ce programme biennal vise un repositionnement compétitif de l’entreprise de textile dans l’économie mondiale de la mode. La nouvelle vision s’articule autour de quatre axes : l’intégration du secteur aux plans sectoriels existants (Emergence, Maroc Export), la compétitivité des entreprises, le positionnement à l’international et le développement du marché local et, enfin, la professionnalisation de l’association. Cette stratégie a fait l’objet d’une large consultation entre le bureau national de l’association et ses antennes régionales qui sont appelées à la décliner en plans régionaux adaptés aux besoins des industriels de chaque région. 
La concrétisation de ce programme a nécessité une réorganisation des structures de mise en œuvre. Ainsi, aux côtés des anciennes commissions (logistique et réactivité, relations institutionnelles et sociales, bonne gouvernance), 7 nouvelles ont été créées. Ce sont les commissions recherche, développement et créativité, marques et distribution, industrialisation et compétitivité, développement à l’international, compétences, commerce et structuration du marché intérieur et, enfin, intégration et maillage.

Des règles d’origine plus souples avec l’UE

Toutes ces actions doivent permettre au secteur, qui a encore de nombreux défis à relever, de profiter des réelles opportunités, dont principalement le retour des grands donneurs d’ordre partis depuis 2008 vers des pays asiatiques comme la Chine, et de mettre en place de nouvelles politiques de sourcing. Plusieurs groupes étrangers sont actuellement en négociation avec les opérateurs marocains pour le placement de commandes de réassort en raison de la réactivité.
Cependant, pour s’assurer une compétitivité par rapport aux pays concurrents, l’association entend se mobiliser pour l’assouplissement des règles d’origine instaurées par l’Union européenne comme cela a été fait avec la Turquie. Celle-ci, malgré la crise, a pu, grâce à l’Union douanière avec l’Union Européenne, s’approvisionner dans divers pays et exporter sa production dans des pays membres.
La compétitivité passe également par l’industrialisation et la créativité. Sur ce plan, l’association estime que les outils sont déjà en place notamment l’ouverture en octobre dernier de Casa Moda Academy et les programmes d’accompagnement des opérateurs souhaitant passer de la sous-traitance à la co-traitance. L’offre pourrait ainsi être diversifiée et de nouveaux débouchés investis. Avec leurs propres collections, nombre d’exportateurs commencent à s’attaquer aux Etats-Unis et aux marchés arabes.
Pour le marché intérieur, l’association encourage le développement des réseaux de distribution et des marques locales qui ne sont pour le moment que 4 (Marwa, Flou-Flou, Océane et BO-Boss) contre 70 étrangères et met l’accent sur la lutte contre l’informel. Une étude en cours de finalisation estime le marché intérieur à 40 milliards de DH. Ses conclusions permettront d’élaborer un plan d’action pour l’organisation de ce marché.