Seedstars Summit MENA : la chasse aux start-up est ouverte

«Le système bancaire actuel présente encore des rigidités lorsque les entrepreneurs font des requêtes de prêts».

Seedstars, groupe privé d’entreprises basé en Suisse, organise la 4e édition du Seedstars Summit MENA, une compétition internationale qui met en compétition des start-up sélectionnées pour la dimension novatrice des solutions qu’elles proposent, leur impact socioéconomique et leur utilisation des technologies nouvelles. L’objectif étant de faire émerger des start-up portant des projets pertinents, et leur permettre de créer un réseau de partenariats avec des professionnels bienveillants, et décrocher des financements. Les gagnants locaux obtiennent le droit de représenter leurs pays au Seedstar Summit. La 4e édition de cette étape régionale se tiendra du 10 au 12 décembre 2019 à Casablanca, et récompensera les start-up marocaines qui auront brillé lors de cette compétition. Francesca Tiziani Bombassei, Squad Lead MENA, explique en quoi les start-up et l’entrepreneuriat sont si importants pour l’économie d’aujourd’hui, et se livre sur les difficultés que les PME et TPME rencontrent au cours de leur croissance.

Avec la tenue de la 4e édition du Seedstars Summit MENA, quelle appréciation faites-vous du développement de l’esprit entrepreneurial dans la région MENA ?
L’esprit entrepreneurial est en effervescence. De fait, l’esprit d’initiative ne fait que grandir, et ce, grâce au support et à la multiplication des acteurs dans les écosystèmes entrepreneuriaux. Nous constatons aussi de remarquables exemples qui ne manquent pas d’inspirer les jeunes pousses : Careem qui a été acquis par Uber ou encore Harmonica par Match.com… Le rêve est devenu une réalité.

S’agissant du Maroc en particulier, le nombre de start-up et leur croissance moyenne justifient-ils d’indicateurs rassurants ? Ou voyez-vous des marges d’amélioration ?
Au Maroc les choses sont en train d’évoluer avec des efforts visibles de la part de plusieurs acteurs de fédérer l’écosystème. Nous constatons que, d’année en année, la quantité d’applicants et la qualité des start-up augmentent lors de notre compétition locale. Nous remarquons une soif d’apprendre, de créer, d’innover. Les entrepreneurs sont mieux outillés et accompagnés par le programme mis en place par des acteurs locaux et internationaux.

Dans la région MENA, quels sont les facteurs qui déterminent si oui ou non une start-up peut accéder au financement ?
Dans la région MENA, comme dans la majorité des marchés émergents, les investisseurs regardent d’un œil attentif la solution que l’entrepreneur présente, sa cohérence par rapport aux besoins du marché, son potentiel de croissance, ses unités économiques mais aussi ce qui la rend unique. L’historique et les prévisions budgétaires sont aussi grandement prises en considération. Finalement, l’équipe, l’expertise et les talents qui nourrissent la boîte sont pris en compte.

Pensez-vous que le secteur bancaire régional pourra accompagner directement des start-up au delà de la formule de Digital Factory ?
Le système bancaire régional actuel présente encore des rigidités lorsque les entrepreneurs font des requêtes de prêts. Toutefois, un intérêt grandissant du secteur bancaire est visible, notamment au niveau de l’accompagnement des entrepreneurs et de l’intégration de leurs démarches novatrices dans les rouages des banques commerciales. Ainsi, il est clair que les institutions bancaires sont en train de faire évoluer le modèle traditionnel vers un modèle plus inclusif et flexible en termes de développement des TPME et PME.

Les locataires de Seedspace, votre espace de co-working, bénéficient-ils d’avantages en particulier ?
Le Seedspace Casablanca offre en effet différents avantages tel que l’accès à la communauté Seedstars et l’accès à nos ressources. Dans une formule plus complète, nous offrons également un programme de préparation à l’investissement (Investment Readiness Programme). Ce dernier donne accès à un éventail d’experts internationaux, spécialistes des questions relatives à la création et croissances des entreprises en phase d’amorçage.

Selon vous, quelles sont les décisions à prendre à court et moyen termes par le Maroc pour favoriser davantage l’émergence de start-up ?
À court terme, davantage de soutien technique aux start-up aiderait à créer une communauté pour les entrepreneurs. Simultanément, nous préconisons le renforcement de l’écosystème par des initiatives conjointes ainsi qu’un échange de savoir-faire. Par ailleurs, nous voyons aujourd’hui que le caractère durable d’un écosystème passe avant tout par un réseau d’investisseurs avisés et formés. Sur le moyen terme, une fortification du système de soutien financier à l’entrepreneuriat sera indispensable à la croissance pérenne de l’écosystème.