Rush sur Bouznika : gros projets d’investissement

Le groupe Chaâbi envisage d’y investir 120 MDH pour créer une université privée

Le groupe Masnaoui projette la réalisation d’une école supérieure d’hôtellerie et de tourisme

Le partenaire émirati du projet de technopole demande 200 hectares de plus.

L’attrait vers Bouznika ne se dément pas. Après le projet «Bouznika Bay», le complexe touristique «Le Village du pêcheur» et la cité lacustre que compte construire le groupe espagnol Samaniego, la station balnéaire attire aujourd’hui des investissements dans le domaine de la formation. Avant même d’avoir sa technopole, Bouznika suscite déjà les convoitises des porteurs de projets.
Ainsi, parmi les dossiers qui viennent d’atterrir sur le bureau de la commission interministérielle des investissements, on peut citer celui, très original, du groupe Chaâbi qui projette de créer une université privée à Bouznika. En effet, Ynna Holding a introduit une demande auprès des autorités pour bénéficier d’une parcelle de terrain d’environ 8 hectares. Selon nos informations, le projet du groupe Chaâbi consiste en la création d’une université où seront enseignées diverses disciplines dans trois filières, à savoir les sciences de l’ingénieur, les sciences humaines et sociales et, enfin, le management. Les initiateurs du projet ambitionnent d’accueillir dans cette université près de 2 000 étudiants qui seront encadrés par 150 enseignants et 140 cadres administratifs. Le tout nécessitera une enveloppe budgétaire de 120 MDH. Au mois de décembre dernier, les membres du comité technique chargé d’instruire le dossier, composé des représentants des ministères concernés ainsi que des élus de Bouznika, ont émis un avis favorable pour le principe, mais ont buté sur un problème. La parcelle de terrain de 8 ha, identifiée par le groupe Chaâbi, se trouve être à l’intérieur de l’assiette foncière initialement réservée à la réalisation de la technopole.
Le même problème s’est également posé pour un autre projet, tout aussi original que le premier. Cette fois, c’est la société Editinfo, filiale du groupe Masnaoui, qui se propose de réaliser, toujours à Bouznika, une école supérieure d’hôtellerie, de tourisme et de restauration. Détail intéressant : le groupe Masnaoui entend à ce titre monter son unité de formation en partenariat avec l’Ecole hôtelière de Lausanne (Suisse). Selon des sources bien informées, l’école qui devra accueillir entre 400 et 500 étudiants, tous en régime interne, nécessitera un investissement global estimé entre 30 et 40 MDH. Mais, là aussi, malchance pour le groupe Masnaoui, la parcelle qu’il a choisie pour son école fait partie du terrain réservé à la technopole et les autorités tardent à donner une réponse alors que les partenaires suisses s’impatientent.

La commission des investissements sera appelée à trancher
La question foncière est donc un véritable casse-tête d’autant plus que comme l’explique une source proche du dossier, «l’assiette foncière destinée au projet de la technopole de Bouznika a été affectée officiellement et depuis longtemps». En effet, le terrain en question, d’une superficie de 117 hectares (contre 200 ha initialement réservés au projet de la technopole), avait déjà été expertisé en 2002 par une commission administrative et a été officiellement réservé en 2004. Cela dit, le comité technique, où siègent les ministères de l’Intérieur, de l’Education nationale, des Affaires économiques et générales, des Finances ainsi que les représentants de la commune de Bouznika, envisage deux options pour tenter de ménager la chèvre et le chou. La première est d’intégrer ces projets dans le projet plus global de la technopole. «Cela est possible dans la mesure où les activités envisagées sont cohérentes avec l’esprit de la technopole», explique Azzelarab Bennouna, chef du projet de la technopole de Bouznika. Dans le cas contraire, et c’est là la seconde option, les membres du comité technique pensent attribuer à l’université du groupe Chaâbi et à l’école hôtelière du groupe Masnaoui d’autres terrains dans la même zone mais à l’extérieur de l’assiette foncière de la technopole et dont certains sont déjà identifiés.
Avec tout cela, le problème du foncier ne sera toujours pas réglé car, entre temps, un autre fait nouveau est intervenu. En effet, le groupe émirati, partenaire dans le projet de la technopole aux côtés de la CDG, entend donner une plus grande envergure au site. Son ambition est de mettre sur pied une vraie cité des sciences en partenariat avec la société émiratie qui gère la Cité internet de Dubaï. Mais pour ce faire, les 117 ha ne suffiront pas. D’où la demande explicite au gouvernement de leur accorder une réserve foncière supplémentaire de 200 hectares qu’il faudra chercher.
Après avoir instruit toutes ces requêtes, le comité technique a décidé de s’en référer à la commission des investissements. Cette dernière, pour sa prochaine réunion, prévue lundi 31 janvier, se retrouvera donc avec des arbitrages à faire car, autant le projet de technopole est séduisant, autant les deux universités à créer répondent à un besoin urgent de formation pour le pays. En tout cas Bouznika semble être devenue aujourd’hui un nouvel eldorado pour l’investissement. A tel point que la commune a d’ores et déjà réservé, dans le cadre du plan d’aménagement, une parcelle de 35 ha destinée à accueillir un parc de jeux.

Une université privée pouvant accueillir 2 000 étudiants et une école d’hôtellerie qui sera partenaire de la prestigieuse école de Lausanne.

Avant même d’avoir sa technopole, Bouznika attire les investisseurs dans le domaine de la formation.