Un fonds d’investissement hôtelier de 2,5 milliards de DH a été créé

Il sera alimenté par Attijariwafa, BCP, la CDG et l’Etat
BMCE Bank, elle, entend créer son propre fonds.

Les opérateurs du secteur touristique, de même que les décideurs publics chargés du domaine, ne sont pas sortis les mains vides des Assises internationales du tourisme tenues à Tanger les 31 mars et 1er avril. A l’initiative d’Attijariwafa bank et de la BCP, un fonds d’investissement hôtelier et touristique, qui a aussi reçu l’adhésion d’autres institutionnels, sera créé. D’emblée, Khalid Oudghiri, DG d’Attijariwafa bank, a annoncé une contribution minimale de 500 MDH. Un montant identique est attendu de la BCP et de la CDG (Caisse de dépôt et de gestion). La CIMR a aussi émis le souhait de s’engager à hauteur du même montant à condition, entre autres, que l’Etat s’implique dans ce fonds, dans la mesure où la gestion de l’argent des retraites suppose une certaine prudence dans les placements. Qu’à cela ne tienne, devait rétorquer, le ministre du Tourisme, Adil Douiri, le gouvernement est partie prenante dans la constitution de ce fonds, directement ou indirectement, et l’alimentera à hauteur de 20 % à 25 % de l’apport global des participants. Tout compte fait, le fonds se verrait doter, avant la fin de l’année en cours, d’un minimum de 2,5 milliards de DH, montant auquel il faut ajouter au moins l’équivalent en crédits bancaires pour la construction hôtelière.

Attijariwafa bank annonce avoir prêté 1,6 milliard de DH au secteur hôtelier
La Vie éco a appris par ailleurs que BMCE Bank est en train de constituer un autre fonds destiné à l’investissement touristique. Selon des sources bien informées, il verra le jour avant la fin de l’année en cours. Le tour de table n’est pas encore constitué. Mais on indique que la banque est en discussion avec des investisseurs étrangers, notamment européens, américains et des pays arabes.

De son côté, la Société Générale ne semble pas intéressée par le créneau des investissements touristiques et hôteliers comme nous l’a confirmé son DG, Mohammed Ali Ababou. En revanche, quand bien même elle n’a pas souscrit à ce nouveau fonds, «la BMCI est résolument engagée sur le créneau de l’investissement touristique et hôtelier avec des lignes de crédits spécifiques», fait remarquer un responsable de cette banque, qui souligne en outre l’importance des fonds propres pour la stimulation des investissements hôteliers. Sans doute pour signifier aux opérateurs qu’ils doivent faire des efforts dans ce sens.

Dans tous les cas, on serait tenté de s’interroger sur les raisons de la création d’un fonds ou des fonds d’investissement dédiés au secteur hôtelier, alors que, déjà, lors des assises précédentes à Ouarzazate, les banques s’étaient engagées à accorder aux hôteliers des crédits à un taux préférentiel de 7%, un taux qui a même été tiré vers le bas par le marché. Cet engagement des banques a été un franc succès aux dires même de Khalid Oudghiri qui annonce pour sa banque un montant de crédit global pour le secteur hôtelier de 1,6 milliard de DH, tout en soulignant que les autres banques ont dû réaliser des performances du même ordre.

A quoi sert-il d’aménager des stations si les terrains hôteliers n’y trouvent pas preneur ?
L’autre réponse, c’est Adil Douiri, ministre du Tourisme, qui la donne : le rythme annuel moyen de construction de lits hôteliers, soit
15 000 lits, n’est pas encore atteint. En effet, en 2005, on a mis sur le marché tout juste 5 500 lits nouveaux, ce qui est insuffisant. Et avec la levée maintenant acquise du verrou de l’aérien, il est encore plus urgent de remédier à ce problème. Au crédit donc du ministre du Tourisme d’anticiper les problèmes qui peuvent freiner la bonne marche de la Vision 2010, et de répéter comme un leitmotiv que nous n’avons pas assez de propriétaires d’hôtels. En d’autres termes, à quoi cela sert-il d’aménager des stations si les terrains hôteliers dans ces stations ne trouvent pas preneur ? En effet, si l’on excepte le cas de Saidia, où la commercialisation des lots se déroule comme prévu, il semble qu’ailleurs ce ne soit pas le cas. Pourtant, ce n’est pas faute de ressources. L’argent existe sur le marché et l’on en veut pour preuve les fonds levés par le groupe Risma, filiale d’Accor. Le problème viendrait de la frilosité des privés, à quelques exceptions près, à investir dans les lits d’hôtels.

Or, et pour revenir à la libéralisation du ciel, rien qu’en 2006, ce sont 70 fréquences hebdomadaires supplémentaires qui sont attendues, soit 500 000 sièges supplémentaires et autant de touristes potentiels. Les destinations phare que sont Agadir et Marrakech risquent d’être saturées à certaines périodes, d’où l’urgence de mettre en valeur les autres sites et d’offrir des produits différents.
En tout cas, lors des assises, on aura tout tenté sur ce plan, y compris de faire se rencontrer, en marge des séances plénières, les différents maillons de la chaîne: aménageurs, gestionnaires et exploitants hôteliers et investisseurs… Mais la partie n’est pas encore gagnée

A peine 5 500 lits ont été créés en 2005 pour un objectif initial de 15 000.