Un taux de bancarisation de 62% en 2013

Une étude réalisée par le cabinet Sia conseil sur l’évolution du système bancaire pour les 5 prochaines années
Un réseau de 7 400 agences bancaires en 2013 !
Le revenu national brut additionnel serait
de 8 milliards de DH d’ici cinq ans.

Une vision très optimiste. C’est ce qui se dégage de l’étude sur le niveau de bancarisation au Maroc, réalisée par le cabinet français  Sia conseil. Selon ce cabinet, le taux de bancarisation devrait atteindre 54 % à l’horizon 2 013, si l’on tient compte de la tendance actuelle. A cette échéance, il est attendu 6 000 guichets bancaires, soit un pour 5 400 habitants.
Cette conclusion s’appuie sur les chiffres officiels recueillis dans le secteur. Les consultants relèvent que le taux de bancarisation croît fortement et de manière continue. Il a atteint 40% (banques et comptes CCP et Caisse d’épargne nationale ouverts chez Barid Al Maghrib) en 2007 contre 34 % trois ans plus tôt. Le nombre de guichets bancaires totalisait 2 748 en 2007, soit un pour 6 700 habitants au lieu de un pour 7 300, au cours de l’année précédente.
Pour Sia conseil, le potentiel de croissance est significatif. Il est fait remarquer à cet égard que le conseil pour la recherche en relations internationales, basé à New Delhi et qui a élaboré un indice composite (Index de l’inclusion financière) pour mesurer le niveau de bancarisation dans un pays, a classé le Maroc 37e sur 100 et 1er sur le continent africain. Pas mal, surtout si l’on se place devant l’Afrique du sud, le Koweit, l’Egypte, le Brésil ou le Chili supposés plus en avance sur le plan économique. Toujours est-il que le Maroc reste dans la catégorie des pays à faible taux d’inclusion financière.

Encore des pesanteurs à surmonter
Plusieurs pesanteurs expliquent cet état. Le cabinet cite l’importance du secteur informel, le développement économique régional déséquilibré, la réticence à accepter les moyens de paiement scripturaux et les difficultés à accéder aux services financiers, facteur lié en partie à la faiblesse du taux d’alphabétisation. Mais compte tenu du programme de développement ambitieux annoncé par les différents établissements de la place (1 200 agences pour Attijariwafa bank en 2012, 1 000 pour le Groupe Banques populaires en 2010, 70 ouvertures par an pour BMCE Bank…), il parie sur un taux de bancarisation de 62 % à l’horizon 2013, soit 8 points de plus que le taux basé sur le scénario tendanciel. La densité serait alors d’une agence (7 400 au total) pour 4 400 habitants, dans l’hypothèse d’une croissance de la population de 300 000 personnes/an (selon les projections du HCP). L’élargissement du réseau entraînerait une hausse du produit national brut (PNB) de 1%, soit un revenu national brut additionnel de 8 milliards de DH par an à partir de 2013.
Il y a tout de même des préalables : l’offre des banques doit être renforcée et diversifiée, la compétence des ressources humaines développée, la distribution optimisée, la rentabilité du réseau améliorée…