Solide appui allemand pour la formation des agriculteurs

Plus de 3 000 professionnels, dont 1 200 agriculteurs et 900 techniciens, ont bénéficié des formations allemandes. En 2015, la production de lait a atteint 2,45 milliards de litres, soit un taux de couverture des besoins de 94%.

Le Centre de conseil agricole maroco-allemand (CECAMA), en collaboration avec la Fédération interprofessionnelle marocaine du lait (FIMALAIT), a organisé, le 15 décembre, à l’Institut agronomique et vétérinaire (IAV) Hassan II à Rabat, le premier symposium sur la chaîne de valeur de la filière laitière au Maroc, sous le thème : «Améliorer les conditions de productivité de l’élevage bovin laitier et le revenu de l’éleveur». Cette rencontre a pour objectif de discuter des moyens de renforcer la filière laitière, en amont, pour assurer son développement durable et, en aval, au profit des consommateurs. «La formation des producteurs de lait est au centre de nos priorités. Notre objectif est de pouvoir accompagner le développement technologique rapide que connaît la filière laitière, au niveau de toutes ses structures et composantes», a déclaré Moulay M’hammed Loultiti, président de la Fimalait, qui se félicite de l’amélioration des programmes de formation dont bénéficient les professionnels du lait grâce au partenariat avec le Cecama.

90% des exploitations laitières sont de petite taille

Au Maroc, la filière laitière repose sur une capacité de 300 000 producteurs laitiers dont 90% sont de petite taille et possèdent moins de 10 vaches. Lors du lancement du Plan Maroc Vert (PMV) en 2008, la production laitière était aux alentours de 1,8 milliard de litres. En 2015, elle a atteint 2,45 milliards de litres, soit un taux de couverture des besoins en lait de 94%. Quant au chiffre d’affaires de la filière, qui emploie plus de 350000 personnes, il est d’à peu près 8 milliards de DH. Pour rappel, le contrat-programme 2015-2020 pour le développement de la filière vise à atteindre une production de 4milliards de litres, un chiffre d’affaires de 16 milliards de DH et la création de 40 000 emplois supplémentaires.
En ce qui concerne les cultures fourragères devenues prépondérantes dans l’alimentation des bovins, la superficie cultivée a connu une nette expansion. De 120 00 ha en 1980, elle est montée à 430 000 ha en 2008 et environ 510 000 ha en 2015-2016.

Pour sa part, Hendrick Acker, conseiller agricole à l’ambassade d’Allemagne au Maroc, explique que «le succès du CECAMA repose sur l’adaptation du savoir-faire allemand en techniques agricoles aux besoins et conditions de l’agriculture marocaine». Dans le même sens, Klaus Goldnick, directeur du CECAMA, précise que, depuis le début de l’année, le CECAMA a intégré l’élevage bovin laitier dans son programme de formation et «s’engage dans la qualification professionnelle des éleveurs de toute taille au Maroc».

Huit plateformes de démonstration ouvertes dans les régions

CECAMA, qui s’inscrit dans la stratégie du PMV, a été initié en octobre 2013 par les ministères de l’agriculture allemand et marocain. Basé à Sidi Slimane, le centre vise à «augmenter les performances de l’agriculture et à les valoriser tout en développant les compétences humaines dans le secteur agricole» et ce, à travers la formation continue et l’installation de plateformes de démonstration. C’est ainsi qu’il propose des formations, au niveau de toutes les régions du Maroc, dans les domaines de la production végétale, de l’élevage bovin, de la mécanique et de la gestion de l’entreprise agricole.

Depuis sa création, plus de 3 000 professionnels du secteur, dont 1 200 agriculteurs et 900 techniciens auxquels s’ajoutent des prestataires de services agricoles et des conseillers de l’Office national du conseil agricole (ONCA), en ont bénéficié. De même, le centre accompagne, à travers des plateformes de démonstration, la production agricole, de l’amont vers l’aval, et soutient la valorisation des produits agricoles bruts par l’agro-industrie marocaine. A ce titre, et en collaboration avec ses partenaires agro-industriels, le CECAMA a installé, depuis fin 2015, huit plateformes de démonstration dans les régions de Berrechid, Had-Kourt, Ksar El Kbir, Meknès, Romani et Sidi Slimane, avec pour objectif de tester et d’adopter de nouvelles variétés et solutions agricoles.

Lors de la rencontre, les interventions ont porté notamment sur la politique fourragère, l’alimentation de la vache laitière et les disponibilités hydriques face à des conditions climatiques sévères, la qualité du lait et des produits laitiers, la protection du consommateur, etc.

Par ailleurs, une convention de partenariat a été signée par la Fimalait et le CECAMA. Son objectif est de «professionnaliser l’amont de la filière laitière et faire progresser l’aval», principalement au niveau des centres de collecte du lait, qui sont un maillon déterminant pour l’amélioration de sa qualité. En vertu de cette convention, les parties se sont engagées à mettre en œuvre des programmes de formation ouverts aux éleveurs et fils d’éleveurs, ainsi qu’au personnel des centres de collecte du lait et de l’industrie laitière, en complémentarité avec les formations assurées par la filière.