Technologies de l’information : le Maroc surclasse l’Afrique du Sud

Une étude de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement
le classe premier en Afrique, mais néanmoins 68e sur 180 pays dans le monde.
L’index du Maroc est de 0,47 contre une moyenne de 0,22 pour le continent.

S’il est de coutume, dans les classements de pays africains, de voir fréquemment l’Afrique du Sud en tête de liste, il est un indicateur pour lequel elle vient de se faire coiffer au poteau : les technologies de l’information et des télécommunications. D’après une étude publiée par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced), qui se fonde sur les statistiques remontant à  la mi-2007, ce pays est, dans ce domaine, supplanté par le Maroc, pourtant classé 68e sur 180, suivi par l’Algérie, 83e. Placée au 86e rang dans le monde, l’Afrique du Sud se contente de la 3e place sur le continent.

Pour élaborer le classement, l’organisme international utilise un indice, qualifié d’opportunité digitale (Digital Opportunity Index), qui tient compte du taux de pénétration des technologies de télécommunications, aussi bien les lignes fixes que les mobiles, en plus de technologies plus modernes d’internet sans fil. Au final, avec un score de 0,47 – sur une échelle de 1- pour 2006, le Maroc réalise le double de la moyenne africaine qui est de 0,22. Mieux, il a effectué une progression soutenue, gagnant 0,14 point et 36 places par rapport à  2004.

Ces chiffres démontrent que la politique marocaine en terme de popularisation des technologies de l’information et des télécommunications a été payante. En effet, le monde entier est conscient de l’importance de ces technologies et tous les pays mettent des politiques en Å“uvre pour les intégrer dans l’utilisation quotidienne. Cependant, d’après le rapport, «c’est en comparant les pays entre eux qu’on est en mesure de juger des progrès de chacun».

GSM : un taux de pénétration de 60,35 %
Dans cette situation, un bref rappel de la situation du Maroc dans le domaine des télécommunications s’impose. La téléphonie mobile reste largement dominée par le prépayé. En septembre 2007, le nombre d’utilisateurs s’élevait à  un peu plus de 18,4 millions, en progression de 1,5 million par rapport à  juin. Le taux de pénétration était alors de 60,35%. Comparativement, le marché du post-payé reste marginal avec 779 000 abonnés et un taux de pénétration de 2,55% malgré le fait qu’il ait connu une croissance de 29 000 abonnés entre fin juin et fin septembre 2007, soit une progression de 3,9%.

La téléphonie fixe pour sa part a connu une hausse de 16,77% sur le même trimestre. Ainsi, le parc global se monte à  2,27 millions de clients contre 1,9 million au 30 juin. Surprenant lorsqu’on sait que, depuis l’introduction du mobile, le nombre d’abonnés au fixe n’a cessé de diminuer. Il faut dire que le dernier opérateur arrivé sur le marché, Wana et son million d’utilisateurs de la téléphonie fixe à  mobilité restreinte, a changé la donne. Conséquence, le taux de pénétration du fixe a connu une hausse pour ce troisième trimestre de 7,43% contre 6,36% en juin.

Internet, pour sa part, confirme sa lancée avec un parc global de 490 087 connexions dont 449 852 abonnés ADSL. La croissance du marché global est de 2,8% sur le trimestre, soit une légère baisse dans la progression qui était de 10% entre septembre 2006 et juin 2007. Cependant, selon les observateurs du secteur, le marché ne serait pas encore arrivé à  maturation. «Les cybercafés continuent de fournir le service que les gens ne peuvent avoir à  domicile en raison du coût des ordinateurs», explique un spécialiste. Toujours est-il que le rapport de la Cnuced salue la performance du marché marocain qui a «réussi à  dépasser de manière significative tous ses voisins nord-africains».