Se prémunir contre le risque de change devient une nécessité

Les PME importatrices et exportatrices accusent un sérieux retard en la matière • Les banques étoffent leurs offres de couverture en préparation à la flexibilité du dirham.

Les PME importatrices et exportatrices accusent un sérieux retard en matière de recours aux instruments de couverture contre le risque de change. Pourtant, la maîtrise de ce risque est une nécessité pour protéger la rentabilité des transactions commerciales et financières. En effet, dès lors qu’une opération est libellée en devises, la perte peut être sèche quand le cours évolue défavorablement, notamment dans un contexte de forte volatilité. Et cette volatilité devrait augmenter, sachant que le Maroc passe bientôt à un régime de change plus flexible. Pour éviter que leur marge commerciale ne soit entamée par les variations des cours des devises, les banquiers recommandent ainsi aux responsables de PME de recourir aux instruments de couverture, dont le principe est de figer à l’avance le cours qui sera considéré le jour du règlement de leurs opérations de vente ou d’achat.

Au Maroc, ce genre de couvertures existe depuis 2004. Animé essentiellement par les multinationales et les grands groupes, ce marché monte en maturité chez les banques. Les couvertures représentent ainsi 30 à 40% des centaines de milliards de DH qui transitent par le marché de change, selon les estimations des professionnels.

Pour quantifier son exposition, la PME identifie les différentes sources de risque de change (émanant du processus de production et de commercialisation) et y associe un objectif de couverture selon plusieurs paramètres tels que le montant du risque, sa probabilité et sa nature. Ceci étant fait, elle peut choisir ensuite les produits adéquats de la panoplie de solutions qui existent actuellement sur le marché.

Le produit dérivé le plus utilisé est le contrat à terme d’achat ou de vente de devises. Il s’agit d’un engagement de change portant sur un montant donné de devises (toutes les devises cotées par Bank Al-Maghrib), avec un cours fixé à l’avance et pour une échéance future déterminée. C’est un outil de couverture adapté en cas d’anticipation d’une évolution défavorable des cours, qui permet à l’entreprise de maîtriser son coût de revient dans le cas de l’import et son prix de vente dans le cas de l’export.

Un autre instrument peut intéresser les PME dans leur quête de couverture : les options. Cet outil donne à la PME le droit, et non pas l’obligation, d’acheter ou de vendre, à une échéance donnée, un montant déterminé de devises à un cours fixé à l’avance. L’option permet donc de mettre l’entreprise à l’abri des fluctuations défavorables futures, tout en lui permettant de profiter des fluctuations favorables (un plus par rapport au contrat à terme).

Les salles des marchés marocaines offrent également le Swap de change. Utilisé pour les matières premières et les dettes, il permet, pour le premier type de sous-jacents, de figer le prix de la matière pour un volume donné sur une période déterminée afin de compenser la hausse des prix par les gains réalisés sur le Swap. D’un autre côté, l’outil permet de convertir une dette en devises à taux variable en une dette en devises à taux fixe et vice versa, l’objectif étant de se prémunir contre une hausse, quand le taux est variable, et de profiter d’une baisse, quand le taux est fixe, sans avoir à renégocier la dette.

En plus de ces solutions, et dans la perspective de la flexibilisation du régime de change, les banques se mettent d’ores et déjà à étoffer leurs offres. Elles estiment en substance que le marché devrait passer à une autre échelle. L’usage devrait se systématiser pour toucher plus de PME et de TPE. Pour aider à aller dans ce sens, les établissements de la place multiplient actuellement les efforts de vulgarisation. De plus, ils s’attendent à ce que la réglementation (à travers la prochaine instruction de l’Office des changes) ouvre la voie à plus de flexibilité dans les couvertures (maturités, plafonds, sous-jacents…).

Quels sont les risques pour une entreprise dans un contexte de forte volatilité des taux de change ?

Dès lors qu’une entreprise est ouverte à l’international, elle est confrontée au risque de change. Une opération en devise étrangère qui reste non couverte génère «une position ouverte» de change. Celle-ci est soumise aux fluctuations du cours de change entre la date de l’opération et celle de son paiement. De facto, une variation défavorable du cours de change peut impacter de manière sensible la rentabilité d’une transaction commerciale ou financière.

Comment identifier et quantifier ses risques de change ?

Il faut que l’entreprise prenne en compte l’ensemble de son processus de production et de commercialisation pour apprécier son exposition nette au risque de change. Elle doit établir la liste de ses opérations en devises, selon un échéancier détaillé par couple de devises concernées et par date de règlement. A partir de là, elle identifie les différentes sources possibles de risque de change et y associe un objectif de couverture en considérant des paramètres tels que le montant du risque, sa probabilité et sa nature.

Comment se prémunir contre le risque de change ?

L’entreprise doit déterminer la part de risques qu’elle souhaite couvrir puis mettre en place des stratégies de couverture en utilisant la panoplie des instruments à sa disposition. L’instrument privilégié des PME est le change à terme. Il repose sur un accord avec la banque pour vendre ou acheter une devise contre une autre à une date et à un prix fixés à l’avance et permet ainsi de connaître le cours de change dès la couverture. Il existe par ailleurs d’autres instruments de couverture tels que les options de change, qui confèrent à l’entreprise qui les souscrit le droit d’acheter ou de vendre des devises à des conditions négociées à l’avance, moyennant le paiement d’une prime. L’option de change a l’avantage de permettre de se couvrir contre un risque incertain ou de pouvoir bénéficier d’une évolution favorable des cours. Mais elle peut s’avérer coûteuse, notamment quand les marchés sont volatils.

Comment la Salle des marchés de Société Générale Maroc accompagne-t-elle les PME dans la gestion de leurs risques de change ?

Grâce à son équipe d’experts et à son adossement à un groupe bancaire de renommée internationale, Société Générale Maroc offre à ses clients un accompagnement personnalisé afin de les assister dans le processus d’identification et de mesure du risque de change. Par ailleurs, nous conseillons nos clients quant aux produits de couverture les plus adéquats à la nature de leur exposition et leur offrons un service d’exécution de leurs opérations de premier rang.