Salon de l’agriculture de Meknès : des records malgré une préparation express

350 exposants nationaux et 50 étrangers ont participé à la manifestation.
En dépit d’un prix d’entrée fixé à 40
DH, 150 000 visiteurs ont fait le déplacement.

Les organisateurs de la première édition du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAGRIM) qui s’est tenu à Meknès du 20 au 27 avril doivent se sentir heureux. Destiné à devenir un rendez-vous annuel de tous les agriculteurs et les différents opérateurs du monde agricole, marocains et étrangers, ce salon a attiré des milliers de visiteurs,

150 000 selon les premières estimations. C’est dire que le prix des tickets d’entrée (40 DH), jugé élevé par certains observateurs, n’a pas découragé les agriculteurs et autres curieux désireux de découvrir la richesse de l’agriculture nationale et le matériel dernier cri disponible sur la place et à l’étranger. Ils ont aussi bénéficié d’un riche programme d’animation comprenant des conférences et tables rondes animées par des professionnels.

Une bouffée d’oxygène pour Meknès et le Saïss en général
La plupart des visiteurs ont été globalement satisfaits de la diversité de l’offre et des conditions dans lesquelles a été organisée la manifestation qui a enregistré la participation de 350 exposants nationaux et 50 étrangers venant de 14 pays. A 300 DH/m2 pour une exposition en plein air et 600 DH/m2 pour les espaces couverts, les prix des emplacements étaient réellement abordables.

Ce succès, peu le prédisaient à l’annonce du projet. La raison est qu’il était difficile d’organiser une manifestation d’une telle envergure en trois mois seulement. Et pour ne rien arranger, des spécialistes français initialement sollicités pour leur expérience s’étaient désistés à la dernière minute en apprenant que l’ouverture était prévue pour avril 2006 et non 2007.

Mais, de l’avis général, le patronage royal a incité toutes les entreprises intervenant dans le secteur agricole à participer activement et à attirer des visiteurs (agriculteurs, éleveurs, fabricants et distributeurs de matériel,…) de toutes les régions du pays. De même, la cérémonie d’inauguration, d’une durée de trois heures, présidée par le Souverain, est considérée comme un signal fort, laissant supposer de nouvelles orientations pour le secteur. Dans le même sens, le choix de Meknès et du Saïss, grenier du Maroc, est regardé comme un moyen de relancer une région qui a été longtemps reléguée au second plan.

Une faible présence française
Les visiteurs et les exposants sont unanimes pour dire qu’il faut multiplier ces initiatives qui permettent d’avoir des contacts dans des conditions plus conviviales et ils sont convaincus que les prochaines éditions sont promises à un succès encore plus important. Encore faut-il que les organisateurs s’y prennent à temps, particulièrement pour démarcher les exposants potentiels. A cet égard, on note que la faiblesse de la présence française n’est pas passée inaperçue. Christelle Labernede, de la Mission économique de l’ambassade de France au Maroc, explique qu’ils ont eu beaucoup de difficultés à réunir une vingtaine de participants, vu les délais très courts (6 semaines) pour ce genre de manifestation. D’ailleurs, les participants étaient tous de la région de la Vienne, dont la Chambre d’agriculture est jumelée avec celle de Tétouan, et certains participent pour la première fois.

Il n’en demeure pas moins qu’avec les Espagnols, Chinois et autres opérateurs d’autres pays européens, on a pu découvrir une multitude de nouveautés (voir encadré en page 23).
Par ailleurs, un pôle «nature», réservé à différentes activités entrant dans le cadre de la promotion de la protection de la nature, de l’environnement et de la biodiversité a été une véritable réussite pédagogique, sachant qu’il a attiré principalement les visiteurs en famille et surtout les enfants.

Habitués aux machines peu sophistiquées et faciles à entretenir, les agriculteurs ont été nombreux à venir admirer les belles mécaniques exposées au salon.