Tanger a augmenté sa capacité d’hébergement hôtelière de 15% en deux ans

De multiples projets sont en cours de réalisation dans la ville et ses environs, mais certains sont bloqués. L’objectif est d’atteindre 20 000 lits en 2020 contre 8 000 en 2008. La ville offrira déjà  14 000 lits d’ici à  2015.

Passer d’une capacité hôtelière de moins de 8 000 en 2008 à un objectif de 20 000 lits en 2020, tel est le défi que doit relever la région de Tanger. A cet effet, plusieurs projets avaient été annoncés par des investisseurs nationaux et étrangers et certains sont effectivement réalisés, selon les délais initiaux, ou en cours de réalisation. Depuis 2010, l’offre d’hébergement a augmenté de près de 1 200 lits avec l’ouverture des hôtels Andalucia Golf (246 chambres) et César (137 chambres), la réouverture du Solazur (350 chambres) par le groupe espagnol Husa Hoteles en avril dernier et l’ouverture au début de l’année d’Ibis city center (196 chambres). S’y ajoutent deux maisons d’hôtes récemment inaugurées sur le site de Ghandouri. Selon des sources proches de la chaîne des hôtels Mogador, l’établissement de 300 lits en cours de finition sur le  même site, à l’ouest de la baie de Tanger, devrait ouvrir ses portes fin juillet.
Tous les projets d’hôtels du site de Ghandouri n’évoluent pas selon le rythme souhaité. C’est notamment le cas du complexe hôtelier (85 chambres et suites, 42 bungalows, 8 duplex, 18 chalets et 3 villas VIP) du Consortium maroco-koweitien de développement (CMKD).

Les professionnels demandent une communication plus soutenue

Des sources bien informées avancent que ce complexe n’ouvrira pas avant une année, soit à la veille de l’été 2012 parce que le chantier s’est révélé plus ardu, notamment en raison de son ampleur, du terrain très escarpé et du fait qu’il comprend un grand centre spa et des suites de luxe. Pour le projet d’hôtel 5* d’Idou holding (108 chambres et 24 suites), les travaux de gros œuvre sont achevés. Le chantier pourrait être terminé d’ici 2012.  
Pour le reste, il faudra encore attendre au moins deux ans. Alliances, promoteur du projet de Port-Lixus situé près de Larache, à 75 km au sud de Tanger, devrait ouvrir deux établissements de luxe sur le site à l’été 2013. Toutefois, des responsables annoncent que l’ouverture et la commercialisation finale de ces deux établissements dépendent de la construction d’une sortie d’autoroute au nord de la ville. Néanmoins, la station balnéaire et touristique ouvre officiellement durant ce mois de juin en accueillant les championnats du Maroc de golf. Parmi les projets annoncés, il y a aussi celui du groupe Holmarcom qui réalise à Cap Tingis un complexe immobilier comprenant un hôtel de 249 chambres et 138 appartements en gestion hôtelière.
A l’horizon 2015-2016 d’autres projets hôteliers sont prévus autour de Tanger, notamment deux hôtels 4 et 5* du groupe Qatari Diyar, sur la route d’Asilah, et un hôtel 5* sur le site réaménagé du port de Tanger-Ville. Enfin, à une heure à l’est de Tanger, à hauteur de la plage de Kabila sur la côte tétouanaise, un établissement de luxe Ritz-Carlton est en projet. Il comprendra un hôtel et des résidences privées qui pourront être exploitées sous forme de gestion locative.
D’ici à 2015, la capacité de la ville tournera autour des 13 000 à
14 000 lits, encore un peu loin de l’objectif de 20 000 lits pour 2020, mais elle est supérieure de 50% à l’offre de 2008-2009. Si pour les professionnels de la ville la faible capacité d’hébergement est un handicap par rapport à des villes comme Marrakech ou Agadir, ils estiment également que des actions de promotion plus soutenues pour la ville et sa région doivent être menées tout en reconnaissant que la desserte aérienne de Tanger s’est nettement étoffée au cours des 3 à 4 dernières années.
L’une des actions que tentent les professionnels de la région pour amener une clientèle de proximité vers Tanger, Tétouan, Chaouen, Port-Lixus et Tamuda Bay, c’est l’utilisation des anciens bureaux de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) situés à Torremolinos sur la Costa del Sol espagnole. L’importante fréquence des liaisons maritimes entre l’Espagne et le Nord du Maroc, l’offre balnéaire, l’éco-tourisme et la valorisation du patrimoine historique et culturel de la région constituent des arguments percutants.

Deux projets émiratis compromis

Sur la région de Tanger, deux projets hôteliers accusent d’importants retards. Le premier est celui du groupe émirati Emaar qui avait annoncé un important complexe immobilier et touristique au cœur de la Forêt diplomatique à 20 km au sud de la ville. Mais les travaux ont été gelés en raison de difficultés financières. L’autre projet du groupe émirati HIST, spécialisé dans la construction de cités de sport qui regroupent des projets immobiliers résidentiels et hôteliers et des infrastructures sportives, est lui aussi à l’arrêt. HIST avait acquis des terrains à proximité du club de golf de la ville au quartier de Boubana avec l’intention de construire un hôtel, un ensemble de petites villas pour le marché de la location, un espace de conférences d’une capacité de 600 personnes et un terrain de criquet. L’accord avec les autorités prévoit également la prise en charge du développement et de la gestion du parcours de golf voisin. Le terrain de criquet et l’espace de conférences ont été édifiés sur le même espace ainsi que le lotissement de villas, mais le projet d’un hôtel de 280 lits a calé. Les difficultés engendrées par la crise financière de 2009 ont amené le promoteur Abdul Rahman Boukhatir à arrêter le chantier et à se mettre à la recherche d’un repreneur. L’ouverture par des investisseurs locaux en février 2010 de l’hôtel Andalucia à l’entrée du club de golf a rendu encore plus difficile les projets de l’homme d’affaires émirati.