Un partenariat public-privé pour la gestion du SAMU à Casablanca

La gestion du service est confiée à un groupement composé de Saham Assistance, Wafa IMA Assistance, Maroc Assistance et Axa Assistance. Le montant du financement est de 425 MDH pour une durée de 5 ans. Un effectif de 192 personnes sera constitué pour assurer le service.

Le Service d’assistance médicale d’urgence (SAMU) à Casablanca sera géré sous la forme d’un partenariat public-privé. Une convention a été signée en octobre 2015 par le Conseil de la ville de Casablanca et un groupement composé de quatre sociétés d’assistance, en l’occurrence Saham Assistance, Wafa IMA Assistance, Maroc Assistance et Axa assistance. Lequel groupement a remporté l’appel d’offres lancé en juillet dernier. «Vu l’importance du marché, les quatre compagnies ont décidé de s’associer dans un groupement», explique un haut cadre de l’une des sociétés d’assistance.

Le démarrage effectif de ce service est prévu courant avril. «Nous attendons uniquement que le budget de l’année 2016 de la Région de Casablanca-Settat et celui du Conseil de la ville soient débloqués en mars pour qu’on puisse verser les premières redevances aux gestionnaires», confie un responsable du Conseil de la ville. Le financement s’élève à 425 MDH pour une durée de 5 ans (2016-2021). Les fonds seront apportés par la Région de Casablanca-Settat (200 MDH), le ministère des finances (100 MDH) et le ministère de l’intérieur (100 MDH). La contribution de la Commune urbaine de Casablanca sera à hauteur de 5MDH par an, soit un total de 25 millions pour toute la durée de la convention.

Pour assurer le service d’assistance médicale d’urgence, le groupement se servira de la plate-forme téléphonique de régulation médicale mise en place par le ministère de la santé dans la ville de Casablanca. En revanche, il investira dans un réseau de huit bases où seront installées les équipes et les 16 ambulances médicalisées prévues dans le contrat. Pour assurer ce service, 192 personnes seront recrutées. Composé de 64 médecins, 64 infirmiers et 64 techniciens ambulanciers, ce personnel médical sera réparti sur 16 équipes qui assureront la permanence 24h/24 et 7j/7.

Le service sera généralisé à toute la région

La ville d’El Jadida a été la première à avoir lancé le SAMU en partenariat public-privé et cela en s’associant avec le groupe Saham Assistance en 2014. Le Conseil de la ville de Casablanca a décidé donc de lui emboîter le pas pour offrir aux habitants de la métropole un service d’assistance médicale d’urgence gratuit et de qualité. «A Casablanca, le service du transport ambulancier ne répond pas aux normes médicales. Le nombre des ambulances reste également très insuffisant car cela fait plus d’une dizaine d’années que la ville ne délivre plus d’autorisation de transport médical d’urgence», constate le responsable du Conseil de la ville. Et d’ajouter : «Cette initiative a pour objectif d’améliorer le service de transport sanitaire et le rendre plus accessible, notamment grâce à la gratuité».

Concrètement, pour bénéficier du service du SAMU, les patients peuvent appeler le Centre de régulation médicale au numéro 141. L’appel sera réceptionné par un permanencier auxiliaire qui note les coordonnées du patient avant de transférer l’appel au médecin régulateur. Ce dernier posera quelques questions afin de déterminer le degré d’urgence et de gravité de la situation médicale. «Sur la base de son jugement, l’intervention pourrait donc aller d’un simple conseil par téléphone à l’envoi d’un véhicule médical qui transportera le patient au centre hospitalier spécialisé le plus proche ou dans une clinique (si le patient le souhaite). Le médecin régulateur contacte ensuite l’établissement de réception pour que ses équipes se préparent à accueillir le patient», explique le responsable. L’opération de transport et les premiers soins d’urgence sont totalement gratuits. En revanche, les soins dispensés par l’hôpital sont à la charge du patient.

Après le démarrage du service du SAMU au niveau de la ville de Casablanca, il est prévu de l’étendre aux autres provinces de la région de Casablanca-Settat, à savoir Mohammédia, Settat, Nouacer, Médiouna, Benslimane, Sidi-Bennour et Berrechid. Cependant, cette deuxième étape dépendra de la réussite ou non de l’expérience de Casablanca. Certains élus de la ville jugent que la somme qui sera investie est trop élevée et font tout pour bloquer le projet.