Un ménage dépense en moyenne 4 450 dirhams durant le Ramadan

La dépense alimentaire se taille la part du lion avec 2 113 dirhams.
Lait, œufs, viandes, poissons et légumes secs connaissent une forte augmentation.
La pauvreté alimentaire est pratiquement éradiquée.

Combien dépense un ménage au cours du mois de Ramadan ? Quels sont les produits les plus consommés durant cette période ? La question mérite d’être posée, au regard de la frénésie de consommation qui s’empare des Marocains. Une étude sur la question, qui vient d’être élaborée par le Haut commissariat au plan, confirme la croissance de la consommation. Donnée intéressante, cette enquête évalue aussi la dépense par ménage et annonce un recul du taux de pauvreté par rapport au reste de l’année.
Ramadan engendre donc une hausse significative des dépenses totales des ménages. De 4 080 dirhams en temps normal, elles passent à 4 451 dirhams pendant le mois sacré. L’augmentation est en moyenne de 9,1% par rapport aux autres mois de l’année. Dans les villes, la hausse est de 5,1 % alors qu’en milieu rural et au sein des ménages pauvres l’augmentation est plus prononcée puisque son taux s’élève respectivement à 14,6 % et 16,1 %.

Les budgets habitat, transport et communication baissent
La répartition de la dépense globale fait ressortir – et ce n’est pas une surprise – une prédominance des dépenses alimentaires. Leur part dans les dépenses globales est de l’ordre de 47,5 % contre 40,5 % pour le reste de l’année. Un ménage moyen consomme 2 113 DH en produits alimentaires contre 1 651 DH par mois pour le reste de l’année, soit une hausse de 28,0 %. La variation est de 28,5 % en milieu urbain et de 24,3 % dans les campagnes. Pour les ménages pauvres, le budget alimentaire progresse de 24,0 %, contre 15,8 % pour les ménages vulnérables et de 17,9 % pour les 20 % de ménages les plus aisés . L’importance de la dépense alimentaire s’accompagne d’une restriction (ou report) des postes de consommation non alimentaire, notamment l’habitat, le transport et communication, les loisirs et culture.
En revanche, d’autres budgets comme les équipements ménagers ainsi que l’hygiène et les soins de santé sont révisés à la hausse.
Corrélativement à l’augmentation des charges, le Ramadan modifie la structure du budget alimentaire et les quantités acquises en divers produits alimentaires.
Produits laitiers, œufs, viandes, poisson et légumes secs connaissent une forte consommation au cours de cette période. Selon l’étude du Haut commissariat au plan, un ménage consomme 21,6 litres de lait pendant le Ramadan contre une moyenne mensuelle de 15,8 litres pour le reste de l’année (une hausse de 36% !). Même tendance pour les œufs, dont la consommation passe de 31 à 47 unités. La consommation de viandes atteint, elle, 13 kg par ménage au lieu de 10 durant un mois normal, celle de poisson passe de 4,4 à 5,7 kg.
Pour les besoins de la harira, la consommation en légumes secs passe de 10,1 à 13,2 kg par ménage. Les fruits frais ( utilisés pour les jus) sont aussi davantage demandés puisque les quantités achetées passent de 18,9 à 24,5 kilos. Quant aux épices et condiments, ils connaissent aussi une variation de 6,2 à 8,9 kilos.

La part des repas et boissons pris à l’extérieur passe de 4,9% à 1,9% du budget
Par ailleurs, l’enquête révèle que les quantités consommées de légumes frais, de sucre et produits sucrés ainsi que de beurre et d’huile enregistrent une petite augmentation. On retiendra que la consommation de sucre et produits sucrés passe de 12,3 à 12,5 kg alors que pour le beurre on passe de 9,6 à 10,8 kilos.
Autre conclusion intéressante de l’étude : la part dans le budget alimentaire des repas et boissons pris à l’extérieur passe de 4,9 % à 1,9 % pendant le Ramadan.
Enfin, il faut souligner que l’amélioration quantitative et qualitative de la consommation alimentaire entraîne un recul de la pauvreté au cours du mois sacré. Selon l’étude, Ramadan est le mois où la pauvreté et la vulnérabilité sont à leur minimum. Un ménage moyen (5,6 membres dans les villes et 6,4 en rural) est dit pauvre lorsque sa dépense mensuelle est inférieure à 1 701 DH en milieu urbain et à 1 735 DH dans les campagnes. Il est dit vulnérable lorsque sa dépense est inférieure à 1,5 fois le seuil de pauvreté.
Partant de cette approche, la pauvreté, à l’échelle nationale, est réduite à 9,3 % contre 14,1 % pendant le Ramadan. Le taux de vulnérabilité passe de 36,1 à 26,9 % pour cette même période. La pauvreté alimentaire est, selon le Haut commissariat au plan, pratiquement éradiquée durant le Ramadan

On consomme 2 113 DH en produits alimentaires contre 1 651 DH par mois pour le reste de l’année, soit une hausse de 28,0 %.
La variation est de 28,5 % en milieu urbain et de 24,3 % dans les campagnes.