Taoufik Kamil : «L’Administration et l’ensemble des intervenants doivent construire un environnement meilleur»

• Diverses études ont été réalisées afin de proposer des solutions pour relancer notre secteur.
• Le prochain plan d’action s’articule entre autres autour des logements sociaux et de la classe moyenne, de la VEFA, des dispositions urbanistiques… Les promoteurs s’engagent pour plus de qualité et de transparence avec une professionnalisation du secteur.

• Quelles ont été les réalisations de la FNPI les 3 dernières années, pour dynamiser le secteur immobilier, surtout que vous êtes arrivés dans une période où tout le marché traverse une mauvaise passe ?
Le secteur de l’immobilier était effectivement en difficulté bien avant la crise due à la Covid-19. Cette dernière a compliqué beaucoup plus le problème que nous vivions antérieurement. Faire le bilan des trois dernières intenses années d’activité de la FNPI sera long à énumérer.
Néanmoins, diverses études et rapports ont été réalisés par la FNPI et remis aux instances dirigeantes, suivis de multiples rencontres, afin d’analyser et de proposer des solutions réalistes et faciles à mettre en œuvre pour relancer notre secteur en difficulté et de préserver le maximum d’emplois possibles.
De même, la fédération a participé activement à tous les ateliers des journées de l’habitat organisées par le ministère de tutelle. Ainsi, plusieurs échanges ont eu lieu avec ce ministère et la Banque mondiale sur notre vision des suites à envisager pour le programme des logements sociaux et de la classe moyenne.
De plus, des négociations ont eu lieu avec le ministère des finances et la DGI qui ont duré plus de 6 mois, pour la mise en place des dispositifs de régularisations des bilans des promoteurs immobiliers, à l’instar de ce qui a été réalisé avec les autres secteurs d’activité. Cette action s’est soldée par une réussite
La dernière mouture de la VEFA est toujours en cours de discussion avec le ministère de l’habitat et nous avons le grand espoir que ce dispositif sera bientôt adopté dans l’intérêt de tous ; opérateurs immobiliers et acquéreurs. Idem pour le statut du promoteur immobilier également.
Par ailleurs, la FNPI a organisé le 1er salon de l’immobilier IMMOGALLERY à Casablanca et a pu mettre en place après de longs mois de négociations, le CPCB (Conseil professionnel du cadre bâti) qui regroupe les principaux intervenants dans l’acte de bâtir (CNOA, FEDEC FNPI, ONIGT et Ordre des notaires) dans le but d’échanger ensemble sur le secteur et de proposer des solutions communes aux difficultés du bâtiment. D’ailleurs, ce conseil est ouvert à tous les professionnels qui voudront rejoindre cette plateforme d’échanges et de réflexions.

• Vous avez dû certainement faire face à des difficultés lors de la réalisation de vos missions. Pouvez-vous nous en parler ?
Les dossiers sont divers et variés comme vous le savez parfaitement. Il y a lieu de les traiter en simultanéité pour gagner en efficacité.
La crise de la Covid-19 nous a beaucoup rapprochés du ministère de tutelle et nous saluons l’approche inclusive et l’écoute attentive de Mme la ministre envers tous les intervenants dans l’acte de bâtir qui a redoublé d’efforts pour tenter de minimiser les effets de cette terrible crise.
Espérons que de cette nouvelle dynamique d’échanges et de concertations très positives naîtront les meilleures solutions aux différents dysfonctionnements constatés.

• Vous rempilez pour un nouveau mandat à la tête de la FNPI. Avez-vous arrêté un plan d’actions pour les 3 prochaines années ? Quels en sont les principaux axes ?
Je tiens à remercier les membres du conseil d’administration qui m’ont unanimement plébiscité pour ce nouveau mandat pour lequel je souhaite aboutir aux meilleures dispositions pour le secteur du bâtiment.
Nous sommes tous mobilisés pour ce seul but, car les défis sont énormes et multiples.
La suite des programmes des logements sociaux, la mise en place de solutions efficaces pour les logements de la classe moyenne, la modulation de diverses dispositions juridiques du secteur, les véritables simplifications administratives, la VEFA, la mise en œuvre de dispositions urbanistiques plus adaptées aux véritables besoins de nos concitoyens sont nos principaux dossiers à traiter en toute diligence.

• Le secteur immobilier ne peut se redresser sans une collaboration de toutes les parties prenantes. Qu’attendez-vous d’elles justement? Allusion faite à l’administration, au système bancaire et peut-être même du particulier ?
Des ateliers d’échanges de la FNPI seront organisés dans le but de débattre pleinement des thématiques que vous avez citées.
Nous sommes convaincus que des débats constructifs et des échanges instructifs sont indispensables pour faire évoluer les mentalités et les différentes approches afin d’opter pour les dispositions les plus adaptées et les plus pertinentes pour nos concitoyens et notre pays. Etre reclus sur son strict domaine d’activité et son seul champ d’action avec rigidité et sans ouverture sur tous les autres intervenants n’est pas la meilleure panacée pour vaincre nos difficultés.
L’Administration et l’ensemble des intervenants doivent ensemble construire un environnement meilleur dans une intelligence inclusive et constructive.

• Et du côté des promoteurs, quels seraient leurs engagements pour que le secteur reprenne sa forme d’antan ?
Un meilleur engagement pour plus de qualité et de transparence avec une professionnalisation du secteur et des réponses adaptées à donner aux demandes de nos concitoyens selon leurs pouvoirs d’achat, tout en leur permettant toutefois de vivre dans des espaces harmonieux et épanouissants.
Il faut dire que le promoteur immobilier obéit à des règles urbanistiques strictes et rigides qu’il est impératif de modifier, en concertation avec les opérateurs afin de réaliser cet objectif essentiel.
Il faut bien comprendre que les moyens d’actions des promoteurs sont encore une fois bien réduits à ce niveau et que les autorités se doivent d’établir des concertations effectives avec les promoteurs dans le but de réaliser des logements décents dignes et permettant une vie enrichissante des habitants dans un contexte et environnement épanouissant et harmonieux aux prix les plus abordables.
Le coût du foncier a un impact considérable sur chaque logement produit. Il y a lieu donc de le réduire par des dispositions adéquates (plus de verticalités par exemple) sans recourir aux extensions horizontales des villes coûteuses en équipements et en transports.

• Qu’en est-il de la gouvernance de la fédération ? Y aura-t-il des changements au niveau de l’organisation interne ?
Une organisation plus efficiente est à l’étude avec la mise en place de pôles de compétences qui seront dirigés par des vice-présidents qui en assumeront la responsabilité le suivi le management et le rendement.