Semaine verte de Berlin : une reconnaissance pour les agriculteurs marocains

Le Maroc, pays partenaire et invité d’honneur de l’édition de 2016. C’est le premier pays hors de l’Europe à avoir ce privilège. Un pavillon placé sous les couleurs des produits du terroir avec quelque 300 produits exposés dans plus de 50 stands dans un pavillon de près de 1 600 mètres carrés.

Belle consécration pour l’agriculture marocaine lors de la Semaine verte de Berlin de 2016. La participation du Maroc à cette prestigieuse manifestation d’envergure mondiale se bonifie d’année en année. Pour cette dernière édition, sa participation était sous le signe de la reconnaissance puisque le Maroc était ni plus ni moins le pays partenaire à l’honneur de la Grüne Woche Berlin. Une reconnaissance pour les agriculteurs marocains de la part de leurs homologues européens et allemands mais aussi pour la pertinence des choix et de la politique menée par le Maroc dans le domaine agricole. Selon le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime, «le fait que le Maroc soit le premier pays hors de l’Europe à être l’invité d’honneur est une marque de reconnaissance, de surcroît de la part d’une puissance agricole mondiale telle que l’Allemagne». Et pour marquer une année de consécration, la soirée d’ouverture officielle de la semaine, jeudi 14 janvier, était entièrement dédiée aux couleurs du Maroc avec la présence d’une forte délégation et un plateau d’artistes marocains qui se sont produits devant  une salle qui comptait 3000 invités de marque et participants venus du monde entier.

Dès le lendemain, vendredi 15 janvier, c’était au tour du pavillon Maroc d’être inauguré officiellement. Un pavillon à la hauteur de l’événement : un espace de près de 1 600 mètres carrés situé au Hall 18 de la Messe Berlin, aménagé et décoré de sorte à plonger le visiteur dès l’entrée dans une ambiance 100% marocaine en le faisant voyager à travers des couleurs et des saveurs bien de chez nous. Argane, huile d’olive, safran, figues de barbarie, miel, couscous, fromage de chèvre, amlou… Sur les 54 stands qui meublaient le pavillon, les produits du terroir étaient fortement présents. Une signature d’ailleurs voulue par le ministère. C’est que, estime-t-on, «pour une année où le Maroc est le pays partenaire, présenter au monde entier la production très riche de nos terroirs est le meilleur moyen pour se démarquer». Mais ce n’est pas tout. A travers un tel choix, explique la même source, «nous montrons d’abord au monde entier les formidables avancées et le saut qualitatif important réalisés par ces produits au Maroc ces dernières années et ensuite notre attachement à la richesse de cette petite agriculture à forte connotation familiale».

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Une agriculture à forte connotation familiale et solidaire

Faut-il rappeler, à ce titre, que l’agriculture solidaire et familiale est l’un des piliers majeurs du Plan Maroc Vert lancé en 2008 ? Un chiffre pour s’en convaincre: depuis la mise en œuvre du PMV, ce sont quelque 5 200 coopératives qui ont été créées. Parmi elles, beaucoup sont axées sur les produits de terroir. Le Plan a répertorié quelque 200 produits adressés par une stratégie de mise à niveau depuis le regroupement jusqu’à la commercialisation, en passant par la valorisation. Selon les chiffres fournis par le ministère, près de 11 000 producteurs regroupés au sein de 280 coopératives ont déjà bénéficié des deux premiers programmes de mise à niveau couvrant une vingtaine de filières. Des programmes qui ont permis à ces coopératives de pouvoir désormais exposer fièrement leurs produits dans les plus grandes manifestations mondiales telle que la Semaine Verte de Berlin.

Dans le pavillon du Maroc, elles étaient plus de 260 coopératives, regroupant quelque 9 500 agriculteurs, à exposer plus de 300 produits de qualité dont 20 déjà disposent de labels tels que l’indication géographique protégée (IGP) ou l’appellation d’origine protégée (AOP) qui leur garantissent d’être acceptés dans les circuits de distribution internationaux.

Des produits qu’ont pu déguster non sans plaisir les visiteurs du pavillon et pas des moindres. Parmi les visiteurs de marque aussi, des personnalités de haut rang en Allemagne, notamment le ministre de l’agriculture et celui de la coopération économique, Dr Gerd Müller. Ce dernier a particulièrement baigné dans l’ambiance marocaine puisqu’il s’est prêté à une séance de cooking party durant laquelle le «chef cuisinier» improvisé a fait découvrir à un parterre de visiteurs et de journalistes allemands les plaisirs d’un couscous bien de chez nous.

Dans la journée, d’importantes séances de travail ont été tenues, comme celle par exemple avec le commissaire européen de l’agriculture, Phil Hogan, en marge d’une table ronde organisée à l’occasion de la Semaine Verte sous le thème «Quel avenir pour les systèmes alimentaires durables et des économies rurales dans l’alimentation des méga-villes ?», et à laquelle ont pris part les ministres de l’agriculture de plusieurs pays. Même si rien n’a filtré sur le contenu de ces échanges avec le commissaire européen, il est fort à parier que le sujet de l’accord agricole avec l’Union européenne a dû figurer en bonne place dans le menu des discussions.

Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que la présence remarquée de l’agriculture marocaine à des manifestations prestigieuses mondiales telle que la Semaine verte de Berlin est encore une fois, si besoin est, une marque de reconnaissance quant aux options prises par le Maroc en 2008 au moment du lancement du Plan Maroc Vert qui, visiblement, a permis au secteur agricole, autrefois moribond, de retrouver des couleurs et surtout la bonne santé…

Jeudi 14 janvier au soir. La 81e édition de la Semaine Verte de Berlin est officiellement ouverte par une belle soirée de gala aux couleurs marocaines. La méga scène aménagée dans le centre de conférences de la Messe Berlin, le City Cube, est investie par les chants et les couleurs du Maroc, pays partenaire cette année, devant un public de plus de 3 000 personnes. Des présentations entrecoupées de discours prononcés par les officiels allemands ainsi que les représentants des puissantes fédérations allemandes de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire. Mais la soirée ne s’arrêtera pas là. Une fois le show et la cérémonie finis, les 3 000 convives auront le plaisir de découvrir la bonne cuisine marocaine autour d’un méga dîner de gala offert par le Maroc à l’honneur des participants à la Semaine verte. Le lendemain, vendredi 15 janvier, place à l’inauguration officielle du pavillon du Maroc ouvrant ainsi aux visiteurs les portes d’un univers riche en saveurs des terroirs marocains…

La Semaine verte de Berlin a été l’occasion pour le département de l’agriculture et de la pêche maritime de dévoiler les derniers indicateurs permettant d’évaluer le Plan Maroc Vert. Premier chiffre qui mérite d’être relevé : la productivité à l’hectare atteint aujourd’hui près de 800 euros, en hausse de 30% par rapport à son niveau d’avant 2008, année de lancement du Plan. Et qui dit productivité, dit forcément revenu des agriculteurs d’abord, mais également valeur ajoutée du secteur agricole. Une valeur ajoutée dont 85%, autre indicateur intéressant, relève de filières à forte valeur commerciale. Tout cela devait bien entendu passer par une transformation et une reconversion pour des cultures plus valorisantes, notamment l’arboriculture. A ce titre, et depuis 2008, ce sont pas moins de 75 millions d’arbres fruitiers qui ont été plantés et quelque 260 000 hectares convertis avec succès. La création de valeur ajoutée étant une résultante de l’investissement, il s’avère selon le département de tutelle que là aussi, depuis le lancement du Plan Maroc Vert, l’investissement agricole a presque doublé par rapport à son niveau d’avant 2008. Des investissements qui ont évidemment permis de moderniser, entre autres, l’agriculture marocaine. On en donne pour preuve quelques indicateurs : la superficie couverte par le mode d’irrigation goutte-à-goutte a été multipliée par deux, l’utilisation de semences sélectionnées est en hausse de 120% et la mécanisation s’est nettement améliorée, puisque le Maroc est passé d’une moyenne de 5,3 tracteurs à 7 tracteurs pour 1 000 hectares.