Transport & logistique : Des milliers de postes à pourvoir

Près de 12 000 postes nets nouveaux chez les acteurs logistiques (hors emplois logistiques chez les clients) et environ 100 000 postes à l’accomplissement de la stratégie 15 ans plus tard. L’offre de formation est en accord avec les besoins du marché et en adéquation avec les stratégies entreprises.

Face aux enjeux d’une économie globalisée en constante évolution, l’un des grands défis à relever pour le développement de notre pays repose sur le renforcement de ses capacités logistiques. La consolidation d’une réelle compétitivité est indispensable vu l’impact de ce secteur sur la consécration du Maroc comme destination de choix pour les investissements créatifs d’emplois et de valeur ajoutée. L’enjeu est de taille, il s’agit d’améliorer la compétitivité des échanges commerciaux du pays, aussi bien intérieurs qu’extérieurs. A cet effet, la composante ressources humaines est l’une des principales clés de la réussite de l’évolution de la logistique au Maroc. De ce fait, il a été donc impératif de faire du chantier de la formation l’un des axes prioritaires de plusieurs stratégies pour mettre à niveau le secteur. Ces dernières ont pour objectif de répondre aux besoins logistiques des différentes stratégies sectorielles lancées ou en cours de mise en œuvre au niveau national (Plan Maroc Vert pour l’agriculture, Pacte national pour l’émergence industrielle, Plan Rawaj pour le commerce intérieur, Stratégie énergétique…). Toutes ces politiques posent la question de la dimension des compétences logistiques et de la mise à niveau des principaux acteurs du secteur. Des éléments de diagnostic ont montré un développement important de l’offre de la formation logistique durant les dernières années grâce aux efforts des opérateurs de formation publics et privés.

Pour suivre le développement de ce secteur, plusieurs établissements supérieurs, publics et privés, ont lancé des licences professionnelles ou des masters en logistique pour étoffer l’offre de formation, à l’image de celles offertes par l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT). Il compte à son actif plus de 40 ans d’existence, 341 établissements de formation à travers le Royaume (117 en 2002), ainsi que 300 métiers dont 103 formations qualifiantes. L’OFPPT s’est également distingué par son adaptation permanente aux besoins économiques : 168 filières en formation initiale, 17 filières bac professionnel et 103 formations qualifiantes. 19% de cette offre de formation est dédié au secteur transport et logistique. En effet, le secteur est dévoreur d’emplois: ce sont près de 12 000 postes nets nouveaux chez les acteurs logistiques (hors emplois logistiques chez les clients) et environ 100 000 à l’accomplissement de la stratégie 15 ans plus tard. Ce sont 3 écoles en logistique et transport qui ont été instituées à Fès, Mohammédia/Zénata et à Benguérir. En 2013, l’office avait inauguré à Taourirt l’Institut spécialisé dans les métiers du transport routier et de la logistique destinés à accompagner la région dans la réalisation de ces objectifs en termes de ressources humaines logistiques. D’ailleurs, on note une nette amélioration du nombre de lauréats insérés annuellement de 20000 en 2000 à plus de 80000 actuellement. Un taux d’insertion supérieur ou égal à 70 % pour tous les niveaux (technicien spécialisé, technicien, spécialisation…), avec 6 régions qui dépassent les 75%.

Une enquête de satisfaction, réalisée auprès des entreprises pour évaluer le rendement des dispositifs de formation mise en place par l’institut, a révélé des résultats très positifs. Que ce soit en termes de compétences des lauréats, d’intégration, de progression. Ils évoquent toutefois des lacunes en communication et langue française. A titre d’exemple, des compétences des lauréats de l’OFPPT, 95% des employés du secteur aéronautique sont issus de l’OFPPT.

Restructuration du système de formation dans la plupart de ces professions

Par ailleurs, l’augmentation des besoins de formation dans les domaines des transports, de la construction et des travaux publics au niveau local, régional et international par rapport aux offres de formation actuelles nécessite une restructuration du système de formation dans la plupart de ces professions. A titre d’exemple, le lancement d’un pôle régional de formation dans les domaines du transport aérien, de la navigation et de l’exploitation des aéroports et des domaines connexes qui s’ouvre aux pays africains. Les métiers de formation incluent les pilotes, les ingénieurs d’Etat, la licence professionnelle, le master…. En effet, l’industrie aéronautique ambitionne d’attirer 35000 jeunes et 200 entreprises à l’horizon 2020. Pour cela, les dispositifs de formation doivent être renforcés dans tous les domaines. Aujourd’hui le secteur aéronautique compte plus de 100 entreprises employant près de 11 500 jeunes. C’est dans ce cadre qu’a été créé l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA), vu l’importance clé que représente le secteur dans le Pacte national pour l’émergence industrielle.

Il s’agit d’un partenariat innovant conçu entre État et industriels et piloté par le Groupement des industriels marocains de l’aéronautique et du spatial (GIMAS), et a pour ambition d’être un centre de formation de haut niveau de qualité pour répondre aux différents besoins des industriels de l’aéronautique. Le plan d’accélération industriel, pour sa part, prévoit de doubler également le nombre de sociétés dans ce secteur en attirant davantage les PME qui constituent un vivier important de l’industrie aéronautique.  Cette deuxième phase consiste également à soutenir les porteurs de projet dans ce domaine, mais également les acteurs de la métallurgie. Cela demande des investissements dans des compétences, du savoir-faire et de l’innovation.  Face à la demande croissante du secteur, une extension de l’institut est prévue, dont les travaux s’achèveront en septembre, et qui permettra de former 1200 jeunes chaque année et 300 en formation continue. Aujourd’hui, une cinquantaine d’industriels comme Bombardier, Safran, Stelia mais aussi des PME passent par l’IMA pour former leurs jeunes.

D’un autre côté, un pôle régional de formation dans les domaines de chemins de fer a été prévu, notamment en partenariat avec la compagnie ferroviaire française (SNCF). Avec le succès de I’IMA, l’objectif était de calquer le même modèle pour l’industrie ferroviaire, et le dupliquer pour d’autres secteurs. Dans le cadre de la formation, des programmes ont été développés avec l’OFPPT, le ministère de l’éducation pour un budget total de 40 MDH et Maroc Export.

Aujourd’hui le matériel tracté est fabriqué localement, les câblages et les composants électroniques sont élaborés selon les normes internationales, ce qui permet de proposer une offre exportable. Par ailleurs, il existe un panel de fournisseurs locaux qui doit se mettre à niveau et normaliser ses produits. Ce qui manque à l’industrie ferroviaire, entre autres, c’est la motorisation, un volet qui sera  développé avec des acteurs comme Bombardier et Alstom. A terme, l’ambition pour cette industrie est de créer un train 100 % marocain ainsi que le développement des métiers ferroviaires à travers plusieurs actions, dont la participation à l’élaboration de la stratégie nationale dans le secteur ferroviaire, la contribution au développement des partenariats public-privé et le développement de la recherche et de l’innovation dans le secteur.