Tourisme : -2% pour les nuitées et +6% pour les arrivées à  fin octobre

Les nuitées pour octobre ont évolué de +9% par rapport au même mois de 2007.
Pour les dix premiers mois de l’année, les nuitées des résidents ont augmenté de +7%.

En ces temps de crise, le tourisme intérieur reste un bon amortisseur de choc pour les hôteliers. Au cours du mois d’octobre 2008, le nombre de nuitées réalisées par les établissements d’hébergement classés a augmenté de 9% par rapport à octobre 2007. Et cette embellie est due essentiellement au nombre de nuitées des nationaux, en hausse 24% pour ce mois. Selon le ministère du tourisme, les nationaux ont représenté 33% des nuitées additionnelles, alors que 30% sont le fait des touristes du Moyen-Orient, tandis que les principaux marchés émetteurs traditionnels (France, Royaume-Uni…) continuent de reculer ou de stagner.
Au cours de ce mois, les arrivées de touristes aux postes frontières ont progressé de 3% (+ 2% pour les touristes étrangers et +4% pour les MRE), le taux d’occupation du mois s’est, quant à lui, apprécié de 2 points, s’établissant à 49%.

Les nuitées sont en baisse de 8% pour le marché français et de 21% pour le britannique
Pour ce qui est de la performance des dix premiers mois de l’année, les nuitées ont fléchi de 2% par rapport à la même période de l’année dernière. Encore une fois, ce sont les résidents qui permettent de sauver les meubles. Leurs nuitées sont en hausse de 7% contre un recul de 5% pour les non-résidents. Il s’avère donc urgent que la promotion à l’étranger soit diversifiée. Le ministère de tutelle et l’Office national marocain du tourisme (ONMT) sont en train de travailler dans ce sens en essayant de faire des percées dans certains pays d’Europe de l’Est et dans les pays arabes. Des marchés comme la Pologne ou la Russie sont prometteurs. Encore faut-il que les dessertes aériennes sur ces pays soient en nombre suffisant. Ceci est d’autant plus nécessaire que, comme on l’a dit, les marchés traditionnels s’essoufflent. C’est le cas de la France, dont les nuitées ont baissé de 8% entre janvier et octobre et du Royaume-Uni, qui affiche une chute de 21%.
Les premières victimes de cette baisse des nuitées sont les deux premières destinations du Royaume : – 6% pour Marrakech et Agadir. Néanmoins d’autres destinations résistent et, à leur tête, Casablanca, qui a connu sur les dix premiers mois de l’année une hausse de 12%, la seule hausse à deux chiffres ( voir encadré). On notera également le bon comportement de Meknès (+8%), Essaouira (+10%), Tétouan ( +8%), alors que Rabat et Fès réalisent respectivement +3% et +4%.
Autre illustration de la morosité ambiante : le taux d’occupation moyen des chambres pour les dix mois de l’année enregistre un recul de 4 points par rapport à 2007, à 46 %. Ce taux d’occupation demeure, cependant, satisfaisant pour des villes comme Marrakech (58 %), Agadir (59 %) ou encore Casablanca (52 %). Si le niveau et l’évolution des nuitées retiennent davantage l’attention des hôteliers, car c’est d’eux que dépend le niveau des recettes, celui des arrivées renseigne mieux sur les tendances qui se dessinent. Alors que le nombre d’arrivées a augmenté de 6% durant les dix premiers mois de l’année, les parts de chaque pays émetteur sont restées stables pour la plupart des marchés, à l’exception des marchés français et britannique qui ont perdu chacun un point, respectivement à 37% et 5%. Seul le marché espagnol a gagné un point en part de marché, à 22%. Pour la période indiquée, le nombre d’Espagnols ayant visité le Maroc a progressé de 13%, soit la plus forte progression parmi tous les marchés. Dans ce contexte difficile, les recettes de voyages ont été plus ou moins préservées. Elles ont seulement reculé de 1,6%, passant de 49,8 milliards de DH à fin octobre 2007 à 49 milliards en 2008.