Tanmia Al Filahia agrégera 1 100 agriculteurs céréaliers dès cette année

Un groupement d’intérêt économique vient d’être créé par quatre groupes privés.

Un partenariat a été signé avec l’Agence de développement agricole et la BCP.

C’est une démarche modernisatrice de la filière céréalière, inscrite dans la logique du Plan Maroc Vert, qui a été initiée par quatre grands groupes opérant dans la transformation des céréales et les intrants agricoles : les Moulins du Maghreb, Tria, Fertima et Charaf Corporation. Ensemble, ils ont créé un groupement d’intérêt économique (GIE), appelé Tanmia Al Filahia. A l’occasion des deuxième assises de l’agriculture tenues à Meknès le 21 avril dernier, ce GIE a signé un protocole d’accord avec l’Agence pour le développement agricole (ADA) et la Banque centrale populaire. L’objectif de cet accord est exactement celui qui a été suggéré dans l’étude stratégique du secteur (cf. Spécial plan Maroc Vert : www.lavieeco.com) : face à l’atomisation des exploitations agricoles, leur sous-mécanisation et, partant, leur faible rendement, les promoteurs de cet accord veulent agréger les agriculteurs, leur donner les moyens d’améliorer leur production, d’augmenter la productivité et, in fine, de rehausser leurs revenus.

Objectif : atteindre 40 quintaux à l’hectare
Alors que les opérateurs du milieu (midstream) de la filière s’occuperont d’apporter à l’amont les intrants et les équipements nécessaires, la distribution de produits d’assurance et de financement, la formation, l’organisation logistique de collecte des récoltes, ceux opérant en aval de la filière, c’est-à-dire les moulins, prendront en charge, eux, l’achat de la totalité des céréales produites et leur transformation. C’est donc une action totalement intégrée qui met en cohérence l’amont, le milieu et l’aval de la filière céréalière.
Comme l’ont expliqué les acteurs de Tanmia Al Filahia, lors d’un point de presse, mardi 28 avril, l’objectif fixé pour la campagne 2009-2010 est d’agréger 700 agriculteurs sur 10 000 hectares dans la région de Chaouia-Ouardigha et 400 autres agriculteurs sur 5 000 hectares dans la région de Meknès-Tafilalet. Leur ambition pour 2020 est de réaliser l’agrégation de 10 000 agriculteurs sur une superficie de 150 000 ha, pour une production de 6 millions de quintaux de blé (soit 40 quintaux à l’hectare).
Quand on connaît la faiblesse des rendements de la céréaliculture en zone bour (environ 12 quintaux à l’hectare), le régime alimentaire des Marocains basé sur les céréales, la valorisation de cette filière par la création de ce GIE ne peut que sécuriser l’approvisionnement du pays en blé.