Une baisse considérable des appels d’offres entre mars et mai

• L’impact négatif sur les appels d’offres est manifeste depuis le déclenchement de l’urgence sanitaire.
• Le BTP et les Etudes&Conseil sont les secteurs les plus touchés. L’informatique, les télécoms, l’électrique, l’électronique et l’agriculture résistent.
• La commande publique conditionnera dans une large mesure la phase de la relance de l’économie, selon l’étude.

Baisse de régime drastique de la commande publique ! Le constat vient d’être souligné par une récente étude du spécialiste des appels d’offres Sodipress.com et le cabinet W-Adviser. Selon ces derniers, la tendance qui se dégage est la contraction totale de l’offre et de la demande dans tous les secteurs d’activités. L’étude révèle la tendance baissière significative de la publication des appels d’offres, en relevant que l’impact négatif est manifeste depuis le déclenchement de l’urgence sanitaire, c’est-à-dire à partir de la mi-mars 2020. Néanmoins, la baisse de publication des appels d’offres n’a été clairement observée au niveau de toutes les branches d’activités qu’à partir du 15 avril.
Les rédacteurs de l’étude expliquent que l’état d’urgence sanitaire et du confinement ont engendré une crise économique sans précédent dans plus de la moitié des pays de la planète. Ce qui s’est traduit par l’arrêt quasi total de la vie de l’entreprise toutes branches confondues. Pour approcher l’impact de la situation sur la dynamique économique globale, Sodipress.com, portail web de référence spécialisé dans la publication des appels d’offres publics et privés, et W-Adviser, cabinet d’études marketing, se sont associés pour analyser les tendances générales de publications des appels d’offres en situation de crise et, en conséquence, anticiper l’évolution qui devrait marquer l’après-confinement en phase de retour à la vie normale.
Il a été constaté que l’impact est différent selon les secteurs et les pays. Il reste néanmoins que son impact global a été senti comme une onde de choc ayant produit un sentiment partagé par tous : l’arrêt de la dynamique d’ensemble qui anime le tissu productif à l’échelle mondiale et, par conséquent, au Maroc. Pour les analystes du portail spécialisé, la tendance varie d’une région à l’autre, sachant que, globalement, la tendance est marquée par une reprise timide sur l’ensemble du territoire national à partir du mois de mai.
Ainsi, la région du Sud est caractérisée par une reprise dynamique renouant avec la situation de l’avant-crise-Covid-19. Les autres régions se sont cantonnées dans une tranche se situant entre 60 à 75% pour la même période. Grosso modo, les publications mensuelles présagent d’une reprise totale en juin 2020.
Les initiateurs de l’étudePar secteur, l’étude conclut que les BTP et le secteur des Etudes&Conseil, enregistrent le plus fort recul, alors que les secteurs les moins impactés sont l’informatique, télécommunications, électrique, électronique et bureautique (-27%) et l’agriculture (-23%). Il ressort de ce comparatif que la tenue de l’offre devrait bénéficier d’une stabilisation à partir du mois de juin.
La troisième tendance qui se profile est que la reprise progressive devrait se confirmer dans les 30 jours pour l’ensemble de ces secteurs. La période allant du 15 mai au 15 juin donnerait plus d’indication sur l’étendue de la reprise et de la stabilisation de l’activité.
A en croire les rédacteurs de l’étude, l’analyse confirme que la commande publique restera le levier dominant impactant la reprise, ce qui préfigurerait la maîtrise de la crise sanitaire et, de ce fait, la relance économique du pays. Il est, en conséquence, attendu que les entreprises scruteront la publication des appels d’offres publics, facteur déterminant dans le processus de redémarrage de leurs activités.
A cet égard, il est utile de rappeler que l’accélération de la réforme de la commande publique, dans toutes ses dimensions (Cadre réglementaire, manuels de procédures, formation des acheteurs et soumissionnaires, amélioration drastique des délais de paiement, digitalisation des processus et mise en place de Helpdesk pour les différentes parties prenantes) est de nature à relancer qualitativement l’essor de l’économie nationale de l’après-crise.
Le prochain challenge résidera dans l’adoption des décrets d’application de la loi sur les PPP (Partenariat public-privé) permettant ainsi une forte adhésion des entreprises privées marocaines, toutes tailles confondues, aux projets d’investissement indispensables au développement économique et social de toutes les régions du Royaume.
Pour mener cette étude de manière représentative sur le comportement des acteurs au Maroc, une évaluation fondée sur un benchmarking des donnés a été réalisée sur une période de 12 mois, appuyée par un comparatif interactif des résultats hebdomadaires de Sodipress.com et d’autres sources, ce qui a permis de croiser les données recueillies par secteur et par région. L’étude prend comme période d’analyse l’intervalle du 15 février au 31 mai.