Télécoms : le haut et le très haut débit, les nouveaux ressorts de croissance

La note d’orientation stratégique validée par le chef du gouvernement prévoit tout un arsenal pour généraliser l’accès au haut débit. L’ANRT se fixe un objectif de 22 millions d’abonnés à  internet en 2018 contre 10 millions actuellement. Le secteur devra néanmoins relever le défi de la rentabilisation des investissements importants qu’il faudra mener dans les segments filaires et mobiles.

Les opérateurs télécoms devront mettre le paquet sur le développement de l’internet haut débit. C’est l’une des conclusions majeures de la note d’orientation stratégique de l’Agence nationale de règlementation des télécommunications (ANRT) que vient de valider le chef du gouvernement. Celle-ci a en effet fixé les principaux objectifs chiffrés que le secteur devra atteindre d’ici 2018. Il en ressort que des efforts considérables devront être faits pour développer le nombre d’abonnés à internet. En tout, l’ANRT table sur un parc de 22 millions d’abonnés à Internet, contre 10 millions à fin 2014. Et encore, les opérateurs devront s’assurer qu’un maximum de ces clients ait accès au haut, voire au très haut débit. Pour y arriver, le secteur des télécoms est appelé à capitaliser sur le Plan de développement du haut débit lancé en 2012 et qui vise à permettre à l’ensemble de la population d’avoir accès à un débit internet d’au moins 2m/s d’ici dix ans. Le récent octroi par l’ANRT des licences 4G aux trois opérateurs permet de franchir un premier pas dans ce sens, vu que les cahiers des charges imposés par le régulateur prévoient la couverture d’au moins 65% de la population par cette nouvelle technologie du haut débit.

L’atteinte de cet objectif devrait commencer, selon la note d’orientation stratégique, par la réalisation d’un recensement et des consultations à partir du premier semestre 2016 afin de couvrir 25% de la population par des infrastructures terrestres destinées au haut débit mobile. La démarche qui sera suivie par l’ANRT est de privilégier les projets assurant une couverture par au moins deux opérateurs, et ce dans le but de permettre aux citoyens de bénéficier de la concurrence entre les opérateurs. De même, «pour compléter la couverture de la population restante qui n’aurait pas été couverte par des réseaux terrestres, une étude sera lancée en 2015 pour examiner les possibilités de leur desserte en recourant à des technologies par satellite», annonce l’ANRT. C’est dire qu’aux yeux du régulateur des télécoms, ainsi que de sa tutelle, tous les moyens sont bons pour que tout le monde ait accès au haut débit.

La croissance de la clientèle sera plus faible

Au niveau des objectifs d’abonnements à la téléphonie mobile et fixe, les ambitions sont légèrement moins importantes. Alors que le parc global sur ces deux segments était constitué de 47 millions d’abonnés à fin 2014, l’ANRT table sur 50 millions d’abonnés dans le mobile et 2 millions pour le fixe à l’horizon 2018. Sur le premier segment, cet objectif confirme le ralentissement de la croissance du parc enclenché ces dernières années. Si l’on se réfère aux objectifs de la précédente note d’information échue depuis 2013 et qui prévoyait seulement 32 millions d’abonnés (pour le mobile et le fixe cumulé) à cette date là, on se rend rapidement compte que le dépassement de ce seuil a provoqué une saturation du marché qui rend naturellement les prévisions futures de croissance moins importantes que par le passé. Pour ce qui est du segment du fixe en revanche, l’agence a dû faire avec la nouvelle tendance, qui n’est d’ailleurs pas exclusive au Maroc, et selon laquelle ce marché est en décroissance depuis quelques années. A fin 2014, le parc de la téléphonie fixe était constitué de 2,48 millions ; on espère le maintenir au dessus du seuil symbolique des 2 millions d’ici 2018.

Cela devrait passer, entre autres, par l’intérêt qui sera accordé par le régulateur à la dynamisation du dégroupage de la boucle et la sous-boucle locale afin de renforcer l’offre des opérateurs sur ce segment.
Sur le volet financier, l’objectif porte sur un chiffre d’affaires sectoriel de 34 milliards de DH à l’horizon 2018. Cela constitue une légère amélioration par rapport aux résultats dégagés au terme de la précédente note d’orientation où le chiffre d’affaires du secteur est ressorti à 33 milliards de DH, en baisse de 4% sur le sillage des prix. Cette donne impacte les ambitions du régulateur en matière d’investissement à mener par les opérateurs.
En effet, il reconnaît dans sa note d’orientation qu’il faut aujourd’hui un cadre de régulation pouvant apporter aux consommateurs les garanties nécessaires en matière de qualité des services, tout en permettant aux acteurs du marché de rentabiliser leurs investissements. Ce sera là l’un des grands défis qu’aura à relever l’ANRT sur les quatre prochains exercices.