Un nouveau statut pour les chambres d’agriculture

Les associations professionnelles pourraient devenir membres associés des chambres d’agriculture.
Les chambres seront consultées pour certains projets d’aménagement.

Désormais, les chambres professionnelles ne constitueront plus seulement un tremplin pour les notables désirant accéder à la deuxième chambre du Parlement (voir La Vie éco du 25 juillet 2003) ; l’objectif est de les impliquer davantage dans le développement des secteurs qu’elles représentent. La commission interministérielle chargée de réfléchir sur la question a ainsi défini un cadre unique, laissant aux départements de tutelle le soin de l’adapter aux spécificités de chaque secteur.
Pour l’agriculture, le texte est déjà déposé au SGG (Secrétariat général du gouvernement). Dans ses grandes lignes, il stipule l’amélioration de la représentativité des chambres d’agriculture, en offrant la possibilité aux associations professionnelles d’en être membres associés. Ceci, parce qu’il a été constaté par le passé que les chambres d’agriculture se retrouvaient parfois éloignées des préoccupations majeures du secteur.

Le mandat des bureaux devrait passer de 3 à 6 ans
Les ressources financières seront aussi améliorées. Jusque-là, elles ne fonctionnent que grâce aux faibles subventions de l’Etat. Pour le dernier exercice, les 37 chambres et leur fédération se sont partagé environ 17 MDH, soit en moyenne un peu moins de 450 000 DH/an et par organisme. Un budget qui ne sert qu’à couvrir la masse salariale des employés. Pour y remédier, le nouveau statut stipule que les chambres bénéficieront d’un budget prélevé annuellement sur le Fonds de développement agricole, réservé jusqu’à présent aux subventions et autres primes à l’investissement pour les agriculteurs. Elles pourraient aussi être autorisées à facturer des services rendus aux agriculteurs, groupements, projets de développement, voire pouvoirs publics.
Les chambres seront aussi associées à l’évolution de leur environnement et devront être consultées, notamment lors de l’élaboration de l’aménagement de zones urbaines et la création de zones industrielles. Ce point est sensible du fait que des terrains à vocation agricole sont souvent intégrés dans les zones urbaines. Les représentants des chambres et de leur fédération avaient d’ailleurs insisté sur ce point et sur la durée du mandat des bureaux des chambres que le texte portera de 3 à 6 ans.
Ces aménagements sont importants. Reste qu’elles «n’ont encore ni règlement intérieur ni organigramme», constate Mohamed El Gourch, directeur de la Fédération des chambres d’agriculture. Il semble que les ministères concernés sont en train d’étudier la question. Mais il leur faudra aussi réfléchir aux moyens de doter ces structures de ressources humaines compétentes. El Mehdi Athmoun, président de la fédération, attire l’attention des pouvoirs publics sur ce point qu’il juge déterminant pour l’amélioration du rendement des chambres.