Sodea-Sogeta : 4 500 ha de terrains urbains et périurbains cédés au privé

Une partie des recettes servira au financement du plan de restructuration.

Après moult rebondissements, le dénouement du dossier Sodea-Sogeta s’accélère. Selon une source bien informée, une partie de la réserve foncière de 8 000 ha exploitée jadis par les deux sociétés publiques et située dans le périmètre urbain et périurbain sera incessamment vendue au privé sur décision du Premier ministre Driss Jettou. Ce dernier aurait accédé aux requêtes des opérateurs privés offusqués de ne pas avoir été pris en compte dans le premier plan de cession. Rappelons que ce dernier misait sur une cession à 50 DH le m2 au profit des seuls établissements publics comme la CDG et les entités sous contrôle ou tutelle d’Al Omrane (SNEC, ERAC, Attacharouk). En revanche, le dernier plan prévoit la cession au privé de 4 500 ha au prix de 200 DH le m2. Ce qui permettra d’engranger au total 10,75 milliards de DH au lieu des 4,5 initialement prévus.
Dans la foulée, Driss Jettou a tenu aussi ses promesses vis-à-vis des banques qui détiennent une créance de 500 MDH. L’Etat devrait débourser d’ici à fin mai près de 200 MDH au profit du consortium des banques commerciales. Quant au Crédit agricole, premier créancier de Sodea et de Sogeta, avec près de 300 MDH, il devra patienter encore quelques mois.
3 300 employés des deux établissements sont déjà partis
A ce jour, il est indiqué que 3 000 ha ont déjà été cédés au secteur public et les recettes affectées au financement du plan social et au remboursement «partiel» des dettes bancaires. Rappelons que dans le cadre du volet social, 3 300 employés permanents des deux établissements ont déjà quitté avec des indemnités qualifiées de très équitables par les syndicats. Elles se seraient élevées à deux mois et demi de salaire par année d’ancienneté, un barème largement plus généreux que celui pratiqué par des plans sociaux ayant touché d’autres compagnies publiques.
Une deuxième vague d’un peu plus de 100 personnes comprenant plusieurs cadres de haut rang des deux sièges sociaux à Rabat devront, à leur tour, partir dans les semaines qui viennent. Il ne restera alors que 120 employés et cadres qui doivent accompagner la Sodea et la Sogeta dans leurs nouvelles missions, réduites essentiellement au contrôle et à la supervision des partenariats qui seront conclus avec les investisseurs étrangers.
En somme, sur le produit de la cession des 8 000 ha, environ 3 milliards seront suffisants pour le financement intégral de leur plan conjoint de redéploiement. Le reste servira à renflouer les caisses de l’Etat