Sécurité routière : le ministère du transport décline son plan 2008-2010

Le deuxième Plan stratégique intégré d’urgence est prêt Port du casque pour les deux-roues, respect des feux de signalisation, ceinture de sécurité : les agents seront plus stricts.

Tirer les leçons du premier Plan stratégique intégré d’urgence (PSIU) qui s’est étalé sur trois ans (2004-2007) et lancer le PSIU 2 (2008-2010), c’est ce que le ministère du transport et de l’équipement vient de réaliser avec une étude qui a servi de base pour élaborer les nouvelles orientations.
La tendance croissante du nombre d’accidents et de tués (autour de 3 800 morts par an) et de blessés graves n’a pas encore été inversée, même si on constate une certaine stabilisation due au renforcement du contrôle et à  l’introduction de certaines mesures comme le port obligatoire de la ceinture de sécurité. Il ressort de l’analyse des données sur les accidents de la circulation des dernières années quelques constats intéressants.

Plus d’accidents en 2006 en raison du relâchement des contrôles
En premier lieu, relève-t-on au ministère du transport et de l’équipement, il n’y a pas de corrélation entre le volume du trafic et le nombre d’accidents. Deuxième constat : la corrélation est forte entre le nombre de sorties des équipes de contrôle tous corps confondus et le nombre d’accidents. Pour illustrer cela, le ministère s’est appuyé sur 2006, année marquée par une aggravation des indicateurs de la sécurité routière. L’explication est donnée sans détours : il y a eu relâchement dans l’action de la sécurité routière. «La renonciation, nous dit-on, des agents de contrôle au retrait du permis de conduire en cas d’infraction suite à  la circulaire du 10 février 2006 a alimenté le sentiment d’impunité, encouragé les comportements dangereux, et créé une démobilisation de l’ensemble des acteurs concernés». Ceci est particulièrement visible en rase campagne (2 655 tués en 2006 contre 1 099 en agglomération). En effet, si on regarde les statistiques des contrôles en 2005 et en 2006 ainsi que le nombre d’accidents qui ont eu lieu durant ces deux années, la corrélation saute aux yeux. Il y a eu, en 2 005, 34 225 sorties des équipes de contrôle en rase campagne et 28 018 en 2006, soit environ 6 200 sorties en moins. En parallèle, le nombre d’accidents s’est chiffré à  12 903 en 2005 contre 15 610 en 2006, soit 3 707 accidents en plus. En pourcentage, le volume du contrôle qui a baissé d’une année à  l’autre de 18 % s’est traduit par une hausse de 21 % du nombre d’accidents. Les services du ministère relèvent en outre que si l’on considère les premiers semestres de 2005 et 2006, o๠le niveau de contrôle était quasiment le même, le nombre des accidents a suivi la même tendance.
Pour ce qui est des accidents en agglomération, le fait que leur nombre soit resté stable sur les deux années, soit 38 656 et 38 882, avec une baisse du nombre de tués (-16,17%) est expliqué par l’introduction du port de la ceinture de sécurité.
Autre constat de taille : pour la période 2004-2006 (PSIU 1), 67% des tués de la route ont été enregistrés hors agglomération et, parmi le total des tués au niveau national, 41% sont des usagers vulnérables, c’est-à -dire des piétons et usagers de deux-roues.
A la lumière de tous ces constats, des mesures nouvelles seront prises par le PSIU 2, tout en poursuivant certaines mesures du PSIU 1.

Ainsi, l’accent sera mis sur le maintien de l’effort de coordination aux niveaux régional et national avec le renforcement des contrôles et des sanctions qui prendra corps avec la mise en place d’un plan réactualisé périodiquement avec la Gendarmerie royale et la DGSN. Sur ce plan, l’activation de l’approbation du nouveau code de la route reste un élément déterminant, même si ce texte aura été l’objet d’amples modifications en raison des problèmes et mouvements de grève qu’il a suscités en 2007.
Cela étant, sept axes sont retenus pour ce PSIU 2. Il s’agit de la coordination et la gestion de la sécurité routière à  haut niveau ; la législation, avec l’adoption du nouveau code et du texte de loi sur le transport des matières dangereuses; le contrôle et les sanctions ; la formation des conducteurs et la réforme du système des examens du permis de conduire; l’amélioration des infrastructures et des voiries urbaines ; les secours dispensés aux victimes des accidents de la route, et, enfin, l’éducation et la communication.
A titre d’exemple et s’agissant du contrôle, on s’oriente vers une certaine spécialisation des corps de contrôle pour plus d’efficacité. Ainsi, les éléments de la Gendarmerie donneront la priorité au contrôle de la vitesse en rase campagne et à  certaines autres infractions comme le port de la ceinture de sécurité aux places arrière du véhicule. Les agents de police quant à  eux donneront la priorité au port du casque pour les deux-roues, au respect des feux de signalisation, à  la ceinture de sécurité, au transport des enfants de moins de 10 ans aux places avant et à  la vitesse en cas de nécessité seulement.

Enfin, les agents du ministère du transport concentreront leurs efforts sur le contrôle technique des véhicules, la surcharge et le contrôle professionnel. A titre d’exemple, des actions ponctuelles seront réalisées avec le ministère de la santé dans les gares routières comme des visites médicales à  l’improviste pour les chauffeurs d’autocars. Des actions similaires seront menées pour ce qui est de l’alcootest. Avec tout cet arsenal, imposant certes, il est permis d’espérer que la tendance s’inversera. Il ne faudra pas oublier cependant que, pour être efficace, le contrôle devra rester ferme et impartial.