Un opérateur du Moyen-Orient veut investir dans le recyclage des huiles usagées

Le dossier est à  l’étude au CRI d’El Jadida. Une usine dont la capacité de traitement sera de 30 000 tonnes par an sera construite à  Jorf Lasfar.

S’il y a une activité qui va prendre de l’ampleur au Maroc, c’est bien celle du recyclage industriel des huiles usagées de toutes origines, par le biais de procédés technologiques adaptés. Certes, il existe des unités de petites tailles ici et là, mais avec la décision des pouvoirs publics de réglementer cette activité (un projet de loi a été adopté en juillet dernier en conseil de gouvernement), l’activité ne manquera pas d’attirer de plus gros investisseurs. Justement, un opérateur du Moyen-Orient a décidé de miser 2 millions de dollars (16 MDH) dans une grande unité à Jorf Lasfar (le choix du site n’est pas fortuit).
La société dont le dossier d’investissement est à l’étude au Centre régional d’investissement d’El Jadida vise les grandes entreprises nationales consommatrices d’huiles et d’autres lubrifiants, notamment dans le domaine du transport, mais aussi les stations-service à travers le Royaume. Ce qui devrait permettre de fournir à l’usine de traitement un volume d’huiles usagées suffisant pour que l’unité puisse tourner à plein régime, c’est-à-dire avec une capacité de production de 30 000 tonnes d’huiles par an prévue dans un premier temps. Les promoteurs du projet, qui se prévalent d’un savoir-faire dans cette activité, ont déjà noué des partenariats dans différentes régions, et affirment même vouloir exporter une grande partie, sinon la totalité, de la production vers les pays d’Afrique et du Moyen-Orient .

Seulement 10% de l’huile usagée sont aujourd’hui recyclés

Le potentiel d’intrants est volumineux. Sur 90 000 à 100 000 tonnes d’huiles usagées produites chaque année dans le pays, seulement 10% sont recyclés. Le reste, au moins 80 000 tonnes, est, soit rejeté dans la nature, soit il emprunte des chemins inconnus dans des conditions de stockage et d’utilisation artisanale aux conséquences souvent catastrophiques sur l’environnement. Parmi les deux grandes catégories d’huiles usagées répertoriées, les huiles dites noires, qui comprennent les huiles moteur et certaines huiles industrielles comme celles de trempe, de laminage, de tréfilage et celles destinées à l’usinage des métaux, sont les plus nuisibles. La seconde catégorie est constituée des huiles claires qui proviennent des transformateurs, des circuits hydrauliques et des turbines. Mais toutes produisent des dégâts sur l’écosystème.