Tassement des ventes d’électricité au 1er trimestre

Les ventes globales ont crû de 1,5% contre 2,6% un an auparavant. Celles de l’ONEE ont baissé de 0,6%. La production éolienne a fortement augmenté.

Sachant que l’efficacité énergétique n’est pas encore entrée dans les mœurs, le ralentissement de la demande d’électricité ne peut s’expliquer que par le recul de la consommation. Sur le premier trimestre de 2015 en effet, les ventes globales d’électricité ont augmenté de 1,5%, au lieu de 2,6% à la même période de 2014. Cette légère augmentation recouvre une croissance de 2,9% des ventes en basse tension, destinées principalement aux ménages, et de 1% des ventes en moyenne et haute tensions, utilisées par les industriels et les régies de distribution.

Du point de vue de la balance des paiements, ce tassement de la demande est en quelque sorte le bienvenu puisque les importations d’électricité ont baissé de 23% contre une progression de 14% un an auparavant.
Mais si, globalement, les ventes d’électricité enregistrent une hausse limitée, pour l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), elles ont carrément stagné, voire légèrement baissé pour ce qui est des ventes aux clients industriels. Les chiffres fournis par l’opérateur historique lui-même le montrent bien: -0,6% des ventes aux industriels, comparativement au même trimestre de 2014.

Stabilisation du taux d’utilisation des capacités de production dans l’industrie

Cela veut dire en conséquence que l’augmentation de 1% des ventes en haute et moyenne tensions est surtout le fait de producteurs privés opérant dans le cadre de la loi 13-09 relative aux énergies renouvelables. Cette déduction semble d’ailleurs corroborée par le fait que la production d’électricité d’origine éolienne a crû de 74,1%, alors que celle d’origine thermique (ONEE et concessionnaires) n’a progressé que de 3,9%.
Cette évolution permet d’établir deux constats. Le premier est que la conjoncture dans le secteur industriel est encore fragile, comme cela est attesté dans l’enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib du mois de mars qui concluait à une stabilisation du taux d’utilisation des capacités de production à 66%, soit en dessous de la tendance de long terme.

Le second constat a trait à l’apparition de la concurrence dans la vente d’électricité, pour le moment limitée au secteur industriel. Et ceci grâce à l’avènement d’opérateurs privés dans la filière des énergies renouvelables, essentiellement dans l’éolien pour l’instant. Comme nous l’annoncions il y a déjà quelque temps, de gros consommateurs industriels se sont mis à consommer «vert», ce qui est une orientation favorable à la fois pour l’environnement et pour l’équilibre des comptes extérieurs.