Textile : trois nouveaux contrats de performance seront signés courant juin

Les filières maille, linge de maison et textile technique auront leurs écosystèmes. Aide à l’investissement, à l’assistance technique et soutien à la créativité sont prévus. Les opérateurs très satisfaits des trois écosystèmes lancés en septembre 2015.

L’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith) avait signé, en septembre 2015, avec le ministère du commerce et de l’industrie, trois contrats de performance relatifs aux écosystèmes des filières du denim, du fast fashion et de la distribution des marques marocaines. Au courant de ce mois de juin, les filières maille, linge de maison et textile technique seront également dotées d’écosystèmes à travers la signature de trois nouveaux contrats de performance. Selon les industriels, les paramétrages, les objectifs et les dispositifs sont arrêtés et prêts.

Ainsi, on retiendra un appui aux investissements matériels et immatériels, une aide pour l’assistance technique et une aide-soutien pour la créativité et l’innovation. Ces aides sont conséquentes, selon l’Amith, qui annonce que l’appui à l’investissement variera de 20 à 30% du total en fonction de la taille de l’entreprise, que l’aide pour l’assistance technique est de l’ordre de 3 MDH et enfin que les entreprises intéressées bénéficieront d’un soutien à hauteur de 50 à 80% du montant investi en vue d’améliorer la créativité et l’innovation au niveau de leur production.

Ces trois nouveaux contrats de performance viendront donc compléter les trois premiers en vigueur depuis septembre 2015 et qui constituent, selon des industriels, «une rupture avec le passé dans la mesure où les dispositifs mis en place sont faciles d’accès pour les entreprises intéressées. Les réalisations depuis le mois de septembre le prouvent». En effet, au 29 mars, 28 conventions d’investissement sur les 70 prévues dans le cadre des écosystèmes ont été signées, dont 22 relatives à la mise en place de programmes d’investissement pour la croissance (type Imtiaz revisité) et six concernent les entreprises locomotive. «Ces programmes d’investissement pour la croissance sont accessibles et facilement opérationnels. En atteste le nombre de conventions signées par rapport à ce qui a été fait dans le cadre de Imtiaz durant les cinq dernières années». L’Amith précise aussi que sur les six projets d’entreprises locomotive, deux concernent l’amont textile. Autre indicateur retenu par l’association : les projets d’investissements signés permettront la création de 12% des 100 000 emplois prévus par la stratégie sectorielle à l’horizon 2020 et représentent 26 à 27% des 5 milliards de dirhams d’exportations prévues globalement pour les trois filières concernées.

Le marché local croît de 6 à 7% par an

Satisfaits de ce premier bilan des écosystèmes denim, fast fashion et distribution locale, l’Amith estime que la stratégie sectorielle «permettra au secteur de doubler voire de tripler sa taille d’ici 2020. Notre ambition est d’ériger le textile marocain à la première place au niveau africain et à la deuxième au niveau du bassin méditerranéen». Une ambition qui impose, selon les professionnels, une mise à niveau de l’amont textile en vue d’une spécialisation selon les modèles turc et portugais par exemple. C’est-à-dire développer l’amont en fonction des besoins des industriels. Cela implique une stratégie par paliers : maîtriser la teinture, ensuite le tricotage, le tissage et enfin la filature…

Les professionnels précisent également que deux principaux leviers sont à actionner pour garantir la réussite de la stratégie, notamment la refonte du mécanisme de la règle d’origine et la réhabilitation des acteurs sur le marché local via une lutte contre la contrebande. Il s’agit de deux chantiers primordiaux qui, selon Mohamed Tazi, directeur délégué de l’Amith, accompagneront les mesures du PAI. Pour lui, «on doit revoir le mécanisme des règles d’origine qui présente aujourd’hui des anachronismes, étant donné que l’accord avec l’UE a été négocié en 1994. On peut citer à ce titre le cas de tissus importés d’Asie mais teints et confectionnés au Maroc qui ne bénéficient d’aucune exonération à l’export. En revanche, lorsqu’il s’agit de travaux d’impression, l’exonération est accordée. Dans le premier cas, l’UE souhaitait protéger des bastions de la teinturerie mais qui n’existent plus aujourd’hui…». Deuxième chantier important : la lutte contre la contrebande qui représente, selon l’Amith, 90% du marché local, estimé à 50 milliards de dirhams. L’objectif est d’aider et de soutenir un plus grand nombre d’acteurs locaux à s’organiser afin de structurer leur offre. Notons que le marché local devrait atteindre 90 milliards en 2025. Aujourd’hui, selon l’Amith, ce marché évolue de 6 à 7% annuellement mais cette progression est essentiellement captée par les importations illégales en provenance du Sud et de Sebta et Mellilia.