Un schéma national des routes pour bientôt

Une étude destinée à  identifier les options et les modalités opérationnelles de développement du réseau routier et autoroutier à  moyen et long termes sera lancée dans le semaines à  venir. Pour relever les défis qui découlent de la gestion de ces infrastructures, l’Etat explore de nouvelles pistes de financement.

Les études stratégiques s’enclenchent au ministère de l’équipement et des transports. Après le transport aérien domestique, les nouveaux ports, la stratégie maritime…, une étude destinée à préparer un Schéma national des infrastructures routières (SNIR) à l’horizon 2035 sera lancée dans les semaines à venir. Selon le département de Aziz Rabbah, ce schéma est un prolongement du plan routier 2035 qui fixe les grandes lignes des besoins en infrastructures routières pour les deux prochaines décennies, récemment établi par la direction des routes. L’étude permet donc de fournir aux équipes du ministère un document de référence qui définit les scénarios, les options et les modalités opérationnelles de développement du réseau routier et autoroutier à moyen et long termes. Actuellement, le réseau routier est constitué de plus de 51 000 km de routes classées, dont 41 431 km de routes revêtues et 727 km de voies expresses. Le réseau autoroutier s’étend pour sa part sur plus de 1 500 km. Malgré ces chiffres plutôt encourageants et les progrès réalisés, de l’avis même du ministère, le réseau routier continue de souffrir de fragilités et discontinuités. Celles-ci concernent à la fois sa capacité, mais aussi le niveau de service, d’équipements et de couverture territoriale.

Les ambitions de l’Etat se heurtent aux contraintes budgétaires

Le retard en matière de développement du réseau s’explique en grande partie par les contraintes budgétaires. Ce n’est un secret pour personne que le secteur des infrastructures est l’un des domaines publics les plus budgétivores. Or, dans le contexte actuel, l’Etat se retrouve dans l’incapacité d’atteindre ses objectifs en matière de développement du réseau, que ce soit en termes d’extension ou de modernisation. Rappelons à ce titre que le ministre de l’équipement et des transports est souvent interpellé au Parlement par des députés qui estiment que leurs régions ne bénéficient pas des investissements publics en matière de routes. A cette critique, la réponse de la tutelle est on ne peut plus claire : face aux contraintes budgétaires actuelles, il est inévitable de recourir à des arbitrages en matière de programmation des nouveaux investissements en privilégiant les régions où le besoin est le plus pressant. Or, cette démarche ne manque pas de créer des disparités entre les régions, sachant que le développement des connexions routières est aujourd’hui un facteur essentiel de développement socio-économique de toute région.
Face à ce constat, le département de Aziz Rabbah veut également explorer de nouvelles pistes dans l’organisation et le financement des infrastructures routières. C’est dans ce contexte que devrait intervenir, en parallèle à l’étude sur le SNIR, une deuxième étude visant, entre autres objectifs, l’identification des sources de financements possibles et la prospection de nouveaux montages financiers des projets d’infrastructures routières. A ce niveau, la tutelle n’exclut pas la possibilité de retenir des montages où le financement est privé, ni d’ailleurs de sources étrangères. Toutefois, il est bien clair que, dans ce cas là, l’enjeu sera de trouver le moyen d’intéresser ces bailleurs de fonds, sachant que les infrastructures routières sont avant tout un investissement d’utilité publique, et que sa rentabilisation (comme c’est le-cas pour les autoroutes par exemple) nécessite plusieurs décennies d’exploitation.

Anticiper les besoins futurs liés aux différentes stratégies sectorielles

En attendant de voir les solutions éventuelles que relèvera l’étude, il faut aussi souligner que les défis auxquels fait face le ministère dans le cadre de sa gestion du dossier des infrastructures routières va au-delà de l’aspect budgétaire. D’abord, il y a la question du besoin croissant. Le développement récent de la société marocaine, démographiquement, culturellement et économiquement, a créé un besoin plus important dans ce domaine, à la fois au niveau des infrastructures elles-mêmes et des services routiers. Ces besoins devraient s’accroître considérablement les prochaines années, avec les retombées de différentes stratégies sectorielles (Vision 2020 du tourisme, la stratégie logistique, le Plan Maroc Vert…) qui devraient se traduire par une augmentation des déplacements. L’objectif est donc d’anticiper les besoins futurs dans ce sens, de manière à ce que le SNIR ne soit pas dépassé en cours de route, surtout que sa mise en œuvre s’étalera sur une très longue durée.

Enfin, les ambitions du Maroc en matière de lutte contre les accidents de la route sera également un des déterminants majeurs de la nouvelle stratégie. D’ailleurs, le ministère insiste sur le fait que l’étude relative à l’élaboration du SNIR va accorder beaucoup d’importance à la sécurité routière. Pour rappel, ce volet draine désormais des investissements publics de plus en plus importants. Si, autrefois, ces investissements se limitaient à des actions de sensibilisation, désormais le ministère de tutelle veille également à l’équipement du réseau de nouveaux outils permettant de lutter contre les accidents, à l’instar des bandes d’alerte qui permettent d’éviter la somnolence au volant.