Soutien à  l’innovation : 12 projets retenus contre un objectif de 30

39 entreprises ont présenté des projets depuis le lancement du programme Intilak en juillet. L’aide est plafonnée à  un million de dirhams. Pour le programme Tatwir, destiné aux projets de R&D, 24 entreprises ont postulé pour les 15 financements à  pourvoir.

Prévue initialement pour le 14 octobre, l’annonce des résultats de l’appel à projets concernant le programme Intilak, dont l’objet est de soutenir des start-up porteuses d’un projet innovant, a été finalement faite le 30 novembre par le Centre marocain de l’innovation (CMI). Sur les 39 projets reçus, 12 seulement sont retenus (voir encadré).
Selon le CMI, 75% des projets retenus relèvent du secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), 15% des technologies avancées (TA) et 10% des métiers mondiaux du Maroc (MMM). Pour chaque projet, 90% des dépenses seront financés par le programme, dans la limite d’un million de DH toutes taxes comprises.
Intilak relève du Fonds de soutien à l’innovation mis en place par le ministère du commerce de l’industrie et des nouvelles technologies (MCINET) et géré par le CMI, dont l’enveloppe s’élève à 380 MDH. Ce fonds couvre aussi le programme Tatwir, monté pour financer des projets de R&D portés par des entreprises en phase de développement dans les mêmes secteurs. Les résultats de l’appel d’offres y afférents devaient être publiés le 31 octobre. La nouvelle date n’est pas encore communiquée. Auprès du CMI, on indique que 24 entreprises ont postulé pour les 15 financements à pourvoir dans le cadre de ce programme.

Le Maroc, 6e en Afrique en matière de production scientifique

Ces chiffres sont très modestes si l’on prend en considération les ambitions affichées par le ministère. Car en matière de recherche et développement, le Maroc accuse un retard patent. «Certes, l’Etat fait des efforts, mais ils restent insuffisants pour permettre aux entreprises d’avoir un impact significatif sur le terrain et agir efficacement sur les indicateurs», déclare Mohamed Smani, directeur de l’Association marocaine pour la recherche et développement. Et ces indicateurs sont clairs : seulement 0,65% du PIB a été dépensé en recherche et développement en 2010 et à peine 1 000 brevets sont déposés par an, dont les quatre cinquièmes le sont par des organismes étrangers. Le Maroc est classé sixième à l’échelle africaine en matière de production scientifique, avec 3 100 publications en 2009. A titre de comparaison, la Tunisie consacre 1% de son PIB en dépenses de R&D avec pas moins de 4 300 publications tandis que l’Égypte, avec ses 2 000 brevets déposés par an, publie 10 100 rapports de recherche scientifique.
Pour nombre d’observateurs, les efforts consentis par l’Etat concernent surtout le financement d’entreprises dans le domaine des NTIC. Ce secteur accapare toute l’attention du MCINET qui n’a de cesse de vouloir préparer les PME-PMI marocaines à une compétition internationale plus rude compte tenu de la fragilité du tissu économique.

Certains programmes se chevauchent

Entre les subventions «Prestations techniques réseau» (PTR), destinées aux entreprises qui souhaitent réaliser une expertise ponctuelle (50 000 DH couvrant jusqu’à 75% des frais), les subventions Innovact qui couvrent la moitié des frais pour la réalisation d’un projet d’innovation (200 000 DH), les provisions pour R&D qui réduisent jusqu’à 20% l’IS des entreprises qui s’engagent à les affecter dans un projet R&D, les incitatifs ne manquent pas. Au risque même de s’embrouiller dans la multitude des offres de financement proposées et qui empiètent parfois les unes sur les autres. Comme pour ce fonds d’investissement, en l’occurrence Maroc Numeric Fund, qui, différences spécieuses à part, joue dans le même terrain que le programme Intilak.
Le tout aujourd’hui repose sur la résolution d’un certain nombre de problématiques liées à la gestion de ces budgets. «Ce qui est intéressant pour le Maroc, commente à juste titre M. Smani, c’est de viser à faire travailler d’une manière optimale la grande communauté de chercheurs dont dispose le pays et de savoir les mobiliser sur des thèmes de recherches prioritaires qui, in fine, créeront de la richesse et amorceront un développement viable».