Tourisme : les arrivées ont progressé de 3% et les nuitées de 14% en janvier

Français et Espagnols représentent plus de la moitié des arrivées mais seulement 29% des nuitées. Le Maroc n’a pas profité de la désaffection des touristes pour l’Egypte et la Tunisie. Le taux d’occupation moyen est de 35%.

Après une année 2012 où la courbe des performances du secteur du tourisme est restée plate, précédée d’une année 2011 plutôt mauvaise, les statistiques de janvier 2103 font espérer une reprise de l’activité cette année. Par rapport au même mois de l’année dernière, les arrivées ont progressé de 3%, les nuitées de 14% et les recettes de 5,9 %. Selon des professionnels, le Maroc aurait pu, eu égard à la situation alarmante de ses concurrents du sud de la Méditerranée, l’Egypte et la Tunisie en tête, attirer davantage de touristes étrangers, et ce, malgré la crise qui sévit dans la plupart des pays européens émetteurs. Et pour s’en convaincre, il n’y a qu’à regarder de près la structure des arrivées de touristes au Maroc au départ de ces pays.

Sur les 550 000 personnes, dont 241 000 MRE, qui ont visité le Maroc au mois de janvier, 180 000, exactement le même nombre qu’en janvier 2012, viennent de France. L’Espagne est toujours en deuxième position avec 124 000 arrivées, soit 22% du total. Les autres marchés européens auxquels l’Office national marocain du tourisme (ONMT) consacre une bonne partie de son budget de promotion (Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Belgique…) font chacun autour de 5%. Mais les arrivées à elles seules ne permettent pas de formuler une appréciation objective sur l’état du secteur car dès qu’on se penche sur les nuitées on s’aperçoit de la masse de la clientèle qui échappe aux établissements classés.

La reprise de janvier est surtout perceptible à Marrakech, Agadir et Casablanca

Pour illustration, la France et l’Espagne totalisent 55% des arrivées aux frontières, mais ne génèrent que 29% des nuitées. La raison est qu’une bonne partie des touristes venant de l’Hexagone séjourne dans des résidences ou des appartements privés, tandis que les Espagnols se contentent de faire l’aller-retour en une journée pour visiter le Nord. La définition que donne l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) qui considère qu’un touriste comme quelqu’un qui a séjourné plus de 24 heures dans un pays en prend un coup. Les Britanniques qui étaient 30 000 à visiter le Maroc en janvier ont généré près de 86 000 nuitées. Le Royaume ibérique arrive après le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Belgique.
Le déséquilibre, devenu structurel, entre les villes et les régions touristiques, est une autre préoccupation pour le secteur. Marrakech et Agadir réalisent plus de 60% des nuitées, soit respectivement 416 670 et 335 241 pour janvier et un taux d’occupation de 41% et 50%, beaucoup mieux que la moyenne nationale qui est de 35%.

Avec 130 000 nuitées et un taux d’occupation de 46%, Casablanca se maintient à un niveau correct. Le reste des villes touristiques qui ont pourtant des atouts importants se débat dans de grosses difficultés. Leur taux d’occupation se situe entre 38% pour Tanger, 22% pour Fès, 17% pour Ouarzazate et 13% pour Oujda-Saidia. Assurément, il y a quelque chose à repenser en matière de politique touristique.