Tanger-Tétouan-Al Hoceima : Un bel avenir touristique se profile

Les plages couleur turquoise de la Méditerranée, des montagnes verdoyantes et un arrière pays riche en découvertes…, les atouts de la région sont à mettre en valeur.

Des espaces verts visibles depuis l’entrée de la ville, une corniche flambant neuve, la marina et le port de pêche bientôt opérationnels, une médina accueillante… La ville de Tanger abrite de vastes chantiers de réaménagement dont beaucoup touchent à leur fin. D’autres tels qu’une troisième trémie à l’entrée de la ville visant à désengorger la circulation sont en cours depuis début 2017.

Ainsi, la ville se prépare à bien accueillir les touristes marocains, étrangers et les MRE attendus en affluence pendant la saison estivale. Déjà, des Européens sont venus en grand nombre pendant ces vacances de Pâques et de semaine sainte à la recherche de lieux d’évasion, remplissant par la même occasion les hôtels 4 et 5* ou encore les maisons d’hôtes de la perle du détroit. Les connections aériennes aux principaux marchés émetteurs européens ainsi que les allers-retours des fast ferrys entre les ports de Tanger-ville et Algésiras (qui n’arrêtent pas) ont bien aidé à ramener des touristes principalement ibériques. «Nous avons remarqué un retour des touristes espagnols encouragés par la reprise économique», déclare Abdelghani Ragala, directeur du Conseil Régional du Tourisme (CRT) de Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Le CRT espère bien attirer plus de touristes espagnols en lançant avec les communes d’Andalousie et de la Costa Del Sol des produits combinant la visite du sud de l’Espagne et celle du nord du Maroc pendant un même séjour.

Boom du tourisme d’affaires

Pour le moment, le tourisme d’affaires est en plein boom. Des touristes chinois affluent en masse à Tanger. «Le tourisme d’affaires et le MICE nous permettent d’équilibrer les taux d’occupation de la ville et de combattre la saisonnalité de la destination», déclare M. Ragala. Le taux d’occupation moyen de la ville avoisinerait, selon le CRT, 50%. Le projet de cité industrielle chinoise prévue à Tanger attire en effet les investisseurs de l’Empire du Milieu. Mais la ville foisonne d’évènements économiques tels que le Forum Medays et culturels, le Tanjazz, le Festival du film de Tanger ou encore le Festival Caftanos Fashion World… suscitant ainsi l’intérêt des visiteurs. La ville est aussi une destination pour des vacanciers très premium comme le Roi Salmane d’Arabie Saoudite qui vient à Tanger depuis 25 ans. «Ce qui aiguise la curiosité de beaucoup de Saoudiens qui veulent aussi découvrir Tanger», lance Souhail Khales, directeur général de l’hôtel Farah Tanger. Consciente de ses atouts et regardant son avenir avec assurance, la ville connaît un rythme soutenu d’ouvertures d’établissements hôteliers. A titre d’exemple, la marque Hilton a choisi de faire son grand retour au Maroc, après 8 ans d’absence, depuis Tanger. Un hôtel 4* (320 chambres) y est déjà opérationnel depuis plus d’un an. L’hôtel 5* offrira, pour sa part, 180 clés.

L’animation à Tanger reprend en été

Pour augmenter l’attractivité de la ville, l’animation reprendra ses droits après l’achèvement des travaux de la Corniche. Les bars et boîtes de nuit rasés pour dégager la vue sur l’océan seront relogés en bas du passage piéton, permettant à la ville de renouer avec son récent passé de destination jeune et branchée.

La Marina, conçue dans le cadre du projet de reconversion du port de Tanger Ville, abritera un port de plaisance, des cafés, restaurants et des commerces. Elle devrait être inaugurée incessamment par S.M. Mohammed VI. Il en est de même pour le port de pêche. «Cela permettra sûrement de dynamiser la ville pendant l’été prochain et créer une animation rendant plus agréable le séjour des touristes», remarque Souhail Khales. Grâce aux autres projets, notamment le musée, le palais des congrès, le multiplexe cinématographique, Tanger pourrait bien accueillir les 3 millions de touristes qu’elle rêve d’attirer en 2020.

Dans sa région, elle est la ville la plus attractive et dispose de la plus importante capacité d’hébergement estimée en 2016 à 11 256 lits.

Les autres destinations les plus attractives de la région sont surtout axées sur les aspects balnéaire et pittoresque.

La station balnéaire Tamuda bay souffre de saisonnalité chronique

Dans la station balnéaire située entre M’diq et Fnideq sur 20 km (appelée Tamuda Bay depuis 2011), ce sont surtout les locaux qui profitent de la Méditerranée en ce printemps estival bien que certains hôtels luxueux affichent presque complet grâce à des offres attractives pour ce week-end de Pâques. Les cafés et restaurants de la station sont moyennement fréquentés. Seuls trois restaurants et cafés sont ouverts pour l’instant à la Marina de M’diq développée par la Foncière Chella. Il faut attendre l’été pour que les hôteliers et restaurateurs retrouvent le sourire. Caractérisée par une grande saisonnalité, cette destination positionnée comme destination très haut de gamme affiche un taux d’occupation annuel de 30%. Le pari qui s’impose aux professionnels et autorités est de faire en sorte que les touristes reviennent plus souvent en dehors de l’été. D’après Nouri Saladdin, DG du Sofitel Tamuda Bay, le flux naturel de la destination est compris entre mi-mai et mi-octobre. 80% de touristes qui occupent l’hôtel sont nationaux, venant surtout pendant les week-ends, les vacances ou pour une halte shopping. Le charme de la destination est déjà un atout de taille.

A proximité, se trouve en effet la petite bourgade de Fnideq devenue avec l’enclave espagnole de Sebta le temple du shopping des visiteurs. La petite ville qui vit grâce aux produits de contrebande espagnols et ceux en provenance de Turquie connaît un afflux de touristes locaux et de passage. L’engouement n’y faiblit pas. Par contre, la très pittoresque Chefchaouen, dont la route reste difficile, attire autant de touristes étrangers que de locaux durant toute l’année. Elle a su garder sa spécificité andalouse, son charme et la couleur bleue de ses murs.

Chefchaouen veut rehausser le niveau de son infrastructure d’accueil

En 2016, les touristes japonais sont arrivés premiers parmi tous les étrangers à Chefchaouen. On dénombre 4 310 arrivées de touristes japonais, loin devant les 2 652 arrivées espagnoles réalisées l’année dernière dans la ville bleue. Mais les visiteurs locaux restent largement majoritaires avec 19 659 arrivées. Face à cet afflux de touristes, la capacité litière de Chechaouen demeure faible. Mais on y remarque un développement soutenu du tourisme rural. «Des ONG espagnoles œuvrent dans la ville bleue pour aider les locaux à mieux accueillir des touristes dans les standards européens d’hygiène et de professionnalisme», indique le directeur du CRT.

La dernière région à avoir rejoint le CRT est Al Hoceima. Avec ses plages méditerranéennes dignes de celles de l’océan pacifique et ses falaises majestueuses créant des petites baies très agréables, Al Hoceima a tout pour plaire. «Nous essayons également de créer un produit arrière-pays et y intégrer Al Hoceima. C’est une destination à mettre sur pied», témoigne M. Ragala. L’offre d’établissements hôteliers classés dans la ville et sa région reste limitée. Heureusement, de nouveaux complexes touristiques y verront le jour. Le groupe Kenzi compte construire à Souani, une plage à proximité de la ville, un club de 400 chambres. Cette région, considérée comme le fief du Rif reste surtout fréquentée par les MRE et les touristes nationaux pendant la période estivale.

Pour promouvoir la destination nord-ouest, le CRT entame avec l’aide de l’ONMT une refonte de ses outils de communication en osant le digital. «L’accroche Visit Tanger sera désormais adoptée dans notre site web. En outre, nous préparons 11 films publicitaires sur la région dont un film institutionnel, 4 films sur les villes touristiques sans compter des films thématiques sur la culture, le monde rural…», explique le directeur du CRT. L’ONMT a, elle, développé les connections aériennes en ouvrant les lignes reliant Tanger à Paris-Orly, Tanger à Palma De Mallorca et Tanger à Eindhoven. En 2016, le tour-opérateur Jumbo Beds (qui figure parmi le top 10 des TO européens) ainsi que 90 représentants de TO et agences de voyages d’Andalousie ont bénéficié d’un éductour dans la région. En outre, des médias régionaux et nationaux des pays du Bénélux, d’Allemagne, de Suisse et des USA ont visité la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Dans ce cadre, Chefchaouen a reçu en 2017 la récompense internationale «la Pomme d’Or» comme destination la plus originale dotée de potentiel touristique authentique. Par ailleurs, le CRT de la région a organisé, en 2016, des workshops spéciaux Tanger à Malaga, Barcelone, Faro, Paris, Londres et Bruxelles et participé à ceux organisés par l’ONMT à Marseille, Lyon, Montpellier et Londres. Côté foires et salons, il n’a pas manqué la 36e édition du Salon du tourisme Fitur de Madrid, le SMAP Bruxelles, B-Travel Barcelone, ITB Berlin, Top Resa Paris, World Travel Market à Londres, entre autres.