Un nouveau plan de soutien en préparation pour les consortiums d’exportation

Le montant de l’aide à  la promotion sera considérablement augmenté. Elle était de 700 000 DH depuis 2006.

Les conditions d’éligibilité seront plus rigoureuses. Les consortiums devront présenter des business-plans.
Les exportateurs souhaitent pour les consortiums un traitement particulier en matière de fiscalité et de change.

Opérateurs privés et pouvoirs publics en sont convaincus : les consortiums d’exportation représentent aujourd’hui un outil primordial pour se positionner sur les marchés étrangers en cette période de crise. Permettant aux exportateurs de promouvoir leurs produits à l’international, ces structures nécessitent d’importants moyens financiers, que le gouvernement, en particulier le ministère du commerce extérieur, compte mettre à leur disposition. Un projet est actuellement en discussion et une réunion est même prévue dans les tout prochains jours afin de valider le schéma de soutien aux consortiums d’exportation, selon une source proche du dossier. Le ministère de Abdellatif Mâazouz entend en effet mettre en place, en collaboration avec le secteur privé, qu’il a invité à faire des propositions dans ce sens, des mesures et mécanismes d’appui, notamment d’ordre financier, pour permettre ainsi à ces groupements économiques d’assurer la promotion de leurs produits.
Il importe de rappeler qu’en 2006 une convention de partenariat portant sur la mise en place des mécanismes d’assistance technique et la promotion de l’activité des consortiums avait été signée, entre l’Association marocaine des exportateurs (Asmex) et le ministère du commerce extérieur. Un fonds de 10 MDH avait alors été mis en place pour un soutien annuel des consortiums. Chaque consortium créé bénéficiait d’une dotation de 700 000 DH sur trois ans. Durant la première année, la dotation couvrait 75% des dépenses allouées à la promotion, et pour, les deux années suivantes, la couverture se situait à hauteur de 60% puis 50%.

15 consortiums, déjà juridiquement constitués, profiteront des mesures d’appui en projet

Avec la mise en œuvre du plan de soutien en projet, ce schéma sera réaménagé. Le montant de l’aide sera plus élevé. Les ressources seront prélevées sur une enveloppe de 250 MDH destinée à la promotion à l’international. Dès la fin du mois de janvier, les aides seront versées aux consortiums car, explique une source au ministère du commerce extérieur, «l’objectif est d’accompagner les exportateurs durant une année qui risque, faute de visibilité, d’être difficile».
Toutefois, les conditions d’éligibilité seront désormais plus rigoureuses. Jusque-là, deux critères sont fixés pour bénéficier des aides : l’existence juridique du consortium et l’adaptation de son activité à la stratégie de promotion définie par l’Asmex en 2005. Cette stratégie, rappelons-le, a défini les zones d’exportation ainsi que les produits marocains à promouvoir.
En sus de ces deux critères, les consortiums devront également présenter un business-plan et un plan d’action précis, indique-t-on.
Aujourd’hui, on compte 24 consortiums d’exportation dans 11 secteurs industriels différents, dont le textile-habillement, l’agro-alimentaire, le cuir, les matériaux de construction, la mécatronique, le tourisme ou encore l’électricité. Ces consortiums sont implantés à Casablanca, Marrakech, Fès, Rabat, Mohammédia, Essaouira et Agadir. Une quinzaine d’entre eux, ceux juridiquement constitués, pourront donc bénéficier dans l’immédiat du plan de soutien.
Selon les membres d’un consortium opérant dans le textile, la hausse de la dotation s’imposait car elle doit couvrir les dépenses de promotion mais aussi aider le groupement à se structurer en lui donnant les moyens de recruter des compétences pointues, notamment des experts, pour les cellules de veille et la diversification des produits et des zones géographiques d’export, mais aussi des stylistes pour développer la créativité des entreprises.
Bref, le plan de soutien est un grand pas pour l’encouragement et l’accompagnement des entreprises exportatrices. Toutefois, les opérateurs soulignent qu’il doit aussi garantir aux consortiums un statut particulier au niveau de la législation des changes, du traitement fiscal ainsi qu’en matière d’assurance à l’exportation.