Un fonds d’investissement de 200 millions de DH pour l’agro-industrie

Attijariwafa bank, Unigrains et la BEI
font partie du tour de table.
La prise de participation sera de 10 à  30 MDH par projet.

200 MDH. C’est le montant dont sera doté le fonds d’investissement dédié aux industries agroalimentaires lancé à  l’initiative d’Attijariwafa bank. Dans le tour de table de ce fonds, baptisé «Agram», on trouve évidemment des institutions financières marocaines et étrangères de renom, comme la Banque européenne d’investissement (BEI), le Crédit agricole (France), le Crédit agricole du Maroc et autres. Mais, on notera aussi et surtout la présence de la société financière française spécialisée Unigrains. Cette dernière est connue en France pour avoir apporté son concours à  plus de 300 entreprises agroindustrielles pour un montant investi de près de 300 millions d’euros, dont 134 millions apportés sous forme de participation au capital. Pour Unigrains, l’opération Agram est également une première puisqu’elle ne s’était jamais aventurée à  ce jour dans des activités hors de l’Hexagone.

Sont éligibles les projets dont le taux de rentabilité dépasse 20 %
Les responsables de cette entreprise, venus à  Casablanca assister au lancement du fonds, entendent apporter leur expertise aux entreprises marocaines. Car, comme l’expliquent aussi bien Khalid Oudghiri, président du conseil de surveillance d’Attijariwafa bank, qu’Henri De Benoist, président d’Unigrains, le plus important, en plus de l’apport financier, c’est surtout l’expertise, technique entre autres, dont pourront bénéficier les entreprises. Ainsi, quand le fonds Agram entrera dans le tour de table d’une entreprise d’agroalimentaire, ce n’est pas dans une perspective de faire un placement mais réellement d’accompagner le management à  tous les niveaux : expertise technique, conseil en ingénierie financière et en management, veille stratégique… D’ailleurs, les promoteurs du fonds expliquent que le retrait du tour de table n’est envisagé que dans un horizon de 5 à  7 ans, contrairement aux capital-risqueurs qui se retirent généralement au bout de trois ans seulement.

Mais le fonds Agram vise également haut en s’adressant d’entrée de jeu à  de gros projets. Ainsi, la mise minimale par projet est tout de même fixée à  10 MDH, mais ne dépassera pas les 30 millions. Les promoteurs d’Agram avouent également être soucieux de laisser aux entreprises partenaires pleins pouvoirs de gestion, même si leur participation peut atteindre 30% du capital. Cela dit, ils auront un droit de regard sur certains actes de gestion stratégique. Le critère le plus important demeure par contre le niveau de rentabilité du projet. Et à  ce niveau, seuls seront retenus les projets dont le taux de rentabilité interne (TRI) est supérieur à  20%. Trop élevé ? «Pas du tout», rétorquent les promoteurs d’Agram. Beaucoup d’entreprises agro-industrielles structurées peuvent présenter des projets aussi rentables. La preuve, alors qu’il n’en est encore qu’à  ses débuts, près d’une quinzaine de dossiers sont déjà  sur le bureau des analystes du fonds Agram.