Un taux de créances en souffrance de 13% chez les entrepreneurs individuels

Le taux de créances en souffrance est de 6.7% chez les particuliers et de moins de 5% pour tout le secteur. 45 milliards de DH d’encours de crédits chez les entrepreneurs individuels, dont 60% pour des promoteurs immobiliers.

Que la croissance des crédits ralentisse et que les créances en souffrance augmentent, il s’agit là d’une tendance qui perdure au niveau du secteur bancaire depuis plusieurs mois déjà. Mais quelles sont les catégories d’acteurs qui accusent le plus le coup dans cette conjoncture ? Depuis mai 2010, Bank Al-Maghrib (BAM) a affiné ses statistiques publiques sur les crédits en affichant, non plus seulement un classement par objet (crédits immobiliers, à la consommation…), mais aussi par secteur économique (secteur privé, public…), ce qui permet de répondre à cette question.
Dans les grandes lignes, il en ressort que sur un encours de financements bancaires approchant 668 milliards de DH à fin septembre 2011, 550 milliards de dirhams, soit une part de 82%, revient au secteur privé. Ce dernier total se répartit à son tour à hauteur de 320 milliards (58%) pour les sociétés commerciales et civiles, le reliquat revenant aux particuliers et MRE ainsi qu’aux entreprises individuelles. Et ce sont ces derniers acteurs, correspondant selon la définition de BAM aux artisans, commerçants et membres de professions libérales, qui attirent d’emblée l’attention.

Une baisse de 10% de l’encours à fin août !

Précisons d’abord que les entreprises individuelles cumulent, entre les crédits à l’équipement, les prêts de trésorerie, à la consommation et aux activités de promotion immobilière, quelque 45 milliards de DH d’encours de crédits à fin septembre 2011. Dans ce total, les crédits aux promoteurs immobiliers se taillent la part du lion avec un poids de 27,3 milliards de DH, soit plus de 60%. Cela dit, l’encours des crédits des entreprises individuelles reste volatile et n’évolue pas dans la même tendance que l’encours global du secteur bancaire. A fin août, il était en baisse de 10% sur un an contre une hausse de 7,6% pour l’ensemble des crédits. A fin septembre, en raison d’un effet de base positif, l’évolution des crédits aux entrepreneurs individuels ressort à +4,5% sur un an, mais celle-ci demeure inférieure à la progression du secteur qui s’élève, elle, à 7,7%. Les banques auraient-elles réduit leur exposition sur cette catégorie de clients ?
En tout cas, une telle décision serait légitime au vu du taux des créances en souffrance chez les entrepreneurs individuels. Sur les 45 milliards de DH d’encours que ces derniers totalisent, 5,8 milliards étaient en souffrance à fin septembre, soit un taux de 13%. Chez les particuliers et les MRE, ce taux ne dépasse pas 6,7%, alors qu’au niveau de l’ensemble du secteur, il se limite à moins de 5%.